lundi 8 décembre 2008

Un amendement surréaliste

La crise financière semble faire perdre la tête à ceux qui étaient jusqu’à maintenant les plus raisonnables, comme en témoigne l’amendement surréaliste du sénateur Marini visant à déduire des revenus imposables les plus values de cessions de valeurs mobilières cotées en bourse.

Comment peut-on aussi, au moment où tant de Français perdent leur emploi ou ont du mal à boucler leur fin de mois faire encore payer le contribuable pour une catégorie de Français qui n’est pas le plus à plaindre.

Cette mesure est inacceptable pour 4 raisons :

  • c'est une mesure qui vise à indemniser les pertes de patrimoine, mais qu'en est-il des pertes de revenus que vont subir des centaines de milliers de Français ?
  • on ne cible que les valeurs cotées en bourse, mais qu'en est-il des Français possédant des valeurs mobilières non cotées (part de SA non cotées par exemple, parts de SARL) ? Préfère-t-on, comme toujours, dépenser davantage en faveur des actionnaires du CAC 40 sans aider les PME ?
  • il existe déjà un dispositif permettant de reporter les moins values sur les plus values ultérieures
  • le dispositif vise indistinctement toutes les moins values, qu'elles résultent ou non de comportement spéculatifs (exemple : je préfère vendre des titres pour en racheter d'autres dont la valeur immédiate est sous-estimée par rapport à leurs capitaux propres ou aux dividendes distribués).

La loi sur l’audiovisuel, le travail le dimanche et maintenant un nouveau privilège sur fonds public, on se demande vraiment si la majorité veut mettre les Français dans la rue !

samedi 29 novembre 2008

Contrôler les esprits plutôt que convaincre

Curieuse semaine qui vient de s’écouler…

Au moment où Debout la République franchissait avec un incontestable succès l’obstacle de son Congrès fondateur, rassemblant dimanche dernier plus de 1000 personnes à la Mutualité, la petite politique, médiocre et mesquine, continuait à aller bon train.

Réaction de l’UE face à la crise, loi sur l’audiovisuel et travail dominical, ponctuaient une semaine qui, décidément, avait décidé de ressembler aux précédentes.

Le « plan de relance européen », comme l’ont pompeusement baptisé certains observateurs pour sauver la face de l’Europe supranationale et ménager l’Allemagne (qui porte une écrasante responsabilité dans ce fiasco), est une pure vue de l’esprit.

Pour l’essentiel, il n’est, en effet que l’addition des plans de relance nationaux qu’à défaut de vouloir démultiplier en les coordonnant, on se contente d’additionner, comme on ajoute des carottes et des choux fleurs, en les emballant dans un joli papier cadeau bleu étoilé.

Il est très dommage que l’Europe n’ait pas voulu saisir cette chance historique qui lui aurait permis d’affirmer son efficacité et, partant, sa légitimité. Quels effets gigantesques aurait eu un vrai plan de relance européen, mobilisant en les articulant les ressources nationales et recourant en même temps à un emprunt européen massif, par le biais de la BEI !

Mais, pire encore, l’Europe bruxelloise empêche les Etats-nations de palier sa propre incurie, en maintenant « en tendance » l’objectif des contraintes de Maastricht, auxquelles les pays-membres devront dès 2011 se conformer à nouveau… En clair : « Relancez autant que vous voulez, mais pas trop, pas trop longtemps et puis… soyez sous les 3% dès 2011 ! » Dans le genre contradictoire et paralysant, on ne saurait mieux faire. A nouveau l’UE ne fait pas, fait mal et empêche les Etats de faire. Et il y en a encore qui prétendent pompeusement que « l’union fait la force »…

La réforme de l’audiovisuel public vaut, elle aussi, son pesant de mensonge et de mystification. Certes, il est louable de vouloir mieux gérer la télévision publique en rationalisant ses structures. Il est également souhaitable de supprimer une partie de la publicité de ses antennes, ainsi que DLR l’avait réclamé, à tout le moins pour les publicités alimentaires durant les programmes pour les enfants et les jeunes.

Mais bien sûr, pour être cohérent, cela implique une réelle mobilisation de moyens pour compenser les pertes de ressources - voire les remettre à niveau (par rapport à la BBC britannique ou à la ZDF allemande) – afin de maintenir et même redresser la vocation qualitative de la radio-télévision française.

Mais hélas, rien de tout cela dans la politique de l’Elysée : une recherche presque « punitive » de compression tous azimuts de la dépense publique, conjuguée à la volonté de faire plaisir aux amis du Président (auxquels, cette fois, sera offerte sans contrepartie réelle la manne publicitaire prise à France Télévision) et assortie, en l’espèce, d’une volonté de mise au pas sans précédent des médias. Comment comprendre autrement l’acharnement de Nicolas Sarkozy à vouloir nommer personnellement le futur directeur unique de France Télévision ? Comme si, à défaut de pouvoir convaincre les esprits, on cherchait purement et simplement à les endoctriner… Espérons que les journalistes de France Télévision, de radio France (mais aussi ceux de l’AFP, prochains sur la liste) sauront se mobiliser pour empêcher ce nouveau recul, majeur celui-là, de notre démocratie !

Enfin, que dire de l’instauration du travail dominical ? Le bon sens comme l’analyse plus poussée des choses conduisent à en rejeter le principe même, à quelques très rares exceptions près. C’est bien pourquoi tant de parlementaires UMP et Nouveau Centre ont finalement déterré la hache de guerre contre le gouvernement. Ces parlementaires courageux - excédés ? – ne doivent pas se laisser impressionner par les menaces des ténors de la Sarkozie, car une immense majorité de Français les soutient. Ils ont bien compris qu’on ne fera pas plus de croissance avec cette mesure, qu’on ne s’en tiendra pas dans les faits à une démarche reposant purement sur le volontariat, mais qu’on déstructurera un peu encore une société déjà mise à rude épreuve par la crise naissante…

Ainsi donc, la semaine écoulée a ressemblé à celles qui l’ont précédée : l’impuissance publique mène à la démagogie et la démagogie, à la volonté de contrôler les esprits. Mais tout cela aura une fin. C’est à cette fin, pour que la France connaissent enfin le nouveau départ auquel ils aspirent, que Debout la République contribuera désormais en tant que formation politique à part entière.

A très bientôt.

Laissons en paix le dimanche..

Dès juin dernier, NDA publiait un billet dans son blog contre l’engrenage d’une dérégulation "choisie" du travail dominical, porte ouverte à une invasion sans havre ni répit du tout-marché, au détriment des salariés et des citoyens, sans gain réel pour le consommateur.

Naturellement, les parlementaires de DLR voteront contre cette disposition faussement libérale et authentiquement destructrice du pacte économique et social républicain.

Voir aussi le site "Le dimanche, j’y tiens", qui propose une pétition en ligne pour la défense du dimanche chômé.



Le travail le dimanche, une mauvaise idée LE MONDE | 26.11.08

C’est sans doute l’ironie de l’histoire. La liberté d’entreprendre et l’économie de marché triomphent partout et dans le même temps le profit voulu pour lui-même, recherché par tous les moyens et déconnecté de l’économie réelle, montre toute la puissance de sa nocivité.

Cela doit nous conduire sur le plan national à ne pas laisser au seul marché le soin de réguler l’activité. Ainsi, la proposition de loi en débat sur le travail dominical accroît quatre risques : la régulation des commerces par le seul marché, la compétition entre les territoires, la dichotomie entre le consommateur et le citoyen et l’inégalité entre les salariés.

Tout d’abord on veut limiter l’ouverture dominicale à certaines zones géographiques, des "groupements urbains d’un million d’habitants". Si la volonté de ne pas soumettre l’ensemble des territoires à cette autorisation est louable, il faut en craindre les effets. Que deviendront les commerces concurrents qui, situés du mauvais côté de la frontière, verront partir leurs clients du week-end vers "la zone" ? Et les commerces de proximité qui ont besoin d’un flux de passants pour vivre ? Ils seront à l’évidence appauvris et demanderont aux pouvoirs publics d’ouvrir à leur tour le dimanche. Alors, le marché aura eu raison des pseudo-frontières administratives ; d’ailleurs, c’est le cas partout. Et nous aurons abouti à un résultat dont visiblement personne ne souhaite l’avènement : la généralisation sans restriction du travail dominical.

Cette compétition entre les commerces affectera les territoires. Il est à craindre que le phénomène de "pompe aspirante" soit accentué, quand tout le monde en constate déjà la nuisance pour nos commerces de centre-ville. La logique pure de marché prévalant ainsi entre les territoires produira les effets habituels : une concentration accrue du commerce dans les mains d’un petit nombre d’opérateurs, et donc en un petit nombre de lieux.

Car c’est une des conséquences fréquentes de la liberté du marché livrée à elle-même : elle conduit presque toujours à des situations d’oligopole dont le bien-fondé social et économique n’est pas démontré. Remarquons, d’ailleurs, que les représentants des artisans, du commerce de proximité et des PME sont opposés à la perspective d’un élargissement du travail dominical car ils n’auraient pas les moyens de lutter contre cette concurrence déloyale.

Les sondages produisent des résultats partagés à souhait, et leurs commentaires sont parfois déviés. D’abord, la majorité de l’opinion n’est pas orientée aussi clairement en faveur de l’ouverture dominicale qu’on veut bien le dire. Ensuite, ceux qui accueillent volontiers cette perspective lorsqu’ils sont dans la posture des consommateurs deviennent très réservés lorsqu’ils peuvent être concernés comme travailleurs.

On veut bien avoir des services et des commerces à portée de la main, sauf s’il faut se lever de bonne heure le dimanche pour que cela fonctionne... Comment l’encouragement d’une telle schizophrénie pourrait nous procurer une croissance importante et durable ? A moins de considérer que la richesse se réduit à sa seule expression quantitative et monétaire, ce qui est indéfendable. Et à supposer que l’extension de l’ouverture dominicale crée des emplois, ce qui n’est pas démontré : toutes les études montrent qu’un emploi créé dans la grande distribution en détruit trois dans le commerce de détail.

Il est dit que les salariés concernés par ce projet seraient protégés par le volontariat ; ils ne pourraient donc encourir aucune sanction pour avoir refusé de travailler le dimanche. Il ne manquerait plus que ça ! Mais qui pourra reprocher à un chef d’entreprise, en bon gestionnaire, de privilégier la progression de carrière de ceux qui auront fait l’effort de se mobiliser les dimanches ? Personne. L’instauration du travail dominical sans limitation dans certains secteurs produira donc, à coup sûr, deux catégories de salariés, du fait d’une discrimination exagérément positive liée à la bonne marche de l’activité.

LES LIMITES DU VOLONTARIAT

Et puis, chacun connaît les limites du volontariat : sans faire de procès d’intention aux chefs d’entreprise, il est peu probable que les salariés sollicités le dimanche puissent avoir d’autre choix que celui d’accepter. Parfois même, les parents isolés seront mis dans la situation de devoir travailler le dimanche pour préserver leur métier et son évolution, avec la conséquence que l’on imagine sur la garde de leurs enfants : devront-ils dépenser la majeure partie de leur rémunération bonifiée (lorsqu’ils l’auront obtenue) pour rémunérer leur assistante maternelle ? Il est difficile d’entrevoir, dans les situations de ce genre, un réel progrès social.

