samedi 29 décembre 2007

marianne2:Sarkozy menace-t-il la laïcité ?

Catherine Kintzler, philosophe et auteur de Qu'est-ce que la laïcité, se dit « très choquée » par le discours du Président à Saint-Jean-de-Latran et dénonce le concept de « laïcité positive ».



Sarkozy menace-t-il la laïcité ?
Le discours prononcé par le Président à Saint-Jean-de-Latran a soulevé quelques polémiques. Catherine Kintzler, philosophe et auteur de Qu'est-ce que la laïcité ? (Vrin), explique ce qui la choque dans le concept de « laïcité positive » et dans un discours qui, selon elle, lie étroitement politique et croyance.

Comment comprenez-vous le concept de « laïcité positive » développé par Nicolas Sarkozy lors de son discours à Saint-Jean-de-Latran ?

Catherine Kintzler : Ce terme est d'une grande habileté rhétorique. La « laïcité positive », on a l'impression que c'est la même chose que la laïcité, mais en mieux. Alors qu'en réalité, cette expression vide le concept de laïcité de son sens, puisque la définition de la laïcité est forcément négative et minimaliste. La laïcité, c'est dire qu'il n'est pas nécessaire de croire en quoi que ce soit pour fonder le lien politique. Je suis atterrée par le discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran. Je connaissais la réflexion du citoyen Sarkozy sur ces sujets, il l'a déjà fait connaître à travers un livre, et je ne lui conteste pas le droit de penser ce qu'il veut parce que, justement, je suis laïque ? mais je suis très choquée que le président des Français Sarkozy s'exprime publiquement de cette façon.

Qu'est-ce qui vous choque ? L'allusion aux « racines chrétiennes » de la France ?
Cette allusion accompagne une pensée développée tout au long dans le discours : l'idée que, sans croyances, il n'y a pas d'association politique. L'idée que la religiosité est diffuse et présente dans le lien politique. En gros, cela signifie : « croyez en ce que vous voulez, mais croyez en quelque chose ». Alors que la société politique laïque repose, justement, sur la forme de la non-croyance ! On se constitue comme citoyen indépendamment de ce qu'on est préalablement, aux plans religieux ou culturel. La société politique ne peut garantir la liberté d'expression que si elle est aveugle sur les croyances des citoyens et si elle s'abstient de se prononcer sur ce sujet. C'est ce que garantit d'ailleurs la loi de 1905.

Quel est l'enjeu de ces questions ?

Le danger, c'est le communautarisme. L'expression « laïcité positive » n'est pas sans rappeler celle de « discrimination positive ». Aujourd'hui, en France, les croyants fondent des associations, reconnues juridiquement, au travers desquelles ils s'expriment dans le débat public. C'est absolument leur droit. Mais il ne faut pas que des représentants religieux soient reconnus par la puissance publique comme des interlocuteurs politiques. Ce serait légitimer des corps intermédiaires et leurs "chefs" censés se prononcer pour une "communauté".

Dans son discours, Nicolas Sarkozy mentionne également ceux qui ne croient pas...
Oui mais il a des phrases terribles. Il assure que « celui qui ne croit pas ne peut soutenir en même temps qu'il ne s'interroge pas sur l'essentiel. » Comme s'il fallait être croyant pour se poser des questions métaphysiques ! Pire, il explique que « le fait spirituel est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance ». De quelle « tendance naturelle » parle-t-il ? Non seulement il nie la capacité des athées ou des agnostiques à se poser des questions existentielles, mais il dénie aussi ce droit aux milliards de gens, des confucianistes aux animistes, qui ne croient pas à une transcendance ! C'est une vision très étroite et insultante.

Samedi 29 Décembre 2007 - 00:01
Propos recueillis par Anna Borrel

samedi 22 décembre 2007

Bolkestein, le retour !

COMMUNIQUE DE PRESSE

La Cour européenne de Justice légitime le dumping social : un retour par la fenêtre de la directive Bolkestein

La Cour Européenne de Justice vient de ressusciter le « principe du pays d’origine » (PPO), qui permet à une entreprise de travailler dans un pays tiers de l’UE aux conditions salariales de son propre pays.

C’est la porte toute grande ouverte au dumping social le plus sauvage à l’intérieur de l’Union Européenne, malgré l’adoption en janvier 2006 par le Parlement européen d’une directive Bolkestein soi-disant allégée.

Le retour par la fenêtre du pire nivellement économique et social par le bas, en violation des promesses faites par les eurocrates et les chefs d’Etat, est une nouvelle preuve qu’aucune leçon n’a été tirée du double non, français et hollandais, du printemps 2005.

Quand donc l’UMP et le PS, qui s’apprêtent à ratifier main dans la main au Parlement la Constitution-bis signée à Lisbonne jeudi dernier, mettront-ils fin à leur double langage permanent sur cette mauvaise Europe ?

On ne peut pas faire campagne comme Nicolas Sarkozy contre les délocalisations et pour le pouvoir d’achat, et accepter ainsi ce nouveau recul majeur pour le bien-être des Français. On ne peut pas faire campagne comme Ségolène Royal sur « l’Europe sociale », et renier comme on claque des doigts la promesse du référendum.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député DLR de l’Essonne Président de Debout la République

Conseil Constitutionnel : l’aveu

La Constitution française devra être modifiée pour ratifier le traité de Lisbonne LE MONDE | 21.12.07 | 15h20 • Mis à jour le 21.12.07 | 15h20

En épluchant le traité de Lisbonne, adopté par les Vingt-Sept, le Conseil constitutionnel a eu comme une impression de déjà-vu. Un préambule, 7 articles subdivisés en 500 articles, 11 protocoles et 50 déclarations annexes : sous un habillage différent, revoilà presque sur le fond la Constitution rejetée par référendum le 29 mai 2005. Même cause, mêmes effets : le Conseil constitutionnel a jugé que le traité était, en l’état, contraire à la Constitution française et que, pour le ratifier, il fallait préalablement la modifier. La précédente révision n’a servi à rien : en un article unique, elle faisait référence exclusivement à la Constitution européenne.

Dès le 15 janvier, l’Assemblée nationale et le Sénat examineront le projet de révision qui devrait être adopté par le Congrès, à Versailles, le 4 février. Ne restera alors qu’à voter la loi de ratification du traité, le 7 février pour l’Assemblée, et le 8 pour le Sénat.

Dans un but pédagogique et « pour mettre les politiques face à leurs responsabilités », comme l’indique une source au Conseil, celui-ci a comparé les deux textes et distingué quatre catégories. Un certain nombre de clauses, les plus chargées de sens politique, ne se retrouvent pas dans le nouveau traité : la référence au drapeau, à l’hymne national, à la devise, la création d’un ministre des affaires étrangères européen, le terme même de Constitution ont disparu du nouveau texte. D’autres dispositions ont été déplacées du texte : l’affirmation de la suprématie du droit de l’Union sur les droits nationaux se retrouve ainsi dans une déclaration annexe. A ce propos, le Conseil met les points sur les « i » : ce principe perd de facto sa valeur constitutionnelle. Une troisième catégorie se retrouve intégralement dans le traité.

Et le Conseil renvoie donc à sa décision de 2004 pour la liste des dispositions impliquant un transfert de souveraineté, mais les énumère de manière plus exhaustive qu’il y a trois ans. Il s’agit principalement des compétences de l’Union qui s’exerceront à l’avenir selon les règles de la majorité et non plus de l’unanimité. Enfin, le Conseil relève que de nouveaux transferts de souveraineté, absents de la défunte Constitution, apparaissent dans le nouveau traité, soit une quinzaine de règles liées notamment à « l’espace de liberté, de sécurité et de justice ».

Christophe Jakubyszyn Article paru dans l’édition du 22.12.07

jeudi 20 décembre 2007

Nicolas Sarkozy veut enterrer le futur référendum sur l’adhésion turque !

Remise en cause de l’obligation du référendum pour l’adhésion turque : Nicolas Sarkozy a trompé les Français sur toute la ligne !

L’avant-projet de loi sur la réforme des institutions remet en cause l’obligation du référendum pour l’adhésion à l’Union européenne de nouveaux membres.

Après avoir refusé une indispensable consultation populaire sur la Constitution-bis signée jeudi dernier à Lisbonne, Nicolas Sarkozy récidive en faisant cette fois sauter la seule garantie qu’avaient les Français que les négociations ouvertes avec Ankara ne doivent pas aboutir à une adhésion automatique.

Après l’ouverture à deux reprises de chapitres supplémentaires de négociation avec la Turquie, la preuve est ainsi faite que le président de la République a trompé nos concitoyens sur toute la ligne : son opposition à l’adhésion turque n’est qu’une posture.

Tout doit donc être fait pour empêcher cette révision institutionnelle et les parlementaires de l’UMP portent désormais une responsabilité écrasante devant les Français.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député DLR de l’Essonne Président de Debout la République

vendredi 14 décembre 2007

leFigaro.fr:«Pas d’obligation légale» pour le rachat des RTT

Mercredi, le ministre du Travail avait laissé entendre le contraire en affirmant que le salarié pourrait invoquer la loi si l’employeur lui refusait le rachat de ses RTT.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand aurait-il parlé trop vite ? Le ministre a rappelé jeudi sur Canal + qu’il n’y aurait pas d’ «obligation légale» pour les employeurs de payer les RTT de leurs salariés.

Hier dans une interview au Monde, le ministre avait pourtant laissé entendre le contraire en déclarant : «En cas de refus (de se faire racheter ses RTT, ndlr) de sa direction, le salarié sera en droit d’invoquer la loi». Et d’ajouter «nous sommes en train d’envisager une rédaction qui renforcerait la possibilité pour les salariés de se faire payer ces RTT».

