mardi 30 octobre 2007

La braise sous la cendre...

Alors que les médias français raffolent d’habitude des sondages en tout genre publiés à longueur de colonnes, le fameux Traité européen qui reprend 99% de la Constitution européenne rejetée par les Français, suscite très peu d’enquête interrogeant les Français sur leur préférence quant à la tenue ou non d’un nouveau référendum.

Il a fallu attendre l’enquête d’opinion du Financial Times pour que Le Parisien, ce matin, soit le premier à réagir. Les chiffres sont éloquents : 76% des Allemands, 72% des Italiens, 65% des Espagnols veulent un référendum et 63% de Français.

Le Parisien fait état dans la foulée d’un second sondage, où les Français sont 61% à vouloir le référendum, mais où il est précisé que 68% d’entre eux voteraient « oui » au traité. Drôle de sondage, en vérité, comme si on voulait tuer la revendication référendaire en même temps qu’on constate qu’elle est majoritaire : en effet, à quoi bon un référendum si le oui est sûr de l’emporter ? Autant faire voter directement le Parlement, ce sera plus rapide et moins coûteux…

Bien entendu, les commentateurs des sondages ne font que suggérer cette idée, aussi perfide que fausse : car s’il est évident que le vœu des Français pour un référendum est ferme et clair (la question comme la réponse sont sans ambiguïté), il est en revanche totalement tendancieux, à ce stade, de mettre sur un même plan la probabilité de vote « oui » pour un traité dont presque personne ne sait ce qu’il contient et dont on nous abreuve du matin au soir qu’il est soi-disant un « succès personnel pour Nicolas Sarkozy et pour la France en Europe ».

Nos concitoyens, j’ai déjà reçu des milliers de témoignages en ce sens, sont indignés par ce véritable déni de démocratie. Quant à ceux qui ne savent pas, ils sont méfiants car ils sentent bien l’entourloupe. Il va de soi qu’à mesure que nous les informerons de la réalité du contenu du Traité, la colère grandira.

Comment en effet, au risque de me répéter, peut-on bafouer de manière aussi flagrante la volonté générale exprimée le 29 mai 2005 ? Comment ose-t-on au nom du peuple français, mais contre son désaccord explicite, engager un véritable changement de régime politique en mettant en œuvre un traité qui va complètement vider de sa substance notre démocratie ? Cela revient à violer le principe sacré du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui a toujours été au cœur de notre pacte républicain depuis 1789 et figure en toutes lettres dans la Charte des Nations Unies, signée par la France et tous les pays de l’UE.

Contrairement à ce que pensent beaucoup d’observateurs, le combat n’est pas perdu. Mais il faudra aller très vite. La mobilisation est possible, une immense indignation se lève sans bruit, elle est perceptible comme la braise sous la cendre. De toute façon, il n’est pas d’exemple dans l’Histoire de France de dirigeants qui ont pu durablement bâillonner le peuple.

A nous donc d’agir, chacun à sa manière. Additionnons nos forces ! Et gardons espoir : la vérité finit toujours par l’emporter sur le mensonge, de même que le droit sur la force et la démocratie sur le despotisme…

lundi 29 octobre 2007

Privatisation des autoroutes, la Cour des comptes dénonce !

Autoroutes : la Cour des comptes met en cause ASF dans un rapport 26/10/2007 11h16 GMT - AFP