Certes, ces différents risques ne sont pas l’intention des promoteurs de la proposition de loi en débat. Ils y sont cependant contenus en germe. Et il est tout de même très malvenu qu’un tel message soit adressé aux Français par les temps qui courent. La crise mondiale devrait nous inviter à prendre le temps de réfléchir à ses causes et à ses conséquences. Alors que l’absence de repères personnels et sociétaux est de plus en plus cruelle, il n’est pas acceptable de faire courir aux Français ce risque de généralisation du travail dominical, proche ou lointain. Et, dans cette proposition de loi, ce risque est plus proche qu’on veut bien l’admettre. Pour cette raison, même s’il faut trouver les moyens de régler localement les situations aujourd’hui irrégulières, il n’est pas souhaitable qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour de notre Assemblée.

Ce texte a été signé par un collectif d’une soixantaine de députés UMP, NC et non-inscrits.

lundi 13 octobre 2008

Crise : assez d’hypocrisie !

Marianne, édition du 11 octobre 2008

Le bal des hypocrites

Pour éteindre l’incendie de la crise financière il est nécessaire d’intervenir massivement. Pour autant, on ne peut s’empêcher d’éprouver de la gêne, pour ne pas dire un profond sentiment de révolte, à l’idée que les centaines de milliards d’euros déversés dans le système puissent simplement servir à le requinquer pour qu’il reproduise de plus belle les mêmes abus.

Cela reviendrait tout simplement à remettre de l’essence dans une voiture qui n’a pas de freins. A-t-on vraiment envie de récompenser les spéculateurs et les dirigeants bancaires défaillants, eux qui pendant plusieurs décennies ont justifié le pressurage des salariés et des consommateurs, au nom de la sacro-sainte création de valeur ?

Mettons fin à cette hypocrisie générale. Si l’on veut vraiment sauver l’économie mondiale, il faut d’une part la moraliser et d’autre part la relancer.

En dépit des beaux discours, on en est très loin !

Pour vraiment moraliser et donc réguler la sphère financière, il faudrait tout d’abord que le pouvoir politique reprenne le pouvoir sur le monde économique et financier. Le G4 s’est réuni à Paris mais ni Nicolas Sarkozy ni Angela Merkel n’ont, par exemple, désavoué le Commissaire Mc Creevy qui s’est opposé il y a à peine deux semaines au vote quasi unanime du Parlement européen en faveur de l’encadrement des hedge funds ! De même, on aide des banques qui continuent d’opérer à partir des paradis fiscaux !

Enfin pour se disculper de leur inaction, les dirigeants nationaux se retranchent derrière la nécessaire coopération européenne. Celle-ci étant quasi impossible, les vrais responsables peuvent dormir tranquille !

Or, il est faux de dire que rien ne peut être fait au niveau national ! Le 9 septembre dernier, le Parlement néerlandais a le premier voté une loi taxant fortement les excès de rémunération des dirigeants d’entreprises. En France pourtant, les traders continuent depuis plusieurs années de bénéficier d’un régime de faveur pour leurs primes exceptionnelles ! Pire, pour financer le RSA, le gouvernement a préféré taxer l’épargne des Français plutôt que d’aligner sur le régime général de l’impôt sur le revenu, les plus-values de ceux qui exercent leurs stock-options. Enfin quant à la loi sur les parachutes dorés on attend… les propositions du MEDEF !!

La même passivité l’emporte face à la récession qui s’amplifie. Il ne sert à rien de déverser des milliards d’aides aux banques si la relance de l’économie ne permet pas aux entreprises d’investir et de produire et aux particuliers de consommer. Souvenons-nous de la leçon de Keynes : il faut un équilibre raisonnable et dynamique entre l’offre et la demande sans quoi le système capitaliste court à sa perte faute de consommateurs solvables. La crise d’aujourd’hui due à un excès d’endettement pour cause d’insuffisance de salaires vient confirmer cette loi de manière éclatante.

C’est pourquoi aucune relance ne sera efficace sans revoir le cadre économique mondial. La mondialisation-clochardisation qui éreinte les économies développées et qui déséquilibrent les pays émergents depuis une quinzaine d’années doit être remise en cause. Au libre-échange sauvage qui nivèle tout par le bas, il faut enfin préférer la mise en place de zones régionales de libre échange, commerçant raisonnablement les unes avec les autres et pratiquant en interne de vigoureuses politiques de développement économique. Cela implique donc le bouleversement radical d’une construction européenne dogmatique, pour enfin garantir une monnaie utile à la croissance et des règles de marché favorables à l’innovation, à la hausse des salaires et aux PME.

Or, là aussi les dirigeants européens font semblant d’agir. Contrairement à ce qui est répété sur toutes les télévisions en Europe, le ralentissement économique a précédé la crise financière. Avec un euro surévalué qui entraîne des délocalisations massives, des taux d’intérêt trop élevés, l’absence de préférence communautaire et l’interdiction d’une vraie politique industrielle, comment notre continent pourrait-il s’en sortir dans la mondialisation sauvage d’aujourd’hui ? Réforme du statut de la Banque centrale européenne et programme de grands travaux par la Banque européenne d’investissement, on connait pourtant les solutions. Le Président Sarkozy pourra-t-il longtemps préconiser une politique et se coucher devant ses partenaires, notamment allemands, pour subir celle qu’il ne cesse de dénoncer ?

C’est pourquoi, sans attendre nos partenaires, la France peut et doit prendre des mesures propres pour atténuer le choc de la crise. La création d’un fond de garantie pour les PME, le remplacement du dispositif sur les heures supplémentaires (qui se concentre sur les emplois existants) par la suppression de charges sur les nouveaux emplois des PME (potentiellement très créatrices d’emplois), ou encore l’adossement de certains prêts aux particuliers à la Caisses des dépôts et consignations,… comme le fait la CDC allemande pour soutenir les investissements écologiques des particuliers. Trois mesures simples, parmi d’autres, qui pourraient limiter les dégâts.

En définitive aujourd’hui les chefs d’Etat sont au pied du mur. Comme dans toutes les crises majeures, ils ne peuvent plus faire semblant, mentir aux peuples et se mentir à eux-mêmes. La loi implacable et dramatique de l’Histoire les oblige à agir sauf à se faire emporter par une vague de troubles sociaux et politiques !

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président du parti gaulliste Debout la République

dimanche 5 octobre 2008

1958-2008 : DLR rend hommage à la Vème République et appelle à renouer avec son esprit fondateur

Retrouvons l’esprit de la Vème République !

La discrétion qui entoure le cinquantième anniversaire de la Vème République est étrange. Comme s’il ne fallait pas rappeler trop fort les grands mérites d’une constitution que l’œuvre du temps ou le retour du régime des partis auraient peu à peu rabotés…

Le double tour de force de la Vème République léguée par le général de Gaulle est d’avoir :
- réconcilié la France avec des institutions durables et consensuelles, après plus de 150 ans d’instabilité chronique, émaillés de révolutions ;
- réconcilié la République avec un exécutif fort et stable, notamment assis sur l’élection du président de la République au suffrage universel direct.

La grande force de la « Nouvelle République » mise en place en 1958, est ainsi d’avoir placé en son cœur la souveraineté populaire, laquelle selon le Général « se confond très exactement avec la démocratie ».

Mais cet esprit des institutions - c’est leur point faible - implique une pratique exigeante du pouvoir. Pour Charles de Gaulle, la force et la primauté de la fonction présidentielle nécessitaient en retour que son titulaire se soumette lui-même au peuple souverain et qu’il s’élève au-dessus des partis pour être le président de tous les Français. C’est bien entendu pourquoi le Général a démissionné de son mandat après l’échec du référendum d’avril 1969.

Mais tous ses successeurs n’ont pas fait preuve des mêmes scrupules : de révisions constitutionnelles en abandons de compétences à Bruxelles, la Vème République incarne désormais de moins en moins le peuple souverain. Au point que le Parlement a pu, dans un silence assourdissant, bafouer ouvertement le référendum du 29 mai 2005 en ratifiant un traité européen qui dépossède un peu plus les citoyens du pouvoir de décider de leur propre avenir.

La Vème République, pour retrouver la pleine adhésion des Français, doit s’attaquer aux dérives qui la minent :
- en rétablissant la supériorité du référendum et sa pratique régulière, afin de confirmer l’adhésion des Français à l’action présidentielle ;
- en permettant le retour d’un vrai multipartisme, le système bipartisan excessivement renforcé par le quinquennat et les réformes électorales récentes ayant tendance à étouffer la démocratie ;
- en garantissant un réel pluralisme médiatique, la détention des grands médias par des groupes privés tributaires de la commande publique rendant celui-ci incertain ;
- en établissant un vrai contrôle parlementaire sur les directives de Bruxelles et en limitant la boulimie de compétences de l’Union européenne ;
- en rétablissant le septennat qui, à l’inverse du quinquennat, garantit une vraie respiration démocratique du régime en dissociant élection présidentielle et élections législatives.

La Vème République demeure l’une des meilleures inventions institutionnelles depuis 1789, mais une invention qu’il est urgent, en son cinquantième anniversaire, de remettre sur ses deux jambes si on ne veut pas la voir péricliter.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne
Président du parti gaulliste
Debout la République
Contact Presse : 06 65 12 12 34

vendredi 26 septembre 2008

dupont-aignan chez Karl Zero

Une fois n'est pas coutume, une bonne nouvelle nous vient de l’Union Européenne …

Une fois n'est pas coutume, une bonne nouvelle nous vient de l’Union Européenne … En effet la raison et le bon sens l’ont emporté dans le débat sur la riposte graduée dont le principe vient d’être rejeté par le parlement européen lors du vote sur le Paquet Télécom.


Rappelons que la riposte gradué n'est rien d'autre qu'un dispositif de sanction aboutissant à la coupure de la connexion internet à la suite de 2 avertissements par émail dans le cas du telechargement du moindre MP3 par un internaute... Pour être mise en oeuvre , il est nécessaire de surveiller l'ensemble des internautes.

En Juillet dernier j’avais vivement réagi à l’insidieuse tentative orwellienne de Malcolm Harbor de mettre en place un système de surveillance généralisé de tous les internautes avec pour complicité la passivité de l’ex ministre socialiste de la culture Mme Trautmann.

Le tollé déclenché par cette affaire avait conduit de nombreux internautes à écrire à leurs Eurodéputés sur leurs craintes par rapport au viol manifeste que constituerait la mise en place d’un tel dispositif de contrôle de la vie privée. Ces derniers ont répondu favorablement en votant massivement un amendement ( le n° 138) garantissant cette liberté fondamentale du droit à la vie privée. Toutefois fidèle à son fonctionnement la commission de Monsieur Barosso n’a eu aucune honte pour demander le retrait de l’amendement 138 a peine adopté.