Dans le cadre du projet de loi sur le pouvoir d’achat qu’il a présenté mercredi en Conseil des ministres, Xavier Bertrand souhaite offrir la possibilité au salarié de se faire payer les jours de RTT non pris à la fin de chaque année. Ces RTT, à hauteur de dix possibles, seront payées au minimum 110%.

Examen du texte le 18 décembre

Au cabinet de Xavier Bertrand, on assure que, pour le moment, la question de l’obligation légale «n’est pas encore arbitrée» et que cet aspect «sera abordé pendant l’examen du texte à l’Assemblée le 18 décembre prochain».

Jeudi matin, Xavier Bertrand semble donc avoir fait un pas en arrière. «On ne va pas judiciariser, on ne va pas complexifier les choses dans les boîtes», a promis le ministre. «Je ne veux pas imposer d’en haut par la loi, je veux rendre les choses possibles», a-t-il expliqué assurant que cette mesure était «attendue» et «demandée» par de nombreux employeurs et par les employés.

jeudi 13 décembre 2007

Marianne2: Traité de Lisbonne : c'est pas signé...

Soucieux d'étouffer toute velléité référendaire, le Président a convaincu presque tous les médias et politiques que l'adoption du traité de Lisbonne était bouclée. C'est balayer un peu vite les aléas de la procédure.


Quand il aura fait signer le traité de Lisbonne en premier, Nicolas Sarkozy fera une présidence de l'Union européenne exemplaire, ce qui lui permettra de réformer la BCE, de faire baisser l'euro, de relancer la croissance... Le Président et l'Europe, c'est Perette et le pot au lait : que son « mini-Traité » se brise, et adieu veaux, vaches, cochons, couvés. Après nous avoir annoncé qu'il le ferait signer par l'Assemblée avant 2008, il a revu ses prétentions à la baisse, jurant cette fois-ci que le vote aurait lieu en février. Dans ces deux annonces, l'objectif est le même : s'assurer que personne, à gauche comme à droite, ne se pique de lancer une campagne pour un nouveau référendum. Médias et politiques acquiescent déjà à cette adoption et à sa date, comme si la parole du Président les avait gravées dans le marbre. Une fois n'est pas coutume, Nicolas Sarkozy présume un peu de ses forces.



Traité de Lisbonne : c'est pas signé...
Et si... le traité n'obtenait pas la majorité requise ?
Un « détail », qui aura échappé à beaucoup : la validation de la modification de la constitution préalable au vote du traité de Lisbonne requiert au Congrès une majorité qualifiée des 3/5 (soit 545 députés et sénateurs). Ecartée d'un revers de phrase par nos confrères du Monde, l'hypothèse d'un front de parlementaires a été relevée par L'Humanité : mercredi 12 s'est réuni au Palais Bourbon un Comité national pour un référendum, habilement abrégé CNR.

Aux côtés, notamment, de Jean-Luc Mélenchon, Jean-Claude Sandrier, député et président du groupe Gauche démocrate et républicaine, prévoit déjà « un test grandeur nature » : « le 15 janvier, nous proposerons à l'Assemblée une résolution pour un référendum populaire sur le traité, nous verrons alors qui est susceptible de nous suivre. » La principale cible des partisans du référendum est le groupe socialiste, qui s'était engagé, au travers sa candidate à l'élection présidentielle, à une adoption du traité européen par vote populaire. « Les socialistes sont en porte-à-faux par rapport aux municipales, martèle Jean-Yves Autexier, secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen. Comment voulez-vous qu'un député du Nord, où la population a voté à 60% contre le traité constitutionnel européen, refuse aujourd'hui l'adoption par voie référendaire ? » Au dernier compte, le CNR revendiquait déjà 80 élus dans ses rangs.

Du côté des souverainistes, quelques initiatives tentent de tirer parti de la pression populaire en vue des municipales. Au premier rang de ces dernières, le président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan, fait diffuser un peu partout en France des « lettres types » qu'il invite les administrés à envoyer à leur député-maire appelant l'élu à « prendre ses responsabilités » en votant contre le traité de Lisbonne. Sans quoi l'électeur s'engage, en retour, à prendre les siennes dans l'isoloir. Le vote de la loi sur la carte médicale l'avait déjà prouvé : la perspective de sanctions électorales a bien vite raison de l'unité de la « majorité présidentielle. »



Et si... le vote prenait plus de temps que prévu ?
Pour être sûr de ratifier avant les élections municipales, Nicolas Sarkozy a misé sur le curling : lançant à pleine vitesse le traité de Lisbonne, il a balayé sur son chemin toutes les affaires courantes pour qu'il arrive au plus vite au vote final. Seulement voilà : le Congrès se réunissant le 4 février pour acter la modification constitutionnelle préalable à l'adoption du traité, il restera moins d'une semaine à l'Assemblée pour le voter ! Les vacances parlementaires débutent en effet le 9 février et dureront jusqu'au 23 mars, réserve électorale oblige.

Or, dans ce laps de temps plus que bref (du lundi au vendredi suivant), les députés devront tout faire tenir : les débats, le travail des commissions, etc. Un seul hic, une seule hésitation, un seul accroc et l'adoption sera reculée d'un mois et demi, dépassant la barrière symbolique des municipales. Chez les nonistes, on compte pour pimenter le débat sur... le conseil constitutionnel ! Des sources proches du Palais Royal assurent en effet que l'institution chargée de statuer sur le texte européen conclura à sa parfaite similitude avec le traité constitutionnel rejeté en 2005. « Si une instance officielle reconnaît que ce texte est identique dans le fond à celui contre lequel les Français ont voté, cela mettra la puce à l'oreille de l'opinion publique, se réjouit un responsable souverainiste. Les députés ne pourront pas éviter un minimum de débat ! »



Donald Tusk (à droite) intronisé à son poste par Lech Kaczynski.
Donald Tusk (à droite) intronisé à son poste par Lech Kaczynski.
Et si... la Pologne coiffait Sarkozy au poteau ?
Outre la volonté d'imposer en tout lieu son autorité, pourquoi le président de la République tient-il tant à faire voter ce texte dans des délais si bref ? « Quoiqu'il arrive il faut aller plus vite que la Pologne ! » Ce petit slogan provient directement des couloirs du cabinet de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. Car, si Nicolas Sarkozy veut apparaître comme le sauveur de l'UE, là où Chirac avait été montré du doigt pour son échec, Lech Kaczynski, le Président polonais, veut s'imposer dans l'Union par le même coup d'éclat : être le premier à ratifier le traité de Lisbonne. En visite officielle mercredi 12 décembre à Paris, Donald Tusk, le nouveau Premier ministre, a déclaré dans un entretien au Monde vouloir gagner cette course pour prouver que son pays était « le pays le plus européen en Europe. » Un retard de quelques mois ne serait guère qu'un modeste camouflet pour le Président français. Une simple question d'orgueil pour Sarkozy ? Certes. Mais c'est bien la raison pour laquelle il en fait une affaire d'Etat !

Vendredi 14 Décembre 2007 - 00:32
Sylvain Lapoix

Vidéo Questions aux Gvmts et Itele france info



mercredi 12 décembre 2007

NDA interpelle le Premier ministre sur l’illégitimité d’une ratification parlementaire du traité de Lisbonne

Question au gouvernement de Nicolas DUPONT-AIGNAN Mercredi 12 décembre 2007

Le 16 mai 2007, lors de son discours d’investiture, le Président de la République a déclaré : « le peuple français ne veut pas que l’on décide à sa place et par-dessus tout ne veut plus que l’on pense à sa place. »

Comme vous tous je l’imagine, je partage entièrement cette exigence démocratique. Aussi, Monsieur le Premier ministre, je souhaite savoir pourquoi le chef de l’Etat et son gouvernement, comme d’ailleurs une grande partie de notre Assemblée y compris à gauche, veut penser dans le domaine européen à la place du peuple et s’apprête pour le traité de Lisbonne à décider à sa place.

Pourquoi en effet le Président de la République refuse-t-il de soumettre ce traité de Lisbonne à référendum ?

Alors, je le sais, vous avez pris l’habitude de répondre que Nicolas SARKOZY pendant la campagne présidentielle avait prévenu qu’il ferait ratifier un « mini-traité » par le Parlement.

Mais ne nous racontons pas d’histoires, pas ici ! Le traité de Lisbonne n’est en rien le mini-traité qui avait été promis pendant la campagne.

Je le sais, nous le savons tous, ce traité est la copie conforme, moins les symboles, de la Constitution Giscard , je vous le rappelle, rejetée par le peuple français à une très large majorité le 29 mai 2005.

VGE le reconnaît d’ailleurs lui-même, comme tous les chefs d’Etat et de gouvernement européen qui se gargarisent à l’unisson de voir la France ainsi se renier. Je le cite :

« Dans le traité de Lisbonne, les outils sont exactement les mêmes. Seul l’ordre du jour a été changé dans la boîte à outils. La boîte, elle-même, a été redécorée »

Dans ces conditions, le peuple français, et lui seul, peut par référendum confirmer ou revenir sur son vote du 29 mai 2005.

Dans ces conditions, recourir à la voie parlementaire serait légal mais profondément illégitime.

Ce serait bien la première fois depuis la Libération, au mépris le plus total de l’esprit et de la pratique des institutions voulus par le général de Gaulle, que la représentation parlementaire, sans aucun mandat explicite, contredirait la voix du peuple sur un texte qui revient, si vous le lisez bien, à un véritable changement de régime !

Seul le peuple français peut décider d’entamer sa souveraineté, c’est-à-dire sa démocratie.

En définitive ma question est simple, comment imaginez-vous, Monsieur le Premier ministre, bâtir l’Europe sur des bases solides et saines, la faire respecter et aimer des Français comme des Européens, sans faire confiance aux peuples qui la composent ?

mardi 11 décembre 2007

Marianne2: L'UMP veut taxer les sites Internet à la hussarde

Autant lâcher une bombe sur la toile ! Le projet de loi de finance prévoit de taxer 2% des recettes publicitaires de tous les sites qui proposent des vidéos en ligne.