JPG PARIS, 26 oct 2007 (AFP) - La Cour des comptes reproche aux Autoroutes du sud de la France (ASF) d’augmenter trop rapidement ses tarifs et d’être en retard sur son programme d’investissements, dans un rapport cité par l’hebdomadaire Marianne à paraître samedi. Selon le magazine, qui précise avoir consulté ce "rapport confidentiel de 25 pages", bouclé cet été et dont les conclusions seront incluses dans le prochain rapport annuel, la Cour constate une "hausse des péages inflationniste". Sur la période 2007-2011, la hausse des tarifs pourrait être supérieure de 2% à l’inflation, estime-t-elle. "Les grilles tarifaires d’ASF doivent être refondues pour leur donner cohérence et légitimité", conclut la Cour. Interrogé par Marianne, le directeur de la communication d’ASF, a défendu la politique tarifaire de la société en soulignant que "ASF pratique des tarifs fixés par l’Etat". Pour la Cour, en outre, ASF ne respecte pas ses engagements d’investissements. "Les retards notables et chroniques des investissements sur le réseau en service mettent en cause le réalisme des contrats d’entreprise, surtout pour les élargissements d’autoroutes", indique le rapport, cité par Marianne. Pour la Cour, ces retards "posent la question de la restitution des avantages indus du concessionnaire faute de contrepartie des hausses tarifaires". Les magistrats reviennent également sur les conditions de la privatisation d’ASF. "Sa vente en deux temps a permis à Vinci d’acquérir progressivement et furtivement 23% de son capital à prix faible (de 24 à 27,50 euros l’action), puis a réduit les possibilités pour l’Etat de le valoriser au mieux, faute de compétition pour la cession majoritaire", selon un extrait du rapport cité par le magazine. ito/po/Glk

lundi 22 octobre 2007

Le danger d'un Président de la République chef de parti

Hier, je suis tombé, stupéfait, sur les journaux du soir montrant Nicolas Sarkozy au bureau politique de l’UMP.

Je n’en ai pas cru mes yeux et mes oreilles : en agissant ainsi, le chef de l’Etat est en train d’abaisser gravement la fonction présidentielle car il la fait chuter de son piédestal d’au-delà des partis.

N’oublions pas en effet que le président de la République, élu au suffrage universel direct, est la vraie et seule clé de voûte de nos institutions. C’est par rapport à lui que s’organisent tout notre paysage institutionnel. Comme les Maires, le locataire de l’Elysée joue un rôle d’arbitre et de représentant de tous les citoyens, en l’occurrence de toute la Nation, par delà sa propre étiquette.

C’est ainsi que Charles de Gaulle l’avait voulue et imposée aux caciques du régime des partis, afin de libérer le Chef de l’Etat de toute emprise partisane et d’établir une relation directe avec son seul mandant : le peuple français, c'est-à-dire tous les Français. Cette mystique du rassemblement national n’est pas seulement fidèle à une vision digne et ouverte de l’action politique, elle est la seule à même de produire une action présidentielle réellement au service de tous, au service de l’intérêt général, au service des Français et de la France.

Rabaisser sa dignité et son rôle de « père la Nation » pour en faire un simple chef de parti, voire de clan, sa majorité fût-elle pléthorique au Parlement, c’est briser l’esprit et le ressort de nos institutions.

C’est d’autant plus dangereux que le président de la République concentre un pouvoir très grand, lequel ne saurait être mis au service d’un rôle de chef de parti ou de majorité sans que le prix à payer ne soit à l’arrivée très élevé : les Français étant d’humeur changeante et ne se privant pas d’être féroces envers leurs gouvernants lorsque le mécontentement survient, le président de la République aura tout à perdre à avoir ainsi mis sur sa propre tête, et seulement sur elle, le paratonnerre institutionnel…

samedi 20 octobre 2007

Accord de Lisbonne : une rupture avec la démocratie française !

Le 19 octobre 2007

COMMUNIQUE DE PRESSE

L’accord de Lisbonne sur le « traité européen modificatif » est une triste nouvelle pour la France et l’Europe, car il bafoue le vote de la France et des Pays-Bas de 2005.

En effet, ce texte est la copie quasi conforme de la Constitution Giscard, sous une forme différente. C’est pourquoi le porte-parole de l’Elysée ne peut en aucun cas invoquer le vote des Français à l’élection présidentielle pour balayer d’un revers de la main un nouveau référendum.

Tout au contraire, après avoir constaté lors du duel de second tour avec Ségolène Royal que la « Constitution européenne est morte », Nicolas Sarkozy s’est empressé de ressusciter 90% de son contenu, cédant sans contrepartie à la pression de nos voisins et de la Commission de Bruxelles.

A partir du moment où il s’agit à peu près du même texte, seuls les Français peuvent éventuellement revenir sur leur décision de 2005. Jamais dans notre histoire récente, un président de la République française n’a osé faire voter par le Parlement un traité de cette importance précédemment rejeté par référendum. Et pour cause, cela reviendrait à un quasi coup d’Etat !