Il faudra donc rester vigilant dans les semaines à venir, surtout que dans l’affolement provoqué par ce résultat, l’UMP fait désormais pression pour que le projet de loi « Création et Internet », incluant la riposte graduée, soit adopté en urgence à l'assemblée Nationale et au Sénat. Procédure très discutable qui avait déjà été utilisé lors du débat sur la loi DADVSI il y a 3 ans où j'avais voté, avec les quelques députés présents, la fameuse licence globale, une solution réaliste et raisonnable, qui avait déclenché un tollé chez les lobbys. Ce vote ayant été ensuite retoqué sous la pression du gouvernement de l'époque .

Pour terminer sur une note positive, je tiens à saluer le travail remarquable des jeunes gens du collectif «La Quadrature du Net » qui avec des moyens dérisoires en regard des intérêts en présence ont fait œuvre dans la défense de nos droits fondamentaux d’une ténacité, d’une rigueur, et d’une combativité qui font figure d’exemples face à un monde politique quelque peu dévoyé. Si mercredi dernier notre droit à la vie privée à été préservé c’est en grande partie grâce à eux.

jeudi 25 septembre 2008

Si le berger laisse entrer le loup dans la bergerie, c'est au berger qu'il faut demander des comptes !

Le Président de la République à la tribune de l’ONU a fustigé ceux qui, après s’en être mis plein les poches, refusent de payer la note. La remarque est juste. Mais cela peut-il suffire ?

Il faut surtout s’interroger sur la dérégulation généralisée qui a permis la multiplication des « déviances » bancaires et financières. Et là, je n’ai pas souvenir d’avoir entendu Nicolas Sarkozy, sauf durant la campagne présidentielle, fustiger la logique folle du toujours moins d’Etat, qui explique aujourd’hui pourquoi l’incendie se propage dans le monde entier à une telle vitesse et avec de tels dégâts !

Bien évidemment, la France ne peut pas tout, toute seule. Pour autant, qu’attend-t-on par exemple pour mettre à contribution les stocks options pour financer le RSA ? Cela suffirait à remplacer la taxe de 1,1% sur les épargnants français, dont l’immense majorité appartient aux classes moyennes et populaires !

De même, pourquoi avoir laissé les Caisses d’Epargne partir dans cette fuite en avant financière ? Les déboires de Natixis, dont l’aveuglement des prévisionnistes n’a d’égal que l’incroyable crédit que continue de leur prêter les médias spécialisés pour commenter la crise, sont à cet égard très choquants.

Pourquoi ne pas proposer des agences de notation publiques ? Pourquoi cette pusillanimité face à la Commission de Bruxelles à propos du nécessaire encadrement de l’activité des fonds spéculatifs, voulu aussi bien par Paris que par Berlin ?

Les propositions ne manquent pas pour moraliser et assagir les marchés. La Présidence française de l’Union aurait pu s’enorgueillir de proposer très vite à ses partenaires des premières décisions.

Mais plus important encore, il est urgent pour les Européens d’éteindre l’incendie avant qu’il n’entraîne une récession terrible en zone euro. Le paradoxe serait que les Américains, principaux responsables de la crise, l’exportent tout en la maîtrisant chez eux.

Sur ce terrain aussi, le silence de la France est assourdissant. Comment accepter le comportement de la Banque Centrale européenne qui, en maintenant des taux d’intérêt si élevés, étouffe davantage encore une reprise déjà malmenée par la conjoncture ? L’octroi massif de liquidités n’a pour le moment servi qu’à sauver la mise à des établissements financiers pourtant grands responsables de la crise, pas un centime n’a été déboursé pour soutenir l’économie réelle, l’emploi ou le pouvoir d’achat des Européens !

En France, en Allemagne, le taux d’épargne des ménages est important. Il faut s’appuyer sur cela pour restaurer au plus vite la confiance et éviter la récession. Tous les économistes le reconnaissent aujourd’hui. Il serait ainsi possible à l’échelle européenne de lancer un grand emprunt, style Pinay, qui permettrait de financer un programme de grands travaux, comme des projets industriels et environnementaux. Mieux, la Banque Européenne d’Investissement, garantie par les Etats membres de l’UE, pourrait s’endetter pour financer un tel plan Marshall. Ce serait au passage le meilleur moyen de revaloriser aux yeux des citoyens une construction européenne dont les dirigeants ne cessent de déplorer le discrédit, tout en s’interdisant d’en corriger les graves dérives.

Enfin, le fiasco du bonus-malus, qui a vu le président de la République faire machine arrière toute sur ses promesses écologiques, pose un double problème : de méthode d’abord, il aurait fallu poursuivre le Grenelle par des Etats généraux de la fiscalité écologique, transparents et ouverts à tous. Mais un problème de cap, aussi : Nicolas Sarkozy doit s’expliquer sur le sort qu’il compte désormais réserver à sa politique écologique ambitieuse, dont la France s’est prétendue la championne depuis un an et qui devait être exemplaire pour nos voisins, à l’heure de la présidence française de l’Union.

Mais il est sans doute plus facile de rechercher des boucs émissaires - surtout qu’on ne les trouvera jamais, puisque les responsabilités sont à tous les étages de ce système capitaliste fou - que d’exercer et assumer un pouvoir politique qui, seul, peut et doit changer la donne !

Car, comme le faisait remarquer malicieusement un banquier le 23 septembre 2008, après l’effondrement des marchés financiers et les déclarations de Nicolas Sarkozy demandant de sanctionner les responsables, « les responsables ne sont pas les marchés, dont la mission n'a jamais été le bien public, mais les États chargés d'édicter les règles du jeu ! » Et de les faire respecter, serait-on tenté d’ajouter…

Les vrais fautifs, ce sont les politiques qui ont accompagné, voire voulu, ce recul de la puissance publique qui, aujourd’hui, donne tant de pouvoir aux multinationales cotées en bourse. Ce sont eux les responsables du dépècement de la société par les entreprises privées. On ne peut pas accuser le loup d’entrer dans la bergerie pour dévorer les moutons, il est programmé pour cela. C’est bien sûr au berger qu’il faut demander des comptes, surtout si ce dernier a, en sifflotant, laissé toute grande ouverte la porte de la bergerie.

mardi 23 septembre 2008

Pour le référendum sur l’avenir de La Poste !

Ne vendez pas La Poste aux enchères !

La logique de démantèlement du service public français, voulu et imposé par Bruxelles avec hélas l’aval des gouvernements successifs de gauche comme de droite, dépasse toutes les bornes avec le projet de privatisation rampante de La Poste.

Chacun sait, chacun constate au quotidien, que le service public postal joue dans notre pays un rôle de premier plan dans l’aménagement du territoire de proximité, la continuité sociale et l’égalité des usagers devant un service important.

Les spécificités de La Poste en France, du fait :
- de l’histoire,
- du maillage territorial très dense du réseau postal
- et du symbole très fort qu’il représente pour la relation entre les citoyens et l’Etat-nation, rendent définitivement insolubles ses missions de service public dans une mise en concurrence dogmatique, presque partout synonyme de dégradation de la qualité des prestations, du renchérissement des tarifs et de désengagement territorial. Sait-on par exemple, que le pays le plus libéral au monde, les Etats-Unis, ont maintenu un service postal intégralement public ?

C’est pourquoi Debout la République décide aujourd’hui de s’engager pour la pérennité de l’entreprise postale à 100% publique et de signer l’appel à la mobilisation pour l’organisation d’un référendum sur son avenir. DLR appelle tous ses adhérents, sympathisants et amis, à signer et faire signer cette pétition qui, si elle atteint les seuils requis, ouvrira la voie à un référendum d’initiative populaire sur la question.

Bien évidemment, le maintien du statut public n’interdit pas, comme cela est d’ailleurs déjà le cas depuis des années, à la Poste de se moderniser. Il faudra poursuivre cette politique tout en adossant l’entreprise à la Caisse des Dépôts et Consignations pour trouver des financements aujourd’hui incertains.

Je me rendrai symboliquement aujourd’hui même au départ du cortège de la manifestation parisienne, rue du Bac.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député gaulliste non-inscrit de l’Essonne
Président de Debout la République

Contact Presse : 06 65 12 12 34

Retrouvez l’appel national pour l’organisation d’un référendum sur l’avenir de La Poste - Bientôt sur le site de DLR, un formulaire de signature en ligne

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samedi 20 septembre 2008

Philippe de Villiers veut rassembler les souverainistes, je veux rassembler la France du 29 mai 2005

A l’occasion des Universités de rentrée du Mouvement pour la France, beaucoup m’interrogent sur les appels du pied de Philippe de Villiers à DLR pour la constitution de listes communes en juin 2009.

Au risque de décevoir les amateurs de « tambouille » électorale, à quoi servirait de vouloir rééditer 1994, 1999 et 2004 ?

Les Français ne veulent plus du folklore « euro ronchon ». Ils ne sont plus dupes des critiques des traités européens par ceux qui ensuite, une fois passées les élections, soutiennent les chefs d’Etat qui les ont signés.

Les temps ont radicalement changé. Un évènement majeur a eu lieu le 29 mai 2005, 55% des Français ont voté NON à la Constitution européenne. Quand comprendra-t-on que l’enjeu d’aujourd’hui n’est pas de mobiliser des souverainistes pour en faire « le flotteur droit » de Nicolas Sarkozy, mais de rassembler les Français autour d’un vrai projet de coopération européenne entre des nations respectées et maîtresses de leur destin.

L’élection européenne de juin 2009 est l’occasion historique de s’adresser à 16 millions de Français qui ont voté NON, sans oublier tous ceux qui regrettent d’avoir voté oui, et ont été trahis lors de la ratification parlementaire du traité de Lisbonne. Nos concitoyens attendent désormais le plan B, seul capable de réconcilier l’idée européenne avec les Nations.

Pour ce faire, comme je vous l’ai indiqué dans mon discours de clôture des Universités de rentrée de Debout la République, il faut un grand rassemblement des républicains de droite comme de gauche. C’est à cette condition seulement que nous seront capables de convaincre les Français qu’une autre Europe est possible. Lors du Congrès fondateur de DLR, le 23 novembre prochain à la Mutualité, je présenterai les grandes lignes de ce projet. Alors, toutes celles et tout ceux qui s’y reconnaissent pourront, d’où qu’ils viennent, nous rejoindre.

mercredi 3 septembre 2008

La « République des copains » offre une victoire inespérée aux nationalistes corses.

Non malheureusement ce n’est pas un gag des Bronzés.

Quand la villa d’un « copain », en l’occurrence Christian Clavier, est envahie (sans violence, ni dégradation) par des nationalistes corses, on ne badine pas. Le responsable de la police sur l’île est alors démis de ses fonctions dans l’instant par le président de la République - ou plus exactement par son ministre de l’Intérieur à qui est confiée la sale besogne.
Qu’importe que les chiffres de la violence baissent depuis l’arrivée en poste de ce haut fonctionnaire très bien noté, un « grand flic » de l’aveu même de la profession unanimement choquée par cette destitution capricieuse. Le fait du prince passe avant le sens de l’Etat !