Le communiqué est signé Aol, dailymotion, Priceminister, Google et Yahoo, pas moins. Objectif : se mobiliser en urgence après l'adoption « en catimini » d'un amendement au projet de loi de finance 2007 adopté par l'Assemblée nationale le 6 décembre. Ce texte, qui a pris par suprise tous les professionnels de l'Internet, prévoit de taxer à hauteur de 2% les recettes publicitaires des sites qui proposent des vidéos en ligne. Les auteurs de cette disposition, les députés Marie-Hélène des Esgaulx et Jérôme Chartier (UMP) espèrent ainsi financer le cinéma français. L'idée générale : taxer les plate-formes Internet, exactement comme on taxe déjà l'audiovisuel pour faire vivre l'industrie du cinéma. Vue comme ça, l'initiative ne paraît pas absurde. Mais sa rédaction et son passage en force le rendent d'emblée impopulaire, à juste titre.

Confusion et précipitation
« Ca n'a pas de sens !, tempête Martin Rogard, directeur des contenus chez Dailymotion. On travaillait main dans la main avec la Commission Olivennes il y a à peine trois semaines, on s'était mis d'accord pour améliorer la diffusion de produits cinématographiques sur Internet et voilà qu'on découvre ce texte que n'a précédé aucune discussion, aucune concertation ! » Chez Dailymotion, la première réaction est « la surprise ». Tout juste suivie par une question sur la rédaction du texte : au nom de quoi taxerait-on les sites qui hébergent des contenus vidéos réalisés par les internautes eux-mêmes ? La toute jeune Association des services Internet communautaire (Asic), qui réunit les prestataires signataires du communiqué , met en garde contre les effets pervers du texte : « Cela inclut tout site Internet qui propose de la vidéo - ce qui est de plus en plus courant - et qui s'appuie sur un modèle publicitaire. Les blogs ou les sites personnels sont potentiellement touchés. » Le texte concerne effectivement « toute personne établie en France qui met à disposition du public un service offrant l'accès à titre onéreux ou gratuit à des oeuvres ou documents cinématographiques ou audiovisuels sur demande individuelle formulée par un procédé de communication électronique.» De son côté, Dailymotion, fleuron français de l'Internet, pointe les conséquences de cette taxation qui ne touchera que très partiellement Youtube, son concurrent américain, dont l'essentiel des recettes est engrangé hors de l'Hexagone. L'amendement a déjà été adopté par l'Assemblée. Il ne doit plus passer que devant le Sénat. Le débat s'ouvre…un peu tard.


Anna Borrel

Traité européen : 71% des Français souhaitent un référendum

  • Près de 3 Français sur 4 souhaitent que le traité simplifié remplaçant la constitution européenne soit ratifié par référendum

Le tableau de bord politique
Paris Match - Ifop

71% des Français souhaitent que le traité simplifié remplaçant la constitution européenne soit ratifié par référendum. Seuls 28% des personnes interrogées ne jugent pas le recours au référendum utile. Le soutien à la consultation du corps électoral français est majoritaire quelle que soit la proximité politique des interviewés. Légèrement plus solide à gauche qu’à droite (76% parmi les sympathisants de gauche, contre 66% parmi ceux de droite), le souhait d’un référendum domine également parmi les électeurs de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 (63%), et ce malgré la volonté du président de faire ratifier le traité par la voie parlementaire. Ce sont les sympathisants du Parti socialiste qui s’avèrent les plus nombreux à préférer l’organisation d’un référendum (78%), malgré l’avis de la plupart des chefs de file de ce parti.

Du point de vue socio-démographique, le soutien au référendum est majoritaire dans toutes les catégories de la population, au-delà des strates qui avaient le plus massivement rejeté la constitution européenne en 2005 : l’adhésion à une ratification par référendum est certes la plus élevée parmi les professions intermédiaires et les personnes âgées de 35 à 49 ans (77%), mais elle est également largement majoritaire parmi les cadres et professions libérales (68%) et les personnes diplômées (75% parmi les titulaires d’un bac+2 et 62% au-delà).


Question :
Vous personnellement, souhaitez-vous que le traité simplifié sur les institutions de l’Union européenne adopté par les 27 pays européens soit ratifié en France par référendum ?

la suite sur Gaullisme.fr

lundi 10 décembre 2007

Je n'aime pas voir mon pays se vendre au plus offrant

Par Nicolas Dupont-Aignan,

En recevant en grande pompe le colonel Kadhafi, le Président de la République paye au prix fort, celui de la dignité de la France et de son image dans le monde, le coup médiatique de la libération des infirmières bulgares.

Preuve s’il en était besoin qu’une politique étrangère ne doit pas être une addition de coups d’éclats mais une succession de discours et d’actes cohérents.

J’ai toujours défendu la « realpolitique » et je me méfie de la gesticulation « droits de l’hommiste ». Pour autant, attention à ne pas justifier l’injustifiable. En l’occurrence la visite telle qu’elle est organisée ces jours-ci va trop loin, beaucoup trop loin.

Tout d’abord, comment ne pas penser aux victimes françaises du DC10 d’UTA. Ensuite, comment accepter d’honorer celui dont le régime a enlevé et séquestré les fameuses infirmières. Enfin, pour quelques contrats de gagné, quelle perte de crédibilité pour notre pays dans le monde entier !

Le tout, sans même parler du brouhaha, voire de la cacophonie, au plus haut niveau de l’Etat, qui brouille encore davantage la réputation de notre pays.

L’image d’une Nation vaut bien plus que quelques promesses de gain immédiat. Beaucoup de Français ce soir sont tristes pour la France ! Décidément, après la Constitution européenne bis sans consultation du peuple, les embrassades excessives avec le président Bush et les velléités de retour dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, les premiers pas de Nicolas Sarkozy en politique étrangère s’apparentent à une gesticulation qui ne peut qu’inquiéter toutes celles et tous ceux qui croient en une "certaine idée de la France" !
Par Nicolas Dupont-Aignan.

jeudi 6 décembre 2007

Parano à l'Elysée

Par Nicolas Domenach, directeur-adjoint de la rédaction de Marianne.



Parano à l'Elysée
Sous le quinquennat Sarkozy, l'Elysée ne devait plus être le Kremlin. Le président nouveau devait ouvrir grand les portes et les fenêtres. Il communiquerait enfin, contrairement à Chirac qui se murait obstinément dans un royal silence. Le règne de Sarkozy promettait d'être celui de la transparence. Transparence mon œil !

Les conseillers de l'Elysée ont reçu une note de recadrage rendue publique par Jean-Marc Morandini et Europe 1, une note de verrouillage plutôt, si suspicieuse, si stalinienne que beaucoup d'abord ont cru qu'il s'agissait d'un faux, d'un montage. En effet, ce texte signé de la directrice de cabinet du président, Emmanuelle Mignon et du porte-parole de l'Elysée, David Martinon, comporte des rappels au règlement du secret d'Etat élyséen si caricaturalement militaire et confidentiel défense qu'on croirait une provocation. En effet, la note rappelle d'abord dans un sabir techno-administratif que « toutes les interventions publiques des conseillers sont interdites… sauf quand elles sont autorisées », par les autorités compétentes. Ce sont donc les ministres, le porte-parole de gouvernement, le Premier ministre et le porte-parole de l'Elysée qui sont chargés d'expliquer la politique du président, pas les conseillers qui doivent rester dans l'ombre !

Mais plus croquignolet encore, il est précisé que « les contacts informels sont proscrits » et là aussi « sauf s'ils sont autorisés ». Ce qui fait qu'ils ne sont plus informels. Et comme « il y a trop de rumeurs, trop de bruits qui sortent de l'Elysée et qui sont d'ailleurs souvent infondés », nos deux cerbères stipulent et c'est souligné : « Veillez aux informations que vous divulguez aux autres cabinets ministériels ou tout simplement dans votre entourage et parmi vos amis »… Chut, on vous écoute ! L'ennemi est aux aguets. La parano au Palais est totale. Pas de confidences sur l'oreiller. C'est connu, la literie d'un conseiller élyséen est bavarde.

Chaque équipe a certes connu de semblables rappels à l'ordre mais ils étaient oraux en général, et aussi autoritaires que vains d'ailleurs. « De toute façon, comme le dit un actuel conseiller élyséen fataliste, dès que nous sommes plus de deux à connaître un secret, il n'existe plus et surtout il est impossible de savoir qui l'a trahi ». Il y a bien eu pourtant trahison des intérêts supérieurs en l'occurrence pour inspirer cette note adjudantesque et dantesque.

Certains évoquent les interventions multiples de Raymond Soubie comme hier sur l'antenne d'I-Télé ou de Henri Guaino, interventions qui auraient déplu au Premier ministre. L'Elysée dément. En revanche, on sait que les fuites sur les bisbilles entre Rachida Dati et Rama Yade ont fortement déplu. Notamment les assignations sur le droit de veto - démenties - qu'aurait émis la ministre de la Justice contre sa collègue des Droits de l'Homme. Mais plus encore ce qui a exaspéré le président, ce sont les échos, déformés, râle-t-il, de la réunion élyséenne à son retour de Chine. Nicolas Sarkozy a dû démentir personnellement y avoir passer un savon à François Fillon comme à MAM ou à Fadela Amara. Il est vrai que c'est dans l'avion qu'il s'était mis en colère contre la mollesse de ses ministres et pas à Paris où il s'est montré plus compréhensif. L'amusant est que ces indiscrétions sur la tardive colère présidentielle ont été attribuées au porte-parole de l'Elysée, David Martinon, qui signe la note furax. Mais vous savez qu'en politique, c'est souvent l'accusé qui passe à l'attaque.