Nos concitoyens ne seront pas dupes de cette véritable rupture avec la démocratie française ! J’appelle les 16 millions d’électeurs qui ont voté non le 29 mai 2005 mais aussi tous les amoureux de la démocratie à se mobiliser pour faire pression sur le président de la République et l’obliger à organiser un nouveau référendum.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

vendredi 19 octobre 2007

Pendant qu'on cancane à Paris, on assassine la démocratie à Lisbonne

Par Nicolas Dupont-Aignan,

Cà y est. Je vais céder à la facilité ambiante et aborder l’annonce officielle de la séparation du couple présidentiel. Non, rassurez-vous, je ne commenterai pas cette affaire privée qui est devenue de fait publique, mais je veux simplement vous dire combien il est ahurissant de voir la disproportion de traitement et de commentaires entre ce divorce annoncé et l’ouverture du sommet de Lisbonne.

Si, comme c’est probable, le Traité est adopté, il va ouvrir un nouvel hiver pour le fait national en Europe et l’émergence d’un super-Etat européen oligarchique et donc antidémocratique. Espérons simplement, maintenant que la nouvelle de la séparation est connue, que les Français auront le droit d’en savoir plus sur ce Traité surréaliste qui se dit « simplifié » mais qui n’est que « compliqué ».

Pendant qu’on amuse les Français avec des histoires de cœur et de rugby, on est en train de remettre en cause leur liberté de choisir leur destin.

Libre au Président de la République de renier sa promesse de campagne en signant un Traité identique à la Constitution européenne qu’il jugeait « morte » au plus fort de la campagne électorale ! En revanche, il n’a pas le droit devant l’histoire de tromper les Français en leur faisant croire que ce Traité est un compromis entre le Oui et le Non du 29 mai 2005.

Il n’a pas le droit moralement et démocratiquement de faire adopter cette Constitution-bis par le Parlement, sans référendum.

Le moment est venu de mobiliser les Français pour mettre fin à cette nouvelle imposture ! Si vous ne l’avez déjà fait, je vous invite à signer la pétition de DLR pour un nouveau référendum et à encourager vos proches à en faire autant : plus nous serons nombreux, plus nous serons à même de contraindre le président de la République à organiser ce nécessaire référendum !

jeudi 18 octobre 2007

Face au coup de force européen, défendons notre démocratie !

J’ai passé la soirée d’hier à lire (à décrypter !) le nouveau traité modificatif européen, présenté depuis des mois comme un « traité simplifié ». Il faut le lire pour le croire !

Un document de 145 pages, 12 protocoles, 25 déclarations annexes. Un véritable jeu de pistes. Tout est fait pour dissimuler le recyclage du contenu de la Constitution Giscard (moins les symboles) refusée par les Français et les Néerlandais.

Mais la réalité du texte est bien là. Rien n’a changé. Si par malheur ce traité était ratifié, c’en serait fini de notre démocratie et de notre République, ce serait le passage à un fédéralisme européen complet.

Présenter ce texte comme un compromis entre le vote OUI et le vote NON du 29 mai 2005 est à cet égard un mensonge éhonté.

Mais le faire voter uniquement par le Parlement constituerait un véritable coup de force, pour ne pas dire un coup d’Etat. Car cela reviendrait, malgré son refus explicite mais en son nom, à imposer au peuple français un traité qui remet en cause son droit inaliénable et imprescriptible à disposer de lui-même. Ce serait un anti-1789 dont même les ultras de la restauration de 1815 n’avaient pas osé rêver !

Il est temps d’agir. Il faut ouvrir les yeux de nos concitoyens sur la réalité du traité, son contenu, ses conséquences sur leur vie quotidienne et, par conséquent, sur le diktat que constituerait une ratification parlementaire alors même qu’ils ont déjà dit non.

Alors ils comprendront qu’ils sont seuls à même de pouvoir trancher une question aussi fondamentale pour l’avenir du pays, pour son existence même devrait-on dire !

C’est tout le sens de la pétition nationale que je lance « 1 million de signatures pour un référendum ».

A nouveau, il faut reprendre le combat. Je mesure l’ampleur de la tâche, je connais la solitude politique qu’il implique mais il serait indigne et lâche de renoncer car il en va de notre liberté collective.