Qu’importe aussi que des dizaines de villas de citoyens anonymes aient été plastiquées sans que les plus hautes autorités de l’Etat s’en émeuvent le moins du monde. Dès lors qu’il s’agit des puissants et des proches amis, le deux poids deux mesures devient licite pour ne pas dire moral. A cet égard, la justification de l’UMP, arguant que tout citoyen, fût-il un comédien vedette, a droit à la même protection de la part des forces de l’ordre, bat tous les records de la mauvaise foi et de l’indécence. Ce n’est bien entendu pas cela qui est en cause mais, à l’inverse, un traitement « classe affaire » dès lors qu’il s’agit d’un proche du pouvoir.

Qu’importe enfin - et c’est sans doute là le plus grave - que le flop médiatique des nationalistes (grâce, précisément, à la gestion intelligente par M. Rossi de cette intrusion) ait été transformé à cause de l’intervention présidentielle en une victoire éclatante pour les amis de Monsieur Talamoni ! Si l’Elysée avait voulu offrir un sacré coup de pub aux nationalistes corses, il ne s’y serait pas pris autrement. Désormais, pour se débarrasser d’un préfet ou d’un coordonnateur de la sécurité sur l’Ile de beauté, ces derniers sauront comment s’y prendre : investir la villa de tel ou tel « ami » et jeter un coq en plâtre au fond de la piscine de la résidence ! Les forces de l’ordre n’auront plus le choix : il leur faudra désormais assurer une bonne garde devant ces résidences de la plus haute importance pour la sûreté de l’Etat, quitte à dégarnir les endroits de moindre importance (préfectures, gendarmeries, perceptions, etc.) !

Mais trêve de – mauvaise – plaisanterie ! Le malaise d’aujourd’hui tient au fait que celui qui est censé montrer l’exemple, s’affranchit de toutes les règles. Certains de ses prédécesseurs s’efforçaient, à tout le moins, de préserver les formes. Nicolas Sarkozy, lui, a décidé de cultiver avec ostentation son bon plaisir.

Au diable, donc, le respect de la parole donnée, la cohérence des décisions, la morale de l’action, la dignité du comportement et de la fonction… « j’ai été élu, je fais ce que je veux quand je veux et comme je veux ! » semble dire aux Français leur Président.

Mais connaît-il vraiment l’âme du pays ? Se rend-il compte que le silence passif du peuple français annonce souvent de grandes colères populaires ? Croit-il sincèrement que nos concitoyens, qui ne sont pas dupes, vont supporter encore longtemps de le voir jouer ainsi, à sa guise, avec les institutions de la République, avec l’Etat, avec les médias, et même avec la vie de nos soldats… bref avec une chose publique, une Res Publica qui, par définition, n’est pas une chose privée ?

Préparons vite l’alternative !

lundi 1 septembre 2008

Pour une Europe que nous choisirons

Debout la République lance une souscription nationale afin de pouvoir présenter dans toute la France des listes républicaines de large rassemblement aux élections européennes de juin 2009.

Euro cher, délocalisations, concurrence déloyale, régression sociale, soumission aux Etats-Unis, mépris du suffrage universel… l’échec des partisans de la supranationalité est flagrant et sans appel.

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Seul un projet véritablement Républicain pourra changer l’Europe et bâtir une union durable et légitime entre ses membres. C’est là, tout le sens de notre combat.

Les élections européennes sont le rendez-vous que nous ne pouvons pas manquer. Aidez-nous en participant à cette souscription nationale afin de bâtir l’Europe tant attendue par les peuples : une Europe confédérale, démocratique, indépendante et qui protège ses citoyens, non les intérêts d’une caste de nantis.

Il est encore temps de sauver la belle idée européenne.

Alors arrêtons de subir et reprenons notre destin en main ! Aidez Debout La République à changer d’Europe !

mercredi 20 août 2008

Afghanistan : la France ne doit pas s’enliser dans un bourbier sanglant

Le 19 août 2008

COMMUNIQUE DE PRESSE

Afghanistan : changer de stratégie ou se retirer

La mort de dix de nos soldats en Afghanistan appelle le recueillement et le respect. Chaque Français ne peut que se sentir solidaire des familles endeuillées, à qui je souhaite adresser mes plus sincères condoléances.

Ce drame démontre que les mises en garde exprimées lors du débat de censure par les opposants à un engagement de troupes françaises supplémentaires dans ce pays, étaient hélas fondées.

La stratégie conduite par les Etats-Unis, dont nous ne sommes que les supplétifs, mène à un bourbier sans issue. La France doit obtenir le changement radical de cette stratégie, comme elle l’avait timidement demandé en marge du sommet de Bucarest, ou alors retirer ses troupes.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député non-inscrit de l’Essonne
Président de Debout la République

Retrouvez des interventions de NDA lors du débat sur la motion de censure, en avril dernier :

- http://www.ndatv.info/article-74-motion-de-censure-intervention-de-nda-sur-le-site-lemondefr.html

- http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/2008/03/28/210-escalade-militaire-en-afghanistan

samedi 16 août 2008

Les relations russo-européennes déterminent aussi l’avenir de l’UE

A l’heure où les combats semblent devoir cesser en Géorgie, il est temps de dresser le bilan et de tirer les conséquences de cette guerre-éclair, qui annonce incontestablement le grand retour de la Russie sur la scène européenne et mondiale.


S’il est trop tôt pour évaluer la part des responsabilités respectives dans le conflit, deux évidences s’imposent : l’armée russe a réagi à une agression géorgienne et Moscou, contrairement aux craintes manifestées par les Etats-Unis et certains pays de l’UE, semble faire preuve de la retenue nécessaire en s’abstenant d’envahir la totalité de la Géorgie et de chasser son président. Des gages ont manifestement été pris sur le terrain, mais il s’agit en tout état de cause pour les Russes de se donner les moyens de négocier en position de force.

Une fois obtenue la cessation des hostilités, si tant est qu’il en soit ainsi, reste à sceller une paix durable entre les deux pays, laquelle pèsera bien entendu sur les relations que la Fédération de Russie entretient avec l’ensemble de ses anciennes républiques et, au-delà, avec l’Europe et le reste du monde.

Concernant le sort des provinces séparatistes de Géorgie, on voit mal comment leurs sincères et légitimes aspirations à l’indépendance vis-à-vis de Tbilissi pourraient être plus longtemps ignorées. Et le précédent du Kosovo empêche désormais les Etats-Unis et l’UE de s’y opposer. Quant à la Géorgie elle-même, si son indépendance doit évidemment être défendue, il lui faudra très certainement changer d’attitude vis-à-vis de son puissant voisin : en effet, sa politique de défiance à l’égard de la Russie, attisée par la perspective de son adhésion à l’OTAN qu’encouragent les Etats-Unis, est un obstacle majeur à la paix dans la région.

Ce constat est bien entendu valable pour toutes les anciennes républiques soviétiques membres de la Communauté des Etats Indépendants (le Biélorussie, l’Ukraine, la Géorgie, l’Arménie, etc.), qui ont acquis leur indépendance au début des années 1990. Au lieu de les intégrer à l’OTAN, qui tend de plus en plus à devenir l’instrument militaire au service des projets d’hégémonie mondiale des Etats-Unis, il serait plus sage d’en faire des Etats tampons entre la Russie et l’UE, avec lesquels Bruxelles pourrait d’ailleurs signer des accords de partenariat privilégié. Cela signifie clairement la garantie de leur indépendance contre leur accession au statut de pays neutres. Cette solution, d’ailleurs réclamée par la Russie elle-même, stabiliserait et désamorcerait la situation dans la zone d’influence de l’ancienne URSS. Ce ne serait pas rien : songeons par exemple que la moitié de la population d’Ukraine est… russe et qu’un affrontement à la géorgienne entre ce pays et la Russie aurait des conséquences incalculables !

A ceux qui agitent l’épouvantail du retour d’un ogre néo-soviétique, il ne sera guère difficile de rappeler quelques vérités : c’est pacifiquement, à la fin des années 1980, que la Russie a renoncé à ses anciens satellites d’Europe centrale et orientale, allant même jusqu’à admettre dans la foulée l’indépendance de républiques soviétiques qui font pourtant partie depuis presque toujours de son aire historique. Ensuite, malgré ses spécificités, la Russie n’a rien à voir avec la dictature oppressive que se plait à décrire une certaine intelligentsia occidentaliste avec la bénédiction du Département d’Etat américain : si les libertés publiques doivent bien entendu faire des progrès en Russie, son peuple - que ça plaise ou non - n’en soutient pas moins ses dirigeants qui lui ont rendu dignité et perspectives de développement économique. Enfin les Russes n’ont pas oublié les drames du XXème siècle et ne semblent pas plus que les autres nations européennes tentés par un impérialisme conquérant.

Les Européens auraient tout intérêt à favoriser la neutralisation stratégique des pays comme la Géorgie, ce qui acterait leur acceptation du retour de la Russie sur la scène internationale, offrirait les conditions d’une paix durable en Europe et ouvrirait la voie à un renforcement des échanges, très riches de perspectives, entre eux-mêmes et les Russes. Pourrait alors émerger cette Europe « de l’Atlantique à l’Oural » qu’avait appelé de ses vœux Charles de Gaulle et dont la seule existence arrêterait l’inquiétante dérive « occidentaliste » de l’UE, principal levier des projets fous de suprématie américaine dans le monde.

Cette voie sera-t-elle choisie par Nicolas Sarkozy ? On doit hélas en douter, la réintégration complète de la France dans l’OTAN, ou la présence de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay, étant plutôt le signe d’un alignement inconditionnel sur les Etats-Unis.

Mais le temps d’une Russie durablement affaiblie par l’implosion soviétique est bel et bien révolu et il faudra désormais compter davantage avec elle. L’Europe aurait tort de lui tourner le dos.

jeudi 14 août 2008

Dérapage des tarifs autoroutiers : NDA demande un gel et une enquête parlementaire

Autoroutes, assez du racket !

La privatisation malencontreuse des sociétés d’exploitation d’autoroutes, en 2006, pour des montants relativement modestes, avait rencontré l’opposition de 7 Français sur 10 et suscité nombre d’oppositions au Parlement, dont la mienne.

Outre le risque de graves sous-investissements dans les infrastructures existantes et à créer, le principal danger était bien entendu le dérapage des tarifs au détriment des usagers et au profit des seuls actionnaires.

Ce qui devait arriver est arrivé, ainsi que l’a sévèrement pointé la Cour des comptes il y a quelques mois, dans un rapport sans ambiguïté aucune : « L’Etat a mal assuré la protection des consommateurs face aux nouvelles sociétés privées concessionnaires. […] Les défauts et l’opacité de mécanismes d’une grande complexité ont permis des niveaux de recettes supérieurs aux tarifs moyens affichés et des augmentations dépassant les hausses autorisées. »

Les automobilistes français, qui ont pour la première fois limité cette année leurs déplacements sur autoroutes, sont tout à fait conscients de cette sorte de racket qui les révolte bien légitimement.