Enfin ceux qui ont cru à l'avènement de la transparence démocratique pourront toujours se consoler, si l'on ose dire, avec les photos glamours de Rachida Dati qui pose très star en Une de Paris Match. Photo prise à l'hôtel Park Hyatt, robe panthère Dior, bottes, bas résille. « Derrière le sourire de velours, une poigne de fer qui mène à un train d'enfer des réformes courageuses ». C'est la légende qui sculpte sa légende. « Elle incarne, est-il encore écrit, la France qui change ». Et beaucoup en la voyant si belle en sont fiers. Elle en joue. Elle en rajoute à la Sarkozy au moment où elle est attaquée de partout par les élus comme par les magistrats et les avocats pour sa réforme trop autoritariste de la carte judiciaire.

La star panthère parie sur l'opinion contre les élites mais elle a perdu des points ces dernières semaines dans les sondages. Les rattrapera-t-elle grâce à sa peopolisation ? On songe à cette pancarte brandie par un avocat manifestant : « Rachida Dati déshabille la justice et s'habille en Dior ». Le chic c'est choc !

Jeudi 06 Décembre 2007 - 16:43
Nicolas Domenach
source marianne2.fr

mercredi 5 décembre 2007

Pouvoir d'Achats:Casino





Vidéo de Rue82.com





Combat pour le référendum : nous avons marqué un point dimanche

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Dimanche après-midi, le rassemblement organisé avec Jean-Pierre Chevènement a été un beau moment politique.



Quel réconfort de voir Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du
Général de Gaulle ou Pierre Maillard, ancien conseiller diplomatique,
applaudir à tout rompre Marie-Noëlle Lienemann ou à l’inverse de voir
les militants de gauche saluer mon discours républicain et national.



Alors que nous avons organisé ce rassemblement au dernier moment,
près de 1000 personnes, comme l’a reconnu le Figaro, se sont pressées à
la Maison de la Chimie pour entendre enfin un autre discours sur
l’Europe.



Il ne s’agit pas bien évidemment, je l’ai expliqué dans mes propos,
de nier nos différences politiques mais simplement « d’aller à
l’essentiel » pour tenter d’ouvrir les yeux des Français sur ce qui est
en train de se préparer.



Comme l’a très bien dit Véronique Thyebault, notre responsable de
Bourgogne, « quand il y a le feu à la maison, on ne regarde pas la
couleur politique des pompiers ».



Mais ce qui était peut-être le plus réconfortant, c’est de voir des
jeunes de 15-20 ans, venus spontanément nous dire leur amour de la
France, de la République et leur ras-le-bol de cette insupportable
pensée unique, qui s’est abattue sur la France et veut passer sous
silence la monstruosité du traité de Lisbonne.



Tout a été dit dimanche, certes avec des mots différents et des
approches distinctes. Mais cela a permis, même à ceux d’entre nous qui
s’étaient replongés dans le décorticage ô combien fastidieux de la
Constitution(-bis), d’en redécouvrir les facettes les plus
antidémocratiques : Anne-Marie Le Pourhiet a eu raison d’insister sur
le caractère arbitraire et donc tyrannique des clauses-passerelles, qui
permettent sans ratification populaire ni parlementaire de futures
extensions du fédéralisme européen. Etienne Chouard n’a pas trop
souligné l’évidente confusion des pouvoirs que consacre ce traité : une
confusion des pouvoirs dont tous les grands noms de la philosophie
politique, de Hobbes à Locke en passant par Montesquieu, Rousseau ou
Tocqueville, ont estimé qu’elle était le contraire même d’un pouvoir
politique constitutionnel. Oui, l’UE avec sa Constitution-bis
ressuscite rien moins que le fameux « despotisme » dont nous avons tous
ou presque entendu parler sur les bancs du lycée : un pouvoir
arbitraire, absolu et oppressif qui ne s’occupe pas du Bien commun mais
entretient les privilèges de ses seuls dirigeants.



La réaction des médias à ce rassemblement a été très instructive.
Certains, qui d’habitude se taisent, ont fait écho à nos propositions.
D’autres qui d’habitude se vantent d’être impartiaux n’ont soufflé mot
comme s’il fallait taire toute volonté du peuple français de pouvoir
dire son point de vue, de pouvoir s’exprimer. En un mot, de pouvoir
contester ce coup d’Etat simplifié qui se prépare. Ainsi, le Journal Le
Monde n’a pas donné une ligne sur l’évènement, révélant sa partialité
et son hypocrisie.



Mais cela ne doit pas nous décourager car toutes les réunions que
nous organisons en province le démontrent, il y a une réelle soif de
comprendre chez nos concitoyens. Ils ne sont pas dupes de l’inouï tour
de passe-passe médiatico-politique auquel procède le Président de la
République, avec la complicité de Ségolène Royal et du PS.



Mais il y a urgence : ceux qui trichent aujourd’hui avec la
démocratie veulent aller le plus vite possible pour que leur forfait se
voie le moins possible. Ils nous trouveront pourtant sur leur route
car, lorsque l’essentiel est en jeu, il est du devoir de chaque citoyen
de se lever.



d'autres informations sur http://gaullisme.fr/





dimanche 2 décembre 2007

Dans son discours à la Maison de la Chimie, NDA appelle les Français à exiger un référendum sur le TME

Intervention du 2 décembre 2007

Merci à vous toutes et à vous tous d’avoir répondu si nombreux à notre invitation commune.

La preuve est faite, s’il en était besoin, qu’il ne faut pas hésiter quand il y a urgence à bousculer les frontières politiques traditionnelles.

Il ne s’agit en aucun cas ni pour Jean-Pierre Chevènement ni pour moi-même, ni pour nos invités, de renier ce que nous sommes.

Il ne s’agit pas non plus pour vous, militants républicains du Mouvement Républicain et Citoyen, ou militants gaullistes de Debout la République, d’oublier ou de rejeter vos orientations politiques. Il ne s’agit pas davantage d’occulter nos différences.

Il s’agit, comme dans tous les moments graves de notre histoire nationale, de rassembler les volontés et les énergies parce que l’essentiel est en jeu.

Mes amis, la République et la démocratie, ne sont ni de gauche ni de droite. L’Etat n’est ni de gauche ni de droite. La Nation n’appartient à personne. La France est la propriété de tous les Français, et plus encore de toutes celles et tous ceux qui veulent la défendre !

Pour ma part je me retrouve complètement dans ce propos du Général de Gaulle (rapporté par Alain Peyrefitte) : « Etre gaulliste c’est être de gauche et de droite à la fois, vous voyez ce que je veux dire, à la fois ! C’est être passionné et raisonnable, mais en même temps ! »

Alors mes amis, mes compagnons, mes camarades, à l’image de Pierre Lefranc, dont la présence est un réconfort pour nous tous, soyons passionnés ensemble, soyons raisonnables ensemble.

Et puis enfin à ceux qui ne veulent pas sortir de leurs tranchées partisanes nous répétant sans cesse que le moment n’est pas venu, j’ai envie de répondre : « mais ouvrez donc les yeux ! qu’ attendez vous encore ? »

La gauche caviar et la droite libérale travaillent ouvertement main dans la main au gouvernement pour liquider cette « certaine idée de la France » que nous servons chacun à notre façon, génération après génération, depuis tant d’années… et nous devrions rester passifs dans nos coins respectifs à gérer nos petites boutiques ?

NON, ce n’est pas sérieux. Quand l’essentiel est en jeu, il faut savoir se lever. Or c’est bien l’essentiel qui est en cause aujourd’hui.

Pour moi, comme pour vous, je le sais, l’Etat, la République et la Nation forment un bloc. La démocratie est indissociable de la souveraineté populaire et qu’on le veuille ou non, cette dernière ne peut s’exercer que dans le cadre de la Nation.

Alors oui ce qui est en cause aujourd’hui c’est bien le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est bien la survie de la France comme Nation libre de choisir son mode d’organisation républicaine et sociale comme sa politique étrangère.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est la nature de l’Europe que nous voulons bâtir et, à travers elle, notre vision du monde de demain.

Oui mes amis, c’est bien parce que je tiens à la démocratie, à la France et à l’ Europe, je pourrais dire parce que j’aime la démocratie, parce que j’aime la France, parce que j’aime l’Europe, que je me battrai jusqu’au bout et à vos côtés, contre ce traité scélérat européen qui est, vous le savez bien, la copie conforme du traité Giscard rejeté par le peuple français, et à une très large majorité, le 29 mai 2005.

******

Je veux tout d’abord m’adresser aux démocrates, aux vrais, pas à ceux qui se disent démocrates et qui font tous le contraire. A ceux qui placent au-dessus de leurs propres convictions le respect de celles d’autrui.

A ceux-là mêmes qui ne partagent pas obligatoirement notre vision de l’Europe, ceux qui ont voté oui le 29 mai 2005 mais refusent de biaiser avec la démocratie lorsqu’elle ne donne pas le résultat qu’ils en attendent.

Je leur dis très franchement : vous devez résister avec nous à cette nouvelle tentation des élites de court-circuiter le peuple en faisant adopter cette « Constitution bis » par le Parlement.

Vous me permettrez un parallèle : en matière judiciaire la préméditation est une circonstance aggravante.

Or pour ce traité, je le répète scélérat, la préméditation est avérée, entière, transnationale. Elle est cynique et brutale.

Elle l’est d’autant plus que ceux qui nous regardaient avec commisération avant le 29 mai 2005 savent aujourd’hui que nous sommes majoritaires. Le peuple est avec nous ! Pas seulement les 16 millions d’électeurs qui ont dit non il y a deux ans, mais les 45 millions de citoyens français collectivement solidaires d’une loi de la majorité qui s’applique à tous et à chacun, humble ou puissant.

Imaginez une seconde quelle aurait été la réaction de ceux qui veulent aujourd’hui une ratification parlementaire, si un président de la République avait décidé juste après son élection, par exemple en 1995, de soumettre au Parlement l’abrogation du traité de Maastricht et le retour au franc !

Alors oui, l’objectif des manipulateurs est limpide : pour imposer leur mauvaise Europe, il leur faut violer les peuples, à commencer par le plus libre d’entre eux depuis 1789, le peuple français.

Souvenez-vous ! Au lendemain du référendum, les dirigeants européens n’ont jamais cherché à comprendre les causes de ce rejet populaire pour corriger leur projet, mais ils ont préféré jouer la politique du pire.

Aidés en cela par les élites (qui se sont senties clairement désavouées tant elles avaient pris parti pour la Constitution Giscard), ils ont tout fait pour culpabiliser les Français de leur choix.

Deux années d’hypocrisie et de mensonge pour faire croire que l’Europe était en panne par la faute des Français et des Néerlandais alors qu’à l’inverse, bien sûr, le vote du peuple n’a fait que traduire l’impasse dans laquelle le piège supranational comme les politiques économiques et sociales menées depuis Maastricht ont plongé l’Europe.

Pire encore. Alors que la belle idée européenne est censée réconcilier les peuples, ils les ont opposés en caricaturant les Français en moutons noirs du continent. Mais il suffit de voyager, d’écouter, de regarder pour comprendre que la coupure n’est pas entre les Français et les autres européens, mais entre les peuples et leurs élites sourdes et aveugles à leurs préoccupations.

Lech Walesa n’affirmait-il pas au lendemain du NON français : « un jour, ils remercieront les Français ». Toutes les enquêtes ont démontré d’ailleurs que si des référendums avaient eu lieu dans les autres grandes nations, le résultat aurait été le même qu’en France. Et Nicolas Sarkozy lui-même l’a reconnu dans les salons feutrés du Parlement européen, le 13 novembre dernier en osant dire tel que cela a été rapporté « si l’on faisait des référendums, le NON l’emporterait encore ».

Mais la culpabilisation ne suffisant pas, les dérives des politiques monétaires, budgétaires, commerciales ou de la concurrence s’aggravant, les dirigeants européens ne se privèrent pas d’enfoncer le clou. A la massue d’ailleurs, plutôt qu’au marteau ! La méthode Coué tint alors lieu de politique. Monsieur Barroso osa ainsi affirmer devant la représentation nationale, l’un des temples de notre démocratie : « je suis convaincu que le soutien de l’opinion publique [française] en faveur de la modernisation des institutions que prévoit le projet de traité constitutionnel viendra en son temps. »

Surtout si on ne consulte pas le peuple !

Madame Merkel est même allée jusqu’à menacer à mots couverts le peuple français d’une exclusion de l’Union européenne.

Mais il leur fallait quand même trouver un complice en France. L’élection présidentielle a été l’occasion d’une manipulation sans précédent des esprits.

Le candidat Sarkozy a eu l’habileté de faire campagne en dénonçant les dérives qui avaient conduit au rejet de la Constitution Giscard (l’euro cher, la concurrence déloyale, le démantèlement des services publics) reprenant d’ailleurs systématiquement notre discours et nos arguments.

Le candidat Sarkozy a juré la main sur le cœur devant des millions de Français lors du débat télévisé de l’entre deux tours avec Ségolène Royal que pour lui, je le cite : « la Constitution européenne est morte ». Comme des millions de Français, j’ai eu, c’est vrai, la faiblesse d’ y croire. De croire que son « mini-traité » serait sinon une réconciliation, à tout le moins un compromis honorable entre le oui et le non, comme le promettait d’ailleurs Nicolas SARKOZY lui-même. Dans ce cas de figure, la ratification parlementaire aurait été, à la rigueur, acceptable.

Malheureusement une fois élu, tout en continuant d’ailleurs ses diatribes contre l’euro cher, les délocalisations ou l’entrée de la Turquie pour brouiller les cartes, le nouveau Président a tout de suite donné son accord pour ouvrir de nouveaux chapitres de négociations d’adhésion de la Turquie et surtout a signé ce traité scélérat qui est la copie conforme de la Constitution Giscard.

Nicolas SARKOZY a déterré et ressuscité la constitution européenne qu’il avait promis d’enterrer pour toujours.

Ce tour de passe-passe politico médiatique inouï est d’autant plus dangereux pour notre démocratie qu’il s’est accompagné ensuite d’une campagne sans précédent de dissimulation, pour ne pas dire de désinformation.

« Le traité est simplifié, l’Europe est sauvée ». Cette ritournelle reprise en boucle n’avait qu’un objectif : endormir les Français pour mieux faire accepter une ratification parlementaire indigne de notre république. Le président de la République a tort de se retrancher derrière son engagement d’en passer par la voie parlementaire. Chacun comprendra qu’il y a un monde entre un vote parlementaire sur un « mini-traité » réellement consensuel, et un passage en force du Parlement pour imposer une Constitution-bis !

Non seulement les Français étaient trahis mais de surcroît ils ne devaient pas le savoir !

Le double langage porté à ce niveau de cynisme et de mensonge relève d’un art que je reprouve.

Monsieur le Président, vous qui affirmiez le jour de votre entrée à l’Elysée : « le peuple français ne veut pas que l’on décide à sa place et par-dessus tout ne veut plus que l’on pense à sa place », comment pouvez-vous refuser de consulter les Français par référendum sur un texte identique à celui qu’ils ont rejeté deux ans avant par référendum ?

Monsieur le Président, vous qui osez dire à Strasbourg devant le Parlement européen : « l’Europe se fera avec les peuples, elle ne se fera pas sans eux, elle ne se fera pas contre eux », comment pouvez-vous organiser un coup de force contre la volonté populaire et même vous en vanter devant les dirigeants européens ? Les Français ne seront pas dupes longtemps. Il ne s’agit pas d’un traité simplifié mais d’un véritable coup d’Etat simplifié.

Il est vrai que vous n’êtes pas le seul dans le pays à vouloir ainsi vous passer du peuple. Aussi étrange que cela puisse paraître (et preuve que le cynisme est la chose la mieux partagée à gauche comme à droite), votre adversaire à la présidentielle Madame Royal s’est évanouie. En trois petits coups de cuillère à pot, au détour d’une interview fleuve consacrée à sa stratégie de conquête de l’appareil PS (qui comme chacun sait, passionne les foules), elle a glissé en catimini six misérables petites lignes expliquant sans l’expliquer que le référendum n’était plus une question de principe digne d’être défendue ! Toute honte bue, la promesse d’un référendum n’était donc qu’un leurre de plus ! Et malheureusement seuls quelques femmes et hommes de gauche, libres et de convictions, se lèvent aujourd’hui pour exiger une consultation populaire.

Malheureusement certains qui avaient voté NON rentrent aujourd’hui au bercail partisan, laissant penser d’ailleurs que leur NON du 29 mai s’apparentait davantage à une posture politicienne qu’à une conviction profonde…

Ce déni de démocratie, cette instrumentalisation de parlementaires, de sinistre mémoire, sont acceptés sans sourciller par la très grande majorité de la classe politique, médiatique, économique.

Pourquoi ? Pour la raison très simple qu’une partie de la classe dirigeante française ne croit plus à la capacité de la France à mener sa propre politique, de choisir démocratiquement son destin dans le contexte de la « mondialisation clochardisation » d’aujourd’hui.

Le contenu du traité ne choque pas bon nombre de nos dirigeants, et tout au contraire les arrange car il signe la fin de l’indépendance, c’est-à-dire de la responsabilité politique devant le peuple avec ses risques et ses périls.

Il est tellement plus simple de s’en remettre à d’autres pour définitivement aligner la politique de notre pays sur la leur.

Il est tellement plus simple d’épouser le « laisser faire-laisser aller » général, habillé d’une mythologie européenne en carton pâte qui n’a rien à voir avec la belle idée européenne de départ.

Il est tellement plus simple de parler que d’agir.

Il est tellement plus simple d’escamoter le débat et même carrément la démocratie, pour laisser les intérêts gouverner.

Il est tellement plus simple de se faire les chantres de la « BOF Génération » !

Simple mais dangereux, très dangereux tant les conséquences peuvent être lourdes pour le pays et périlleuses pour ceux qui s’accommodent de la servitude.

Car vous le savez tous, si nous sommes rassemblés ici pour réclamer un référendum c’est bien parce que nous contestons les choix institutionnels majeurs contenus dans le traité comme ils l’étaient dans la Constitution Giscard.

******

Je refuse la ratification parlementaire, car j’aime la démocratie.

Je refuse ce traité car j’aime la France. Et, comme Romain Gary, j’ai envie de dire : « mon pays ce n’est pas la France, c’est la France libre ».

Et il faut lire ce traité (combien l’on lu d’ailleurs ?) pour comprendre qu’il qu’ il sonne le glas de la liberté du peuple français à disposer de lui-même.

On altère, on enterre un peu plus la démocratie française sans pour autant bâtir une démocratie européenne alternative.

Avec l’Acte unique, les traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice, l’ampleur de la dépossession démocratique en cours aurait du pourtant sauter aux yeux de chacun !

Une double dépossession : A l’échelon national où elle devrait pouvoir fonctionner le plus naturellement, la démocratie est empêchée au profit de l’échelon européen où elle est dématérialisée et ne peut s’exercer en réalité.

Dépossession aussi du législatif au profit de l’exécutif car, tout le monde le sait, ce sont les ministres qui arbitrent en conseil à Bruxelles des matières de nature législative.