C’est pourquoi je demande au gouvernement qu’il décrète le gel d’un an des tarifs des péages autoroutiers, le temps qu’une Commission d’enquête parlementaire, dont je sollicite auprès du président de l’Assemblée nationale la création dans un courrier ci-joint, puisse faire toute la lumière sur ces scandaleux dérapages

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

mardi 12 août 2008

Ossétie : pour un plan de paix juste et équilibré

Ossétie : il faut d’urgence un plan de paix vraiment équilibré

Plutôt que de s’employer à trouver un consensus très improbable à 27 sur la situation dans le Caucase du sud, le président de la République pourrait prendre l’initiative d’un plan de paix équilibré en y associant l’Allemagne et l’Italie, deux pays qui comme la France ont une vision raisonnable de la place de la Russie en Europe.

Ce plan équilibré comprendrait les points suivants :

- l’évacuation complète des troupes géorgiennes des provinces séparatistes ;

- la cessation immédiate des hostilités de la part de la Russie ;

- l’engagement que la Géorgie n’adhérera pas à l’OTAN ni à l’UE ;

- à moyen terme, la neutralisation des pays riverains de la Fédération de Russie (Ukraine, Biélorussie, Géorgie, pays d’Asie centrale), seule politique à même d’apaiser durablement les craintes légitimes de la Russie vis-à-vis de stratégies d’influence extérieures dans son aire historique.

Ainsi, il n’est que temps pour l’Europe de se désolidariser de la politique de grignotage que mène méthodiquement Washington depuis la chute de l’URSS, en vue d’encercler et d’affaiblir la Russie, puissance nécessaire à la prospérité de l’Europe et à l’équilibre international.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député gaulliste de l’Essonne
Président de Debout la République

jeudi 7 août 2008

Soljenitsyne, conscience du XXème siècle, oracle du XXIème ?

Avec la disparition de Soljenitsyne, c’est toute une époque du XXème siècle qui s’achève. Une époque à la fois lointaine pour les jeunes générations qui ne connaissent la Guerre froide que dans les livres, et proches pour celles, auxquelles j’appartiens, qui ont été contemporaines des bouleversements de la fin des années 1980.



Je n’oublierai pas de sitôt la lecture du « Premier cercle », le livre de Soljenitsyne qui m’a le plus marqué. Je n’oublierai pas non plus le courage héroïque de tous ces dissidents qui, en Russie, Pologne, Tchécoslovaquie, etc. défiaient pour ainsi dire à mains nues, avec leurs seuls mots et leur intransigeance, un système de fer communiste capable, en un clin, d’œil de les exiler, les emprisonner ou pire encore.



Quelle plus belle illustration que les combats justes, même portés par des individus isolés, peuvent parfois l’emporter à force de ténacité ? Soljenitsyne était convaincu que l’URSS s’effondrerait de son vivant. Ainsi que de Gaulle, il en pressentait la chute car comme lui, il voyait loin et haut, comme lui, il ne négligeait pas les forces profondes de l’histoire si souvent ignorées de nos jours. « Le communisme passera, la France ne passera pas » affirmait le Général dans les années 60, sous les sarcasmes des « sachant » de l’époque et autres soviétologues patentés…



Soljenitsyne a puisé les ressorts de son œuvre et de son combat contre l’oppression dans un attachement quasi charnel à son pays, la Russie, dont il connaissait l’histoire sur le bout des doigts, au point d’en incarner l’âme. Il avait compris, mieux que quiconque, que la force spirituelle de ce grand pays lui permettrait de surmonter un communisme barbare, nouvelle épreuve après tant d’autres, depuis les invasions tatares jusqu’à la sauvage agression hitlérienne.



Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur les dernières années de sa vie, sur certaines de ses prises de positions (parfois discutables), et plus encore sur ses bonnes relations avec les nouveaux maîtres du Kremlin, malgré leur passé de hiérarques soviétiques. Sur le dernier point, le paradoxe n’est qu’apparent car, justement, des hommes comme Vladimir Poutine (à l’inverse de Boris Eltsine) incarnent cette continuité de la Russie et de son Etat fort, ce souci de l’indépendance et de la dignité nationales.

A cet égard, la disparition de Soljenitsyne est l’occasion de se pencher sur les malentendus entre l’Europe - et plus particulièrement entre la France - et la Russie : il est triste de voir combien la France d’aujourd’hui néglige sa relation bilatérale avec Moscou, qui aurait pourtant vocation à devenir une alliance géostratégique. La Russie n’est plus un ennemi, elle est redevenue la salutaire puissance d’équilibre qui, avec quelques autres pays, empêchent l’émergence d’un monde dominé par une seule superpuissance.

Inventer cette relation nouvelle et riche de très nombreuses promesses, obligerait en réalité la France à repenser son rôle international qui ne devrait plus être uniquement communautaire. La normalisation euro-atlantique de notre pays par le truchement d’une Union européenne fédéraliste, post-nationale et otanienne, d’une Europe qui bouche notre horizon mondial, participe grandement à l’affadissement - pour ne pas dire au déclin - du génie national. Mais n’était-ce pas là, d’ailleurs, l’une des manifestations de la critique adressée par Soljenitsyne à un Occident affaissé dans un matérialisme sans foi ni âme ?

lundi 4 août 2008

Premières vacances depuis bien longtemps

Enfin quelques jours de vacances… La fréquence de ces blogs sera un peu allégée, ne m’en voulez-pas. Il faut bien laisser reposer son esprit ! Dernière anecdote : en arrivant en Italie, je vais acheter deux paninis dans une épicerie et je commence à discuter avec la patronne. Au bout de quelques instants, elle me dit qu’elle n’a jamais aussi mal travaillé. Les touristes partent davantage aux Etats-Unis qu’en Europe et depuis qu’il y a l’Euro, les Italiens sont malheureux. Je ne l’ai malheureusement pas inventé…


Il est vrai que les hôtels sont à moitié vides et que l’économie Italienne n’a jamais autant souffert de la surévaluation de l’Euro. Si notre toujours plus cher Monsieur Trichet, président de la Banque centrale européenne, sortait de ses palaces dorés, ne serait-ce qu’une journée, pour rencontrer les Français, les Italiens, les Espagnols… il comprendrait peut-être mieux à quel point son Euro cher ressemble aux saignées du bon Docteur Diafoirus de Molière. Le mal qui touche les Européens, quant à lui, est bien loin d’être imaginaire… Bonnes vacances à tous et à très bientôt.

Debout la Belgique française !

Le Figaro

Les quatre devoirs de la Belgique française

01/08/2008 Par Daniel Ducarme, ministre d’État belge, député de Bruxelles.

Près de la moitié des Wallons 49 % sont favorables à une association avec la France. 60 % de Français sont ouverts au rattachement francophone belge. Ces chiffres d’un sondage Ipsos claquent comme un coup de tonnerre estival. C’est une tendance lourde dans l’opinion. Elle oblige à la réponse politique. Personne se sait exactement de quoi demain sera fait. Mais une certitude s’impose : rien ne sera plus comme avant. L’opinion francophone vient en boomerang aux excès flamands. Une année s’est écoulée depuis les dernières élections fédérales belges. Au Parlement, la Flandre a usé de la loi du nombre contre les francophones. Refusant la nomination de maires démocratiquement élus, elle bafoue les règles du droit électoral. Les exigences linguistiques en périphérie bruxelloise sont des intransigeances sectaires. Dans tous les dossiers, la Flandre jette aux orties la « loyauté fédérale ». Les francophones prennent acte du rejet flamand. Ils refusent de se laisser gifler plus encore. Avec sérénité, ils décident de dépasser les interdits, les a priori, les tabous. Décomplexés, ils relèvent le gant pour prendre leur destin à bras le cœur. Une page est tournée. La feuille blanche est à écrire. Quatre devoirs attendent les francophones de Belgique : la clarté, la solidarité, l’effort, l’anticipation. La clarté est un impératif pour affirmer notre identité, en utilisant les mots justes. Prénom : Belgique. Nous sommes de Belgique comme d’autres sont de Normandie, d’Avignon, de Picardie, de Provence, de Bretagne ou de Polynésie. Nom : française. Mieux que d’expression francophone, nous sommes de culture française, avec nos valeurs, la primauté du droit des personnes, une certaine idée du rôle et des missions de l’État. Nous sommes la Belgique française, que ce soit dans une confédération « à la belge », en entité institutionnelle indépendante ou en association avec la France. La solidarité est un devoir pour tous les francophones de Belgique. Elle concerne les Wallons et les Bruxellois, a fortiori les francophones de la périphérie bruxelloise. L’identité de Belgique française vaut pour tous les francophones. Peu importe les oukases flamands, l’absolue fermeté est nécessaire. C’est un choix éthique, avec le grand Bruxelles en métropole. Avec dynamisme collectif et responsabilité individuelle, l’effort s’impose pour assumer les politiques à mettre en œuvre ; tant pour l’économie, la solidarité sociale, l’enseignement et la culture que les dépenses publiques, la justice ou l’ordre public. La liberté vient toujours en lettres d’efforts. L’émancipation a ses parts de joies et de contraintes, de plaisirs et de douleurs. Une loi organique instituant la Belgique française ne suffira pas. Des réformes radicales sont incontournables pour conduire une politique réformatrice. Le devoir d’anticipation est le plus délicat. L’accueil des Français est de plus en plus ouvert. Il accrédite le partage d’une citoyenneté commune dans l’espace de francophonie internationale. Il vient en prolongement d’une vie quotidienne déjà bien semblable, avec un même organisme bancaire pour les villes et les communes, un même outil industriel de politique énergétique, un même espace audiovisuel, des enseignes commerciales aux mêmes couleurs… Nous savons que la construction européenne se poursuivra avec un rôle renouvelé et renforcé des grandes nations. Les grands pays fixeront la place de l’Europe dans la mondialisation. J’ai la conviction que la Belgique française doit anticiper son avenir, celui de ses jeunes générations, en association avec la France. Je souhaite ardemment que la Belgique française aille au bout de sa logique. Il serait bien que la France nous reste attentive et que la Belgique française prenne la voie la plus directe en évitant les chemins sans issue. Et à l’intelligence populaire de faire les choix. Par voie référendaire.

mardi 29 juillet 2008

Quand les actionnaires se nourrissent de nos institutions locales

« Le Monde », 17 juillet 2008 La crise du crédit est en train de s’étendre aux collectivités locales. Selon l’étude de l’agence de notation financière Fitch publiée mercredi 16 juillet, un quart des 105 milliards d’euros empruntés par les communes, départements et régions le sont dans le cadre de prêts complexes dont certains subissent, depuis 2007, une très forte hausse de leurs taux. Environ 20 à 25 milliards de prêts particulièrement risqués entraînent certaines communes dans « une fuite en avant ». (…)

Le mécanisme est souvent le même : le crédit est consenti dans un premier temps à un taux bonifié voire nul, donc extrêmement favorable, puis bascule vers un taux dit « dégradé ». Celui-ci est censé compenser les avantages de la première période, à un niveau inconnu à l’avance et fixé en fonction de critères variés : taux de l’argent, inflation ou différentiel d’inflation, taux de change entre deux ou trois monnaies, écart entre taux à court et long terme…

La première phase permet, bien sûr, des économies d’intérêts, bienvenues le temps d’un mandat électoral, repoussant à plus tard la vérité des coûts ou tablant sur une improbable baisse des taux. Mais c’est l’inverse qui s’est produit ! « Les banquiers présentent des simulations sur vingt ans, avec des hypothèses d’évolution de taux très favorables, et se gardant bien d’envisager un scénario pessimiste », raconte Jacques Descourtieux, directeur général de Finance Active. Ce prestataire qui met à la disposition de ses 1 500 collectivités locales abonnées des outils informatiques pour gérer leur dette dispose, ainsi, d’un observatoire privilégié de l’endettement local. « Dès 2005, nous alertions sur les dangers de ces produits et déconseillions de les souscrire », précise-t-il.

Ainsi, une communauté de communes rurales de 6 000 habitants a pu accumuler une dette de 74 millions d’euros et s’est vu proposer, par la banque Dexia, un emprunt de restructuration. Son taux est passé brutalement de 5,3 %, les premières années à 8,68 % en 2008, doublant ses frais financiers. « Le piège, c’est qu’une fois la période du taux bonifié passée, l’emprunteur ne peut se défaire de son prêt, sauf au prix d’indemnités exorbitantes ou à renégocier un prêt encore plus risqué. » (…)

Les hôpitaux et les organismes HLM ont, eux aussi, souscrit de tels prêts, avec les mêmes conséquences. Le 27 mars, le tribunal de commerce de Toulouse condamnait la Caisse d’épargne et Ixis à verser une provision de 600 000 euros de dommages et intérêts au bailleur social Patrimoine SA Languedocienne, pour compenser les pertes subies, et pointait le manquement du banquier à son obligation de mise en garde vis-à-vis d’un prêt jugé spéculatif. Les banques ont fait appel. La fragilisation des finances des collectivités locales n’en est qu’à ses débuts : « Peu de collectivités font banqueroute mais les budgets locaux sont de plus en plus tendus », explique David Diano, directeur du secteur des finances publiques internationales chez Fitch.

Isabelle Rey-Lefebvre

Affaire Tapie /Crédit Lyonnais : une nécessaire commissionAffaire Tapie /Crédit Lyonnais : une nécessaire commission

Par Nicolas Dupont-Aignan,
Dans les années 80, Bernard Tapie nous présentait l’émission « Ambitions » sur TF1, afin de réconcilier les Français avec le monde de l’entreprise et leur apprendre à être « des faiseurs de fric » par l’initiative, la prise de risque et l’investissement personnel…


22 ans après, ces beaux principes sont battus en brèche puisqu’il semble plus efficace d’entretenir un réseau de connaissances et de connivences au sommet afin d’accomplir cette ambition de fortune.

L’arbitrage qui vient d’être rendu mérite une commission d’enquête car il s’agit, ne l’oublions pas, de renflouer une fortune privée avec de l’argent public. Un « Etat en faillite », des « caisses vides »… sauf en ce qui concerne l’augmentation du pouvoir d’achat de M.Tapie. Les Français qui ne peuvent partir en vacances, faute de moyens suffisants, apprécieront.

mardi 22 juillet 2008

TÉLÉMATIN FRANCE2 22 JUILLET 2008











http://www.marianne2.fr/Constitution-Dupont-Aignan-denonce-les-pressions_a89493.html

Congrès de Versailles : la tambouille de la IVème République

A une voix seulement, le congrès de Versailles vient de donner le deuxième coup de grâce (après celui du quinquennat) à notre Vème République.

Certes, il ne s’agit pas de la réforme du siècle. Pour autant, on détricote un peu plus l’œuvre du Général De Gaulle et de Michel Debré, qui avait apporté cinquante ans de stabilité institutionnelle.

Comme pour le quinquennat, il s’agit a priori d’une modernité. Mais en vérité, cette réforme déséquilibre les institutions, efface un peu plus le Premier Ministre, supprime l’obligation de référendum pour l’adhésion de nouveaux Etats dans l’Union Européenne, renforce la présidentialisation du Régime.

On y parle des droits du Parlement. Tout cela est bien factice quand on sait qu’un seul parti a la majorité absolue des sièges de l’Assemblée Nationale, et qu’il est directement piloté depuis l’Elysée. En vérité, le Général De Gaulle avait voulu lutter contre le Régime des partis et son lointain successeur, lui, reconstruit le régime du Parti.

La manœuvre est surtout politicienne. Il s’agit de faire croire aux Français que le Parlement est revalorisé et que Nicolas Sarkozy est un grand démocrate. Si vraiment le Président de la République avait voulu démocratiser la Vème République, il avait l’embarras du choix : instiller une dose de proportionnelle pour rétablir le multi-partisme, lutter contre le cumul des mandats, mieux contrôler les directives de Bruxelles, et surtout faire usage du référendum.

Mais le président essaie davantage les manœuvres d’appareil, les petits chantages sur Députés et Sénateurs un peu lâches, les récompenses pour les radicaux toujours prêts de l’assiette au beurre, les petites combines pour que Bernard Tapie retrouve sa fortune, les protections pour que Jacques Lang continue de briller…

Cette après-midi à Versailles, il régnait un étrange parfum de IVème République.

Pendant ce temps, les problèmes de la France ne sont pas vraiment traités, on reste dans l’apparence, les effets de show biz, les pressions sur les médias.

Tout cela ne peut pas durer, les Français ne méritent pas cela.

Honneur aux quelques députés de la majorité, vrais gaullistes, qui n’ont pas cédé. Ce sont eux qui reconstruiront la France quand la tornade sarkozienne sera passée.
Vote
http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo9001.asp

mercredi 16 juillet 2008

Si les Irlandais revotent, n’hésitons plus et faisons revoter pour l’élection du Président de la République Française !

Par Nicolas Dupont-Aignan,
Le bras de fer entre les peuples européens et les dirigeants eurobéats continue. En effet, Nicolas Sarkozy a annoncé aujourd’hui à l’Elysée, devant les députés UMP, que « les Irlandais devront revoter » sur le traité de Lisbonne, lequel n’en finis pas de mourir.

En parallèle, tous les spécialistes inféodés à la technocratie bruxelloise cherchent un moyen efficace pour contourner le « NO » de ce peuple souverain.

Le président en exercice de l’UE se rend-il compte de ce qu’il est en train de faire ? De l’impasse dans laquelle il conduit l’Union européenne ?

Quand on ne respecte pas le suffrage universel, on perd toute légitimité politique et donc toute capacité d’action collective.

De plus, si l’on remet en cause l’expression du suffrage Irlandais, alors quid du suffrage français de 2007 ? En quoi ce dernier serait-il plus légitime que celui de nos voisins irlandais ? On le voit bien, avec ce type de raisonnement, la démocratie se retrouve vidée de sa substance.

Ainsi, c’est la belle idée européenne, elle-même, qui se trouve menacée par cet entêtement contraire aux valeurs démocratiques élémentaires.

Les élections de juin 2009 constitueront le référendum refusé aux peuples par Nicolas Sarkozy.

vendredi 11 juillet 2008

Discours devant le parlement européen : l’impasse Sarkozy

Par Nicolas Dupont-Aignan,

C’est en parallèle de la très médiatique sortie de l’album de la «première dame » que Nicolas Sarkozy a lui aussi essayé de vendre son disque, rayé, sur l’avenir de la construction européenne devant le parlement de Strasbourg.

Enfilant les perles avec minutie, il a, entre autres, déclaré :

* qu’il n’y aura pas de renégociation du traité de Lisbonne, confirmant ainsi l’aveuglement des élites face à la volonté des peuples.
* que les élections de juin 2009 pourraient se faire « sur la base du traité de Lisbonne … » donc en dehors de tout cadre légal, « …ou du traité de Nice ». Comme ça il était à peu près sûr de ne pas se tromper.
* que la défense européenne sera pensée avec l’OTAN comme symétrique ("Ce n'est pas l'OTAN ou la politique européenne de défense, c'est les deux"), parachevant la mise sous tutelle américaine de la politique européenne de défense. Gorges Bush saura apprécier…
* que la retraite et la santé sont d’abord de dimension nationale, enterrant temporairement le serpent de mer de l’Europe sociale qui ne manquera pas d’être exhumé par le PS, l’UMP et les centristes lors des prochaines élections européennes.


Fidèle à lui même, le président Sarkozy a caressé dans le sens du poil les eurocrates qui n’en demandaient pas tant, notamment sur l’élargissement sans fin de l’UE, annonçant l’intégration prochaine de la poudrière Balkanique. N’oubliant pas son habituel poncif de la critique au tilleul menthe de la BCE, il s’est bien gardé de dire quelle solution politique concrète est envisageable pour éviter à l’Euro d’aller dans le mur. La seule chose sensée qu’a déclaré le Président à Strasbourg, est que ce n’est pas à la Chine de fixer son agenda. Il a raison, les USA s’en occupent déjà très efficacement.

L’Europe est une chose bien trop sérieuse pour la laisser aux mains des eurobéats. Malheureusement, Nicolas Sarkozy s’inscrit dans le chemin tracé par les oligarchies non élues, confirmant ainsi l’inutilité de sa présidence … européenne bien entendu.

Les futures élections européennes constituent le grand rendez-vous qui permettra aux citoyens de désavouer clairement cette politique spectacle.

Le Livre noir de la Défense.

Tribune publié dans Valeurs Actuelles, le 10 juillet 2008

Le Livre blanc, qui fixe la doctrine et les priorités pluriannuelles des armées, est un document important versé au débat essentiel sur la Défense nationale, garantie de notre sécurité et levier de notre politique étrangère.

De ce point de vue, le Livre blanc 2008 renouvelle la pensée stratégique française, en définissant les nouvelles menaces qui pèsent sur notre pays et en pointant sans tabou les insuffisances – retard d’investissement, saupoudrage géographique des forces de projection,… - que l’on a laissé au fil du temps se développer dans les armées. Il reprend ainsi à son compte la préoccupation légitime de l’adaptation et de la rationalisation de l’outil de défense, afin de lui ménager des marges de manœuvre et une capacité nouvelle de redéploiement. Il en énumère également les priorités : l’anticipation, la dissuasion, la protection, l’intervention, l’interopérabilité et le renseignement.

« Objectif atteint », serait-on ainsi tenté de dire à ce stade de l’analyse. Hélas, cet authentique Livre blanc pour ce qui concerne le diagnostic, vire étrangement au noir dès lors qu’on se penche sur les solutions qu’il préconise… Comme pris de schizophrénie, il propose deux orientations totalement contradictoires avec la diversité des menaces qu’il détaille.