Pourquoi ne pas tirer les leçons de l’impasse politique dans laquelle nous mène pourtant depuis 20 ans cette organisation bruxelloise tentaculaire ? Quelques exemples révélateurs :

A Paris le Grenelle de l’environnement débat de l’éventualité d’interdire les cultures d’OGM en plein champs… A Bruxelles le lendemain, un communiqué de la Commission rappelle qu’une directive l’interdit ;
Le prix des produits alimentaires flambe et on constate que la dénaturation de la PAC a réduit l’indépendance alimentaire de l’Union ;
Le secteur des jeux et des courses libéralisé dans beaucoup de pays n’est pas un modèle d’intégrité mais la France est sommée de privatiser son secteur ;
EDF offrait le prix le plus bas de l’électricité en Europe donnant un vrai atout de compétitivité à nos entreprises mais nous démantelons une des entreprises publiques les plus performantes d’Europe ;
La loi de la jungle se généralise sur tout le continent, avec des travailleurs utilisés comme une main d’œuvre corvéable à merci et pourtant, à Bruxelles la directive Bolkestein refusée à hauts cris a été adoptée dans la plus grande discrétion.

A chaque fois les mêmes arguments : « C’est la loi de la majorité. Nous l’avons acceptée. A 27 ce n’est pas comme à 6 ou 9, nous ne sommes plus majoritaires. Prenons garde à ne pas nous isoler. Il vaut mieux un mauvais compromis que rien du tout. ».

Voilà les résultats parmi tant d’autres du fameux passage à la majorité qualifiée tant vantés par les avocats de l’Europe dite « politique ». Voilà les fruits de la fameuse « stratégie de l’influence » qui s’apparente plutôt à une politique d’abdication permanente qui n’ose pas dire son nom.

Vous avez aimé Bolkestein, les OGM en plein champs, l’absurde libéralisation de l’électricité, du gaz, de la poste, l’arrivée des mafias dans les jeux, la fin de la langue française, les jachères, vous allez adorer les conséquences du passage de l’unanimité à la majorité qualifiée dans 52 domaines supplémentaires de compétences.

Des domaines choisis avec attention par nos amis britanniques et acceptés avec naïveté par la France. Car, malheureusement, il n’est pas question de passage à la majorité qualifiée dans le domaine fiscal où cela pourrait sous certaines conditions permettre d’éviter le dumping fiscal et social d’aujourd’hui. Non, il s’agit du passage à la majorité qualifiée dans des domaines de compétences où la France est, minoritaire dans l’Europe à 27. Très concrètement cela veut dire qu’en perdant son droit de veto dans des domaines clés pour son avenir, la France devra se plier à la loi de la majorité de ses 26 partenaires et renoncer de fait à son indépendance.

Comme le dit si bien Hubert Védrine, vouloir dans ces conditions bâtir l’Europe sociale, cette tarte à la crème de toute la classe politique française, relève de la pure incantation. Quelle absurdité de s’imaginer ou de faire croire que les pays qui rejettent notre modèle national, social et républicain, nous permettront de le conserver chez nous, lors de votes à la majorité qualifiée au Conseil ! Madame Royal nous dit que l’Europe sociale est désormais à portée de main, mais un mois plus tard la Commission de Bruxelles oppose un « niet » définitif au principe d’une directive-cadre sur les services publics en Europe !

De la libre circulation des travailleurs à la sécurité sociale, de la propriété intellectuelle aux contrôles aux frontières, du fonctionnement des services d’intérêt économique général (les services publics) aux négociations commerciales internationales, la France se met avec inconscience, avec naïveté, avec lâcheté, la corde au cou.

Choix d’ailleurs d’autant plus incompréhensible pour le Président de la République, qu’il a gagné l’élection présidentielle sur son volontarisme politique et justement sur sa conviction communicative qu’il était possible de « changer les choses ». Je ne comprends toujours pas cette ligne absurde qui consiste à accepter de se priver des moyens de mener la politique promise aux Français. Et je le lui ai dit en face, en tête à tête.

Comment peut-il ainsi s’interdire d’atteindre les objectifs qu’il s’est lui-même fixé ?

L’exemple des négociations commerciales internationales est tout à fait significatif. Jusqu’à présent seule la menace du droit de veto de la France permettait de raisonner le négociateur européen. Qu’en sera-t-il demain ? Comment le Président de la République a-t-il pu le 23 juin au matin dans son discours aux parlementaires menacer d’un veto sur les négociations en cours et se rendre l’après midi même au Conseil européen pour signer la fin de ce droit de veto !

Vous comprendrez dans ces conditions pourquoi j’ai décidé de siéger parmi les non-inscrits et pourquoi j’ai refusé de voter la confiance au gouvernement ! J’ai compris que la majorité, une fois de plus, se privait des moyens de respecter ses engagements électoraux. Or le redressement de la France passe aujourd’hui par la réorientation de la construction européenne.

Nous sommes là au cœur de la schizophrénie française, celle qui affaiblit notre pays depuis Maastricht. D’un côté des campagnes électorales comme si l’Europe n’existait pas, d’un autre côté une gestion gouvernementale comme si le peuple n’existait pas.

François Mitterrand avec le tournant de la rigueur de 1983, Jacques Chirac avec l’abandon de la fracture sociale… les Français seraient-ils alors condamnés à vivre une troisième fois la même désillusion ?

Nul doute que les échecs, les déceptions, les revers de tous les gouvernements, s’expliquent en grande partie par cette incapacité à mettre en cohérence les discours à Paris et les décisions à Bruxelles.

Signer ce traité, c’est perdre encore davantage la maîtrise de notre destin. C’est condamner encore plus la politique française à n’être qu’un jeu de rôles, un théâtre d’ombres.

Signer ce traité, c’est voir grandir toujours plus de frustrations, transformer le citoyen en consommateur, en spectateur puis ensuite en révolté.

Car, n’en doutez pas, à partir du moment où la démocratie disparaît, les décisions ne servent plus le peuple mais des intérêts souvent extérieurs, tant Bruxelles est sous influence étrangère à l’Europe.

Ajouter à cela la Charte des droits fondamentaux dont a abondamment parlé Anne-Marie Le Pourhiet, qui minera notre pacte républicain faisant le jeu des communautarismes et des séparatismes, et vous aurez le visage d’une France (où de ce qu’il en restera) impuissante et traversée de douloureuses convulsions.

« Mais n’êtes vous pas trop sévère ! » me dira-t-on. « Certes, reconnaissent certains de mes anciens amis politiques, nous avons accepté certains compromis mais regardez la France est de retour en Europe et c’est ainsi que l’on pèsera ! »

Je regarde et je ne vois rien venir. Car le comble du sommet de Lisbonne est justement d’avoir vu la France abdiquer sans même avoir essayé d’infléchir la politique européenne .

J’entendais récemment Mr Valls se gargariser de la prétendue disparition de la partie III dans le nouveau traité. Quel aplomb ! La partie III a disparu tout simplement car les traités qu’elle reprenait demeurent en place ou parce que ses « innovations » ont été savamment dissimulées entre les lignes du texte approuvé à Lisbonne.

Non seulement la France a signé un texte qui la privera, s’il était ratifié, de sa liberté.

Non seulement la France a accepté une charte des droits fondamentaux contraire à son modèle républicain.

Non seulement la France a accepté le déséquilibre de sièges au conseil au profit de l’Allemagne (contraire en cela à tous les principes de la réconciliation franco allemande fondée sur la parité entre les deux Etats).

Non seulement la France a accepté la dépendance de la politique de défense européenne vis-à-vis de l’OTAN.

Mais de surcroît elle n’a rien, mais vraiment rien, obtenu en contrepartie, pas même sur le front des questions économiques et sociales. Ni réforme de l’Euro, ni réforme de l’OMC, ni réforme de la Commission.

L’euro caracole à 1,50 dollar asphyxiant notre économie, et faisant à chaque fois que l’on vend un avion, perdre de l’argent à Airbus, Monsieur Mendelson, Commissaire européen multiplie les concessions commerciales dans les négociations de l’OMC. La Commission s’acharne contre nos services publics imaginant maintenant la séparation des réseaux d’électricité de la commercialisation. La PAC est tout simplement menacée de disparition, l’OTAN s’impose comme le patron de la défense européenne.

Est-ce cela le retour de la France en Europe ?

Le Général de Gaulle avait bien raison de mettre en garde en affirmant : « A force de dire oui à tout on disparaît soi-même ».

Et pourtant la France avait toutes les cartes en main au début de l’été pour défendre ses intérêts et promouvoir une autre Europe. La force du NON du 29 mai, la légitimité de l’élection présidentielle sur des thématiques identiques (la carte électorale des 2 votes se superposent), donnaient au Président de la République les moyens d’agir pour réorienter l’Europe pour le plus grand bien à la fois de l’Europe et de chacun des pays qui la composent.

Malheureusement, pour briller le temps d’un sommet au lendemain de son élection, le président de la République a signé ce traité. La France n’a pas fini de payer la légèreté de cette décision. Mais pas seulement la France, toutes les nations d’Europe vont payer cher la capitulation du pays qui pouvait réorienter l’Europe.

Car ne l’oublions jamais, mes amis, si nous contestons ce traité scélérat, c’est aussi parce qu’il est dangereux pour l’Europe elle-même.

******

Je demande un référendum non seulement parce que j’aime la démocratie, parce que j’aime la France mais aussi parce que j’aime l’Europe.

Expliquons inlassablement à nos concitoyens que l’Europe peut et doit se bâtir autrement. Il y a la bonne Europe, celle des coopérations respectant les peuples et qui a fait ses preuves. Il y a malheureusement la mauvaise Europe, supranationale et bureaucratique dont l’échec est criant. C’est justement à force de laisser les intérêts gouverner le continent au détriment des peuples que l’on est en train d’éloigner les jeunes générations, les actifs, ceux qui souffrent de la belle idée de réconciliation européenne.

Regardez ce qui se passe entre l’Italie et la Roumanie. Observez les problèmes d’immigration en Angleterre. Ecoutez la colère des chômeurs de tous les pays dont les emplois ont été délocalisés.