La première est la réduction du format des armées. Déjà diminuée après la réforme de la professionnalisation initiée par Jacques Chirac, la défense de notre pays serait sérieusement amputée si l’on suivait ses propositions.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si l’on mettait en œuvre les prescriptions du Libre blanc (stabilité des dépenses militaires en volume jusqu’en 2012, augmentation d’1% par an au-delà), notre effort de défense baisserait de 2,41% du PIB aujourd’hui, à 2% dans 5 ans. Nous nous placerions alors dans la division de l’Allemagne et de l’Italie. Car n’oublions pas que si l’on ôte les pensions (8,92 milliards d’euros, soit 0,48% du PIB) et les dépenses de la gendarmerie (5 milliards d’euros, soit 0,27% du PIB), nous nous situons aujourd’hui, en comparaison OTAN, seulement à 1,64% du PIB. Dans 5 ans nous serions descendus à 1,22%, soit à peine le niveau de l’Allemagne mais avec des obligations opérationnelles bien plus lourdes.

L’accent légitime porté sur le renseignement et le spatial sur lequel le Ministère a habilement communiqué ne suffira pas. En effet, comme l’affirment les militaires eux-mêmes : « Savoir sans pouvoir, ne sert à rien ». Abandon aux calendes du second porte-avions, réduction de notre aviation de combat, diminution importante de notre présence en Afrique (le « continent de l’avenir ») ou encore cure d’amaigrissement sans précédent de l’armée de terre, la France ne pourra plus jouer son rôle.

La seconde faute, cohérente d’ailleurs avec la première, est la réintégration complète de la France dans l’organisation militaire de l’OTAN. Une réintégration dont on ne voit pas les avantages mais dont on ne connaît que trop les inconvénients.

Les bénéfices sont inexistants car ce retour est précipité et contraint par l’impasse budgétaire. Et quel sera le poids d’une France qui réduit son effort de défense par rapport à un Royaume-Uni qui l’augmente ?

Comment ignorer que la contrepartie sine qua non réclamée initialement sur l’Europe de la Défense, a disparu ? Comment ne pas s’interroger, à l’instar d’Alain Juppé, sur ce qui ressemble de plus en plus à un marché de dupes ?

Alors même que nous sommes déjà acteurs de l’Alliance atlantique, avait-on besoin de donner davantage de gages à une organisation dépassée, devenue au fil du temps une police internationale aux ordres de Washington ?

Le Général de Gaulle avait anticipé, il y a 50 ans, l’avènement d’un monde multipolaire. C’est pourquoi il avait voulu que la France se dote des moyens industriels, scientifiques et militaires à la hauteur d’une politique étrangère indépendante et s’adressant à tous les peuples de la Terre.

Ce monde apparaît sous nos yeux, il a besoin plus que jamais - l’affaire irakienne l’a prouvé - d’une France libre et d’une Europe indépendante… Et que faisons-nous ? Par faiblesse, nous réduisons la voilure et confions à d’autres le fardeau !

Comment les Français, et surtout les autres Européens, se convaincront-ils de la nécessité d’un effort de défense ambitieux, dès lors que la France, en principe la première avocate de cette politique, y renonce elle-même ? Contresens historique et politique total ! Comme je l’ai indiqué lors de mon intervention à l’Assemblée nationale (à lire ICI) , une autre politique de la Défense est pourtant possible…

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste l’Essonne Président de Debout la République

lundi 23 juin 2008

Après le non irlandais, les langues commencent aussi à se délier dans les médias…

Le coup de force du traité « simplifié »

Les Echos, 20 juin 2008 A quoi bon invoquer la démocratie si on croit que les électeurs ne voient pas ce qui crève les yeux ? Ce qui est en train de vider de son contenu la construction européenne, traité de Lisbonne ou pas, n’est pas un déficit de démocratie. Le problème inquiétant est que, lorsqu’on la met en pratique, on ne sait plus à quoi sert la démocratie. L’interprétation qui fut donnée il y a trois ans par tous les gouvernements européens - mais aussi par la grande majorité des médias - des référendums français et néerlandais qui enterrèrent le projet de Constitution en est la parfaite (et triste) illustration. La même cécité mentale est en train de se reproduire à propos de celui qui vient d’avoir lieu en Irlande. Le point commun des commentaires tant officiels que médiatiques est de se cantonner dans une analyse sociologique des votes. Cela conduit, sous prétexte d’objectivité, à introduire subrepticement une hiérarchie entre les électeurs. Exemple caricatural de cette dérive, les « nonistes » de tout poil étaient récemment présentés dans un grand journal du matin comme « l’addition des mécontents, aux motivations disparates et contradictoires ». Dans la même veine, on découvrirait (peut-être) que, parmi ceux qui font appel systématiquement au recours d’un psy, le vote négatif est plus fréquent que le vote positif. Quel qu’en soit par ailleurs l’intérêt, ces différentes grilles de lecture n’ont absolument rien à voir avec la nature du problème posé. En participant à une consultation électorale, quelle qu’elle soit, les citoyens accomplissent un acte politique. La conscience politique est indépendante du niveau des connaissances et du positionnement dans la société. Jusqu’à une époque récente, elle était en France plus développée à gauche qu’à droite, dans le peuple que dans la bourgeoisie bien-pensante. L’exercice de la démocratie repose tout entier sur cette hypothèse : toute élection revenant à poser une question politique (comment conduire les affaires de la cité ?), il est supposé que l’électeur lui donnera une réponse politique. Feindre de confondre son jugement avec ses états d’âme est un déni de politique. Le traité de Lisbonne est calqué sur feu le projet de Constitution. Où s’exercera la démocratie en Europe ? Le texte répond : partout ! Mais il se contredit. Quelques semaines avant sa mort, Raymond Barre déclarait en substance : au mieux, l’Europe formera une confédération d’Etats. Et si les peuples, quand l’occasion leur est donnée de s’exprimer sur le sujet, avaient déjà tranché dans ce sens ? Certains diront que les peuples sont en retard. Où sont les combattants d’arrière-garde ? En quoi a consisté la relance du processus européen que Nicolas Sarkozy s’est attribuée, mais qui doit beaucoup à la diplomatie d’Angela Merkel ? Le « rapport d’information » présenté le 8 janvier de cette année à l’Assemblée nationale par le député UMP Pierre Lequiller en décrit bien l’esprit (pour mieux l’approuver). Le président de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne part de l’idée que, dans son état actuel (codifié par le traité de Nice du 11 décembre 2000), le système de décision est affecté d’une « excessive rigidité ». Comme il se doit à ce propos, le rapporteur dénonce à son tour ce qu’il appelle « l’exigence d’un très haut degré de consensus », laquelle, selon lui, « freine indéniablement l’Union et affadit ses actions au moment même où le besoin d’Europe devient criant et appelle des choix ambitieux et efficaces. Il n’est ainsi pas possible aujourd’hui d’avancer substantiellement vers une gestion commune de l’immigration dans un système qui fait tant de place à l’obstruction des moins volontaires ». Allusion à la part supposée trop grande accordée au principe de l’unanimité. Pas besoin d’être du camp des souverainistes, ces rêveurs, pour mettre en doute l’alpha et l’oméga de la doctrine à dominante fédéraliste : par définition, toute extension du domaine où les décisions sont prises à la majorité qualifiée est une « avancée » dont on doit se réjouir. Outre le fait que l’électeur de base est ainsi appelé à se réjouir du recul de sa capacité d’influence (selon les cas, supprimée ou diluée), l’argument est entaché de contradictions. D’abord, tout ce qui s’est fait de grand et de moins grand au sein de l’UE l’a été par consentement mutuel. Le traité de Lisbonne le reconnaît à sa manière : le Conseil européen (chefs d’Etat et de gouvernement), l’organe d’impulsion, continuera à fonctionner sur la base du consensus. Ensuite, les pays qui risqueraient d’être mis en minorité sur les questions d’importance (l’immigration par exemple) ont déjà obtenu la clause d’« opting out ». Ils (Royaume-Uni, Danemark, etc.) ont obtenu une dérogation. Dérisoire, mais dangereuse, apparaît la démarche qui a conduit (entre autres) Nicolas Sakozy à proposer un traité qu’il est le seul à qualifier de « simplifié ». Il a repris sans modifications (sauf, le cas échéant, pour les renforcer) les « remèdes efficaces et ambitieux » qui figuraient dans le projet de Constitution, en les présentant sous un autre nom de consonance moins constitutionnelle (le ministre des Affaires étrangères de l’Union est appelé « haut représentant »…). Le coup de force a consisté à supposer comme allant de soi que « les motifs de refus n’ont pas porté sur les institutions à proprement parler » (rapport Lequiller). Mais le coeur du projet de Constitution, c’était précisément des institutions centrales beaucoup plus puissantes, mais pas forcément plus ordonnées. L’Union sera pourvue non pas d’un mais de deux présidents : celui du Conseil européen et celui de la Commission). Le Parlement et la Commission seront installés en même temps pour cinq ans. Ils formeront un bloc de caractère fédéral, par construction en concurrence avec les autorités nationales. Tout cela se retrouve tel quel dans le traité de Lisbonne soumis à ratification. Il est écrit dans le rapport déjà cité que « le Parlement européen devienne pleinement colégislateur n’a guère fait couler d’encre. Au fond l’architecture institutionnelle est, avec la Charte des droits fondamentaux, la partie de la Constitution qui a le moins fait l’objet de critiques et, par conséquent, de rejet [par le référendum de mai 2005] ». Seulement voilà, les électeurs lambda s’expriment non pas avec de l’encre, mais avec un bulletin déposé dans l’urne. Sur un point, ils ont pu être abusés : sur la charte. Les dispositions sur le « droit au mariage » sont dictées par le lobby homosexuel (gageons qu’il ne représente pas la majorité de cette minorité sexuelle). Il y est aussi question du « droit des enfants ». Quel recul de la civilisation. Depuis l’Antiquité, il était admis que les relations de parenté étaient régies non pas par le droit mais par l’amour.

PAUL FABRA

dimanche 15 juin 2008

Circulez, il n’y a rien à voir !

Le vendredi 13 juin 2008 marquera l’histoire de l’Europe. Un peuple libre, profondément attaché à son indépendance malgré la campagne d’intimidation de ses voisins et de ses dirigeants, a clairement refusé ce traité incompréhensible et dangereux pour sa démocratie nationale. Je me souviens des sourires entendus y compris chez ceux qui avaient en 2005 défendu le NON en France quand je suis revenu d’Irlande le 29 mai dernier « Ce pauvre Dupont-Aignan, comment peut-il y croire encore ? »

Dans la vie politique quand l’essentiel est en jeu, il faut pourtant toujours persévérer. Le NON l’a emporté en Irlande, comme en France d’ailleurs en 2005, car là-bas des femmes et des hommes libres ont eu le courage de défendre leurs convictions, leur idée de leur pays plutôt que les intérêts propres.

Il suffisait hier d’écouter les radios et les télévisions pour remarquer qu’une fois de plus la plupart de nos élites n’avaient rien compris. La déclaration de M. Barosso symbolise ce mépris du peuple et de la démocratie.