Or, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, il n’y a pas de fatalité à subir cette implosion du continent. L’expérience historique démontre que ce sont souvent les exigences françaises qui ont forcé l’Europe à évoluer. Jamais la PAC n’aurait existé sans la politique de la chaise vide en 1965. C’est en étant libre, forte, démocratique, ouverte aux autres peuples que la France servira le mieux la belle idée européenne, la réconciliation des peuples, le progrès social et l’indépendance du continent.

Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, le plan B est possible.

L’Europe peut tout d’abord être démocratique. Une Europe qui s’appuie sur les nations et leurs peuples. C’est pourquoi il faut veiller à laisser au niveau national le maximum de compétences. De même entre les votes à l’unanimité qui bloquent et ceux de la majorité qualifiée qui peuvent violer un peuple sur des sujets donnés, je crois indispensable d’inventer une Europe à géométrie variable.

Projet par projet, les Etats coopèreraient en participant à des agences européennes sur le modèle de l’agence spatiale. Dans ce cadre, en acceptant les règles du jeu à l’avance, je ne vois pas d’objection à des délégations de compétences et à des votes à la majorité.

L’Europe de demain peut être indépendante. Dans le domaine de la défense (dont pourrait parler abondamment Jean-Pierre Chevènement) en bâtissant une coopération non assujettie à l’OTAN. Dans le domaine scientifique et universitaire en mettant en œuvre des universités européennes concurrentes de celles des Etats-Unis : en soutenant des projets industriels, en investissant massivement dans les nouvelles technologies.

L’Europe de demain peut être humaniste. Pour cela bien sûr, il faut veiller au respect au niveau mondial d’une concurrence loyale et oser militer pour un monde de grandes entités commerciales comme le recommande le Prix Nobel Maurice Allais. Seule la mise en œuvre d’une véritable préférence communautaire fondée sur un droit de douane environnemental et social sera en mesure d’éviter la ruine du continent et la paupérisation des pays soi-disant émergents.

De même, seule une nouvelle politique monétaire, une refonte de la BCE, sera de nature à relancer la croissance, les salaires et l’emploi.

Vous le voyez, mes chers amis, au niveau national comme au niveau européen, la démocratie, l’indépendance et le progrès vont ensemble et se renforcent les uns les autres.

Mais, vous vous en doutez, ce n’est certainement pas en étant effacée que la France se fera respecter et sera capable d’être le levain de cette nouvelle pâte européenne que nous appelons de nos vœux. C’est au contraire en étant libre, porteuse des valeurs universelles qui l’ont toujours grandie.

******

Voilà pourquoi la question du référendum est cruciale pour l’avenir de notre pays comme pour celui de l’Europe.

Il nous reste peu de temps pour ouvrir les yeux des Français, comme les yeux des autres européens. La tâche est difficile, je le sais. Chacun peut se sentir isolé alors qu’en vérité nous sommes des millions. A nous donc tels des ruisseaux dans nos vallées respectives d’irriguer de nos idées et de nos propositions, l’opinion.

Ne cherchons pas à fusionner ce qui ne peut pas l’être. Procédons par additions et qu’importe s’il y a plusieurs pétitions ici ou là pour un référendum. Tout cela prouve d’ailleurs la vitalité démocratique de notre pays qui se retrouve sur Internet. (Merci à vous, Etienne Chouard, pour tout ce que vous faites !)

Veillons simplement à coordonner nos efforts comme nous le faisons symboliquement aujourd’hui pour la première fois.

Rappelons toujours et partout que c’est pure folie de vouloir bâtir l’Europe en bâillonnant les peuples.

Affirmons sans complexe que si par malheur ce traité devait être ratifié par le Parlement français,il n’engagerait en rien le peuple français, c’est-à-dire la France, puisque, sous les apparences de la légalité, il serait profondément illégitime.

Proposons avec sérieux et rigueur une autre Europe car n’en doutez pas celle qu’ils veulent imposer par ce coup de force est condamnée d’avance.

Rassemblons nos amis européens comme Jens-Peter Bonde, dont l’action est déterminante au Danemark, car dans tous les pays la colère des peuples gronde.

Mobilisons enfin les citoyens français et des autres pays européens autour de cette idée d’un référendum dans chaque pays le même jour et pourquoi pas le 9 mai.

Oui un référendum dans tous les pays, car il n’y a pas que le peuple français qui est frustré de ne pouvoir s’exprimer.

Oui un référendum le 9 mai pour « la Fête de l’Europe » car nous sommes convaincus que l’Europe est une nécessité pour l’avenir, une Europe des peuples, une Europe au service des peuples, une Europe véritable multiplicateur de puissance pour donner à chaque nation épanouie et fière d’elle-même, la capacité de peser dans la mondialisation.

Oui, mes chers amis, mes chers compagnons, mes chers camarades, l’heure de la résistance a sonné.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président de Debout la République

jeudi 29 novembre 2007

Sarkozy : Français, à vos milliards !

la suite sur http://www.marianne2.fr

Magic Sarko ! A écouter le Président à la télévision hier soir jeudi 29 novembre, on n'avait pas l'impression que la France allait traverser une crise économique mondiale.


Vous aviez des questions ? Vous avez des milliards ! On ne l'avait pas vu depuis longtemps. Le candidat Sarkozy était de retour jeudi 29 novembre sur TF1 et France 2. Avec, dans sa besace, tous ces milliards qu'il entend donner aux Français. Cinq milliards de RTT à racheter, même dans la fonction publique. Cinq milliards d'heures supplémentaires. Des milliards pour augmener les tarifs d'heures supplémentaires des fonctionnaires. Des milliards d'augmentations de salaires contre la poursuite des allègements de charge. D'autres milliards pour les salariés et les patrons qui se mettent d'accord pour supprimer les 35 heures. Vingt milliards de contrats en Chine pour les usines françaises. Deux milliards de contrats au Maroc. Encore des milliards de contrats à venir en Algérie. Et encore des milliards à programmer pur 2008 pour la réunion de la mi-décembre, destinée à préparer l'agenda social de l'année 2008.

En écoutant le président, on avait l'impression d'être devenu beaucoup plus riche. Sauf les libéraux qui le soutiennent : ceux-là, les Jacques Marseille, les Eic Le Boucher, qui grognent depuis plusieurs semaines, ont dû pester contre ce politicien qui signe des chèques en bois en misant sur la relance. Chèques en bois ou illusions de chèque : car sur beaucoup de points, le programme du relance de pouvoir d'achat a évité la clarté et la précision. Mais comme ses deux interlocuteurs, Arlette Chabot et PPDA n'étaient guère exigeants sur ce point, le président a pu sans difficulté redérouler son nouveau programme électoral. Et conclure ainsi : «Les Franças ils savent très bien qu'il n'y a pas d'argent dans les caisses. Je ne suis pas là pour distribuer des cadeaux de Nöel.» Ah bon ? C'était bien mal imité....

Vendredi 30 Novembre 2007 - 00:05
Philippe Cohen
la suite sur http://www.marianne2.fr

Rapport Olivennes : Non au flicage de l’internet !

COMMUNIQUE DE PRESSE

un combat d’arrière-garde

Après la loi DADVSI qui a écarté le principe de la licence globale sans même l’avoir examiné, le rapport Olivennes constitue un pas supplémentaire vers une politique du tout-répressif sur internet, à contre-courant des usages élémentaires de la démocratie et du sens de l’Histoire.

En préconisant l’instauration d’un contrôle sur les fichiers échangés entre internautes, qui serait assuré par une invraisemblable autorité administrative indépendante apte à prononcer des sanctions contre les particuliers, ce rapport plaide pour un système potentiellement liberticide et fondé sur une justice d’exception.

Comment, en effet, accepter la possibilité d’une justice à deux vitesses, qui violerait l’égalité des citoyens devant la loi ?

Par ailleurs, malgré les dénégations de M. OLIVENNES, il va de soi que la tentation du filtrage des contenus sera très forte et donnera nécessairement lieu à la violation de la vie privée des internautes. Pire, pour empêcher les échanges de gros fichiers via la messagerie électronique des particuliers, verra-t-on cette autorité administrative indépendante violer aussi la correspondance des citoyens, un crime passible des plus lourdes sanctions depuis le règne de Louis XIV ?

Initié par et au service d’une industrie du disque qui entrave la marche du Progrès afin de préserver une poule aux œufs d’or dont elle n’a cessé d’abuser ces dernières décennies, le rapport Olivennes préconise un système à la fois rétrograde et inefficace : rétrograde, car comme les copistes voulant interdire l’imprimerie il y a 500 ans, elle mène un combat d’arrière-garde. Inefficace, car la technique trouvera toujours de nouveaux moyens pour contourner le flicage de l’internet.

Aujourd’hui comme il y a deux ans, le seul moyen de réguler efficacement le peer-to-peer tout en rémunérant les différents maillons de la filière audiovisuelle, du créateur au producteur, est de s’engager résolument dans la voie de la licence globale. Car contrairement à ce qu’affirment ses adversaires, il est tout à fait possible de dégager, grâce à cette licence, des rétributions importantes et de les répartir équitablement au moyen de sondages.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

Pour travailler plus, encore faut-il qu’il y ait… plus de travail !

Gagner plus ? Trois obstacles, par Gérard Lafay

LE MONDE | 28.11.07 | 14h08 • Mis à jour le 28.11.07 | 14h08

Le pouvoir d’achat de la majorité des Français stagne depuis plusieurs années. Le président Sarkozy s’efforce de faire face à cette question, qu’il avait déjà mise en avant, au printemps, lors de sa campagne électorale. Les réponses apportées visent à lever un premier obstacle, qui tient à l’insuffisance de l’activité des travailleurs en France. En revanche, elles risquent de se révéler inopérantes si elles ne surmontent pas les deux autres obstacles, qui viennent d’un côté de la surévaluation de l’euro, de l’autre de la faiblesse de l’actionnariat des travailleurs français. Un premier obstacle découle du fait que, depuis de nombreuses années, nos gouvernements ont mis en place un "traitement social" visant à limiter la montée du chômage recensé. Tantôt ils ont avancé l’âge de la retraite, d’abord en le fixant autoritairement à 60 ans, puis en multipliant les préretraites en deçà de cet âge. Tantôt ils ont voulu réduire le nombre d’heures travaillées par chacun, en le limitant à 35 heures par semaine (lois Aubry). Toutes ces mesures ont été financées par l’Etat. Le résultat est double. D’une part, la France est l’un des pays industrialisés où la part de l’emploi dans la population totale est l’une des plus faibles. D’autre part, très logiquement, elle est aussi l’un de ceux où la part des dépenses publiques dans le produit intérieur brut (PIB) est l’une des plus élevées. Fort heureusement, le gouvernement mis en place par le président Sarkozy commence à prendre des mesures afin de surmonter ce premier obstacle, en concrétisant son slogan "travailler plus pour gagner plus". Le deuxième obstacle n’est pas propre à la France, mais il concerne toute la zone euro. Dans l’espace économique mondial, le niveau relatif des salaires découle, dans une large part, du taux de change réel, c’est-à-dire du niveau relatif des prix vis-à-vis du reste du monde. Cette question est essentielle dans les conditions de croissance, tant pour l’attractivité de l’investissement productif intérieur que pour la compétitivité du commerce extérieur. Pendant longtemps, elle n’était mise en relief que par quelques-unes, étant niée par la plus grande partie des observateurs. Mais les faits sont têtus. Aujourd’hui la surévaluation de l’euro apparaît de plus en plus évidente, non seulement vis-à-vis du dollar américain, mais encore davantage vis-à-vis du yuan chinois. En étant trop cher, l’euro interdit aux entreprises de procéder à des hausses substantielles de salaires, de même qu’il empêche l’économie de reprendre un rythme élevé de croissance. Dans sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait critiqué le comportement de Jean-Claude Trichet, de même que sa rivale Ségolène Royal. Que fait-il aujourd’hui ? Il se contente de reprendre périodiquement la même antienne, sans que ses exhortations aient le moindre effet. Pis encore. Il veut faire voter par le Parlement une nouvelle version du traité européen, quasi identique au projet de Constitution rejeté par le peuple français le 29 mai 2005. Or cette version entérine, ipso facto, l’erreur de conception inhérente au traité de Maastricht ainsi qu’une logique de libre-échange naïf. En fait, ce sont précisément ces deux éléments qui expliquent la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne et l’absence de toute politique commerciale de rétorsion face au dumping monétaire. Ce seul fait réduit à néant les décisions courageuses que peut prendre le président Sarkozy sur le plan national. Le troisième obstacle tient à l’évolution générale du capitalisme au niveau mondial qui, depuis la chute du communisme, accroît de plus en plus les revenus du capital tandis que, dans les pays développés, les revenus du travail stagnent pour le plus grand nombre. La solution est de mettre en place une forme française de capitalisme, où les travailleurs deviennent en même temps des actionnaires, parvenant à détenir la majorité du capital des entreprises. Cette solution avait déjà été amorcée par le général de Gaulle, avec l’ordonnance de janvier 1959 sur l’intéressement et celle d’août 1967 sur la participation, complétées depuis lors par d’autres dispositions. Mais la part des travailleurs reste marginale dans le capital de la plupart des grandes entreprises. Au lieu de vouloir débloquer les fonds de participation, afin de favoriser la consommation de façon conjoncturelle, il faut accomplir une véritable réforme structurelle. L’objectif est de développer ces mécanismes sur une grande échelle en mettant en place, à côté de l’actionnariat direct, des formes collectives d’actionnariat diversifié, par la création institutionnelle de fonds de pension par métier. Le président Sarkozy est sur le point de surmonter le premier obstacle. Il réussira à élever graduellement le pouvoir d’achat des Français s’il fait sauter les deux derniers. Sinon, il est condamné à l’échec.

Gérard Lafay est professeur d’économie internationale à Paris-II.

lundi 26 novembre 2007

Face à la crise des banlieues, encore et toujours la politique des mesurettes !

Par Nicolas Dupont-Aignan,

Les incidents de Villiers le Bel rappellent à l’opinion combien les « cités » françaises sont hautement inflammables.

Malheureusement, sur le terrain rien n’a véritablement changé depuis 2 ans. Certes, des milliards sont dépensés pour démolir des tours et rebâtir des logements plus vivables mais les causes profondes de la crise demeurent. La faiblesse de l’Etat, le déficit d’éducation, le double langage de ceux qui devraient montrer l’exemple, l’anémie économique.

Jamais les effectifs de police n’ont été aussi faibles dans les commissariats de quartier, les bureaux de police de proximité ferment les uns après les autres et des questions pourtant simples à résoudre, comme l’interdiction d’importation des mini-motos, sont laissées en jachère. Depuis des mois, je dénonce le scandale de ces engins non-homologués, interdits de circulation qui sont vendus pour rien sur Internet et dans les hypermarchés. Dans les cités, ces motos sont utilisées sans casque, sans éclairage, par des enfants. La plupart du temps, la police ne peut intervenir sans que les contrevenants prennent la fuite, mettant en danger leur propre vie et celle d’autrui. Combien de morts faut-il attendre pour enfin prendre la seule mesure raisonnable : l’interdiction pure et simple de la commercialisation ? Je pourrais aussi parler de la Justice, dont les délais d’action (lorsque action il y a !) et la mansuétude encouragent les attitudes délinquantes.

De même, on parle toujours autant de lutte contre l’échec scolaire mais les premières annonces prometteuses de renforcement des effectifs dans les établissements qui en ont le plus besoin (par exemple les LEP) ne porteront leurs fruits que si elles sont réellement suivies d’effet notamment pour le personnel non enseignant, qui fait cruellement défaut. Dans ma ville, par exemple, les médecins scolaires, infirmières, assistantes sociales manquent. Les établissements privés, où l’encadrement est assuré, voient leur liste d’attente s’allonger chaque année, le flux des candidats, notamment d’origine modeste, ne cessant de grossir.

Il faudra aussi rétablir un lien de confiance entre gouvernants et gouvernés : sans exemplarité, sans égalité de traitement entre les puissants et les autres, sans espoir collectif, le discours d’ordre des pouvoirs publics continuera de passer au mieux pour du blabla, au pire pour de la provocation. Le « faites ce que je dis, pas ce que fais » offre un prétexte rêvé à tous ceux qui préfèrent la délinquance à l’effort et qui savent entraîner dans leur sillage une jeunesse désespérée ou influençable.

Enfin, rien ne changera tant que le marasme économique, résultant pour une grande part du déficit de compétitivité de la France, continuera ses ravages. Avec un euro surévalué, des charges sociales toujours aussi élevées, un libre échange déloyal, une formation continue désespérément insuffisante, comment pourrait-on sérieusement relancer la machine ?

Pour remédier en profondeur au mal-être des banlieues sensibles, il faut enfin sortir de la politique des mesurettes à laquelle les gouvernements successifs se sont habitués au fil du temps. Un Etat régalien ferme et juste, une école du mérite, une économie d’expansion, voilà les moyens de sortir d’ici à quelques années de ce terrible engrenage dans lequel ne cessent de se débattre certains de nos quartiers.

Par Nicolas Dupont-Aignan,

mercredi 21 novembre 2007

L'euro fort menace t-il la croissance française ?

Article de Marianne2

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.


L'euro fort menace t-il la croissance française ?

Tout d'abord une petite lapalissade, l'euro est fort parce que le dollar est faible, suite à la crise des «subprime» et aux déficits jumeaux américains, commerce et déficit public qui ne se résorbent pas. L'une des raisons de la baisse du dollar est notamment l'émission de bons destinés à financer la guerre en Irak. Tout au long de la guerre du Viet Nam, le dollar fut faible, comme il l'est aujourd'hui.

Mais la raison essentielle de la baisse est le financement de la consommation américaine, les Américains achetant des produits en Chine, lesquels sont souvent fabriqués par des entreprises américaines délocalisées. Pendant ce temps les Chinois sont très attentifs à ne pas casser leur expansion, et maintenir à cet effet une parité à peu près constante avec le dollar. C'est donc une dynamique industrie-consommation-échanges qui fixe la parité dollar/yuan. L'euro, lui n'a rien à dire et s'adapte a contrario.

Quelles sont les conséquences de cette situation sur le commerce international? En terme de poids des échanges, l'Europe pèse moins que l'ensemble Japon-Chine vis-à-vis des Etats-Unis. C'est pourquoi l'impact de la baisse du dollar n'est sans doute pas aussi important qu'on pourrait le craindre pour l'industrie européenne. En revanche, la baisse du dollar est une bonne chose pour la facture pétrolière, qui entre dans le prix des produits manufacturés. On notera enfin que la période d'euro faible, grosso modo la période Jospin, fut une période de forte croissance pour la zone euro et pour la France en particulier.

Pourtant, si jamais l'euro n'a été aussi fort, jamais les exportation allemandes n'ont été aussi importantes. A cela une double explication :
1) les Allemands fabriquent des machines, et non des produits finis. Des machines nécessaires pour faire les produits finis, précisément, indispensables quel que soit le prix ;
2) les Allemands ont complètement délocalisé leurs usines en Europe de l'Est et font fabriquer à coût dérisoire à coté de chez eux. Vérité au-delà du Rhin, erreur au-delà.

http://www.marianne2.fr/L-euro-fort-menace-t-il-la-croissance-francaise-_a81290.html

mardi 20 novembre 2007

Pour sortir de l’impasse économique et sociale

Marianne, édition du 17 novembre 2007

Six mois après l’élection présidentielle et l’espoir qui l’a accompagnée, les