Circulez, il n’y a rien à voir ! Un mélange d’Ancien Régime et de réflexe brejnévien.

L’argument sur la disproportion entre le refus des 4 millions d’Irlandais et la ratification probable dans 26 pays représentant 490 millions d’habitants ne tient pas un instant. Ces 26 ratifications ne sont que parlementaires, les peuples étant volontairement court-circuités. Le processus est ILLEGITIME. La preuve, les parlementaires français et hollandais ont voté un texte quasi identique à celui rejeté massivement par les peuples des deux pays.

En vérité, les dirigeants européens ont bâti un système politique hors sol, sans responsabilité démocratique. Messieurs Barosso et Trichet en sont les purs représentants. Les chefs d’Etats et de gouvernements épousent cette dérive oligarchique par inconscience ou intérêt. Mme Merkel y voit l’Allemagne accroitre son système d’influence. Nicolas Sarkozy imagine rendre inéluctable en France le modèle anglo-saxon qu’il chérit. Pour la vie des peuples, leur pouvoir d’achat, leur emploi, leur alimentation, leur environnement, qu’importe la réalité, la propagande est chargée de faire croire que tout va bien.

Mais les faits sont têtus … les citoyens, et c’est le miracle de la démocratie, comprennent bien que cela ne marche pas. Ils voient bien que le système sert les intérêts de certains plutôt que ceux du plus grand nombre : OGM imposés en plein champ, délocalisations d’Airbus aux Etats-Unis, Euro surévalué, pêcheurs sacrifiés, les exemples ne manquent pas !

Mais puisque les dirigeants ne veulent pas ouvrir les yeux, à nous, lors des élections européennes de juin 2009, de convaincre les peuples d’Europe qu’une autre voie est possible. Le combat continue.

NON en Irlande : Débat Lamassoure/NDA

jeudi 5 juin 2008

10 propositions pour une énergie pour tous !

Energie : 10 propositions pour sortir de l’impasse

Hausse du prix de l’essence, du gaz, de l’électricité, des produits alimentaires… les Français sont confrontés à une érosion dramatique de leur pouvoir d’achat.

Et nos compatriotes oscillent entre mécontentement, désarroi et résignation. Pourquoi ce qui a été possible pour alléger l’ISF ne le serait-il pas pour les professions frappées de plein fouet pas la flambée des prix des carburants ? A cet égard, les mesures annoncées aujourd’hui par le Gouvernement ne sont manifestement pas à la hauteur de l’enjeu.

J’avance avec Debout la République des propositions ambitieuses et concrètes qui permettraient enfin de sortir de l’impasse. Il s’agit de mesures à la fois à effet immédiat pour les professions sinistrées, à effet durable pour garantir dans le temps des prix corrects de l’énergie et à vocation structurelle pour parvenir à une moindre consommation énergétique.

Répondre à l’urgence :

- Exonérer, de manière dégressive, de TVA sur les carburants pendant 3 à 6 mois les professions surexposées à la flambée du prix de l’essence.

- Créer une Commission d’enquête parlementaire pour établir en toute transparence la vérité sur les causes de cette flambée des prix, les explications apportées par l’Etat-actionnaire, les pétroliers et les énergéticiens n’étant pas convaincantes. Pourquoi cette différence entre l’augmentation, largement amortie par le taux de change, du prix du baril de brut (de l’ordre de 15% en huit ans) et la flambée des prix des carburants – près de 70% sur la même durée pour la gasoil !

Garantir durablement des prix corrects et transparents aux Français :

- Garantir aux professions surexposées des prix réglementés des carburants et, à terme, à tous les Français.

- Rétablir d’ici là la TIPP flottante.

- Faire financer par l’ensemble des entreprises pétrolières intervenant en France, au prorata de leur chiffre d’affaire, une augmentation des capacités de raffinage du pays pour exercer une pression à la baisse sur les prix.

- Créer une commission nationale de fixation des tarifs réglementés des produits pétroliers, du gaz et de l’électricité, où siègeront les représentants de l’Etat, les énergéticiens, les élus et les associations de consommateurs.

Agir de manière structurelle pour diminuer la consommation de produits pétroliers et rétablir l’abondance d’électricité en France :

- Relancer l’industrie électronucléaire.

- Inciter fiscalement au remplacement des véhicules des particuliers et professionnels par des véhicules à basse consommation en carburant ou à énergie non-fossile.

- Déduire de la taxe foncière le coût d’acquisition d’équipements énergétiques à faible consommation en fioul ou fonctionnant aux énergies renouvelables.

- Mettre en œuvre une diplomatie efficace vers les grands pays producteurs d’hydrocarbures susceptibles de fournir la France à moindre coût (Russie, Venezuela,…), pour assurer au pays des contrats à long terme avantageux.

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Député gaulliste de l’Essonne

Président de Debout la République

Revue de presse
La BCE prête à relever ses taux en juillet pour contrer l'inflation


Le pétrole rebondit avec la baisse du dollar

crise de l'énergie : double jeu de l'Etat ?

Par Nicolas Dupont-Aignan,

Aujourd’hui alors que la flambée prévisible des cours du pétrole étrangle nos concitoyens, le gouvernement mais aussi la plupart des partis politiques semblent résignés. Coincés entre le marteau des pays producteurs et l’enclume des contraintes bruxelloises, ils semblent totalement indifférents au profond désarroi de nos compatriotes.

Et pourtant il est possible d’agir. En 2003 dans l’indifférence générale, Debout la République avait publié un mémorandum plaidant pour le renouveau de notre politique énergétique, depuis trop longtemps à la dérive.

Agir tout d’abord à court terme pour alléger la facture des professions les plus pénalisées et éviter ainsi la mise en faillite de bon nombre de pêcheurs, routiers ou agriculteurs. N’attendons pas Bruxelles et décidons vite, par exemple une exonération de TVA. La survie de dizaine de milliers de professionnels vaut bien le soin apporté aux contribuables assujettis à l’ISF !

Mais il ne faudra pas en rester là : toute la vérité devrait être faite sur l’écart inexplicable entre la flambée des prix à la pompe et à la cuve d’une part, et celle, d’autre part des cours du pétrole brut dont le coût aurait dû, pourtant, être largement amorti par l’appréciation très forte de l’euro face aux autres devises internationales. Mon collègue le Député du Pas-de-Calais, Jean-Pierre Kucheida, a ainsi calculé que l’augmentation du baril en euros réels (c'est-à-dire en intégrant l’appréciation de ce dernier sur le marché des changes) est de 15,5% entre 2000 et 2008, tandis que l’augmentation du gasoil sur la même durée dépasse les… 70% !

Où donc est passée la différence, qui l’a discrètement engrangée ? Comment se fait-il, alors qu’on nous serine du soir au matin que l’euro représente un formidable parapluie contre l’explosion du prix du baril, que le seul avantage avéré de la monnaie unique ne soit même pas au rendez-vous ? Faut-il croire, comme pour le gaz dont le coût réel d’importation ne justifie aucunement les deux hausses de cette année, que l’Etat-actionnaire ou les entreprises concernées s’engraissent sur le dos des Français ? Une Commission d’enquête parlementaire serait indispensable pour faire la lumière sur cet aspect central de la question !

Dans l’hypothèse, très probable, où il apparaîtrait que bien des abus sont commis dans le silence feutré des conseils d’administration et des palais nationaux, ne faudrait-il pas réfléchir à la remise au goût du jour de l’esprit du Conseil national de la Résistance, à l’instauration d’un tarif unique et régulé des carburants, comme d’ailleurs de toutes les ressources essentielles qui, en République, devraient être soustraites à l’avidité irresponsable d’une certaine culture du marché, mêlant dans la plus complète opacité prédation des multinationales et spoliation d’Etat ?

Mais au-delà de cette réorientation fondamentale de la politique des prix de l’essence, qui n’en doutons pas se heurterait à de formidables intérêts si on osait la mettre en œuvre, il est aussi nécessaire d’agir pour aider les professionnels comme l’ensemble des Français d’ailleurs, à remplacer leur outil de travail, leur voiture ou leur chaudière par des modèles moins consommateurs d’énergie. Le gouvernement a l’embarras du choix, des mesures fiscales possibles. « La Jupette », en son temps, avait fait merveille pour accélérer le renouvellement du parc automobile. On peut imaginer ainsi pour les particuliers la réduction de la taxe foncière pour l’acquisition d’équipements énergétiques à faible consommation (réduction remboursée aux communes par l’Etat).

Enfin, il est urgent d’agir en utilisant les leviers exceptionnels que représentent les grandes entreprises énergétiques françaises bâties depuis 1945 par l’effort du contribuable.

- Comme l’a très bien analysé Yves de Kerdrel dans le Figaro du 4 juin, il serait temps de rappeler à l’ordre EDF qui, au lieu de s’engager à nouveau dans une politique de croissance externe aussi hasardeuse qu’inutile pour les Français, devrait être fermement invitée par l’Etat à consacrer les 15 mds € qu’elle envisage de dépenser pour acquérir British Energy à la relance du programme électronucléaire en France (15 mds, c’est 5 centrales !). - Il serait temps, aussi, de bloquer les tarifs de GDF qui ont été scandaleusement augmentés alors que rien ne le justifie réellement, exception faite sans doute du désir de ses dirigeants et actionnaires (au premier chef l’Etat !!) d’accroître la rentabilité de l’entreprise sur le dos des Français. - Il serait temps, de même, que la politique de Total soit contrôlée un tant soit peu par l’Etat. Il ya a urgence à faire sauter les goulets d’étranglement dans le raffinage pesant sur les prix et s’expliquant par des sous-investissements.

Pauvre en matières premières énergétiques, la France a su à la libération puis lors du 1er choc pétrolier se doter d’une politique volontariste qui a permis aux Français de bénéficier de l’électricité la moins chère d’Europe, d’une autosuffisance de 50% environ et a offert à nos industriels un avantage de compétitivité crucial pour leur développement.

Malheureusement depuis une quinzaine d’années il n’y a plus de pilote dans l’avion. Pire, les gouvernements successifs ont laissé peu à peu Bruxelles démanteler l’un des plus beaux atouts de notre pays en le livrant à une logique inepte et antiéconomique du tout-marché. Aujourd’hui la question est simple. Voulons-nous une politique publique offensive ? D’un côté, pour aider les Français en adoucissant le choc financier sans précédent auxquels ils sont être confrontés, de l’autre pour investir sur le long terme dans la production d’une énergie pour tous, accessible et libérée de la tyrannie d’un capitalisme sauvage, sauvage jusqu’à se détruire lui-même.

Il y a urgence !

Revue de presse
Réforme des institutions : Jean-Louis Debré craint un "retour aux errements"

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/06/05/reforme-des-institutions-jean-louis-debre-craint-un-retour-aux-errements_1054096_823448.html?xtor=RSS-823353


La BCE laisse ses taux inchangés, mais n'exclut pas de les rehausser en juillet

http://www.latribune.fr/info/La-BCE-laisse-ses-taux-inchanges-~-IDB00E5AFE3560E768C125745F0016BA28-$RSS=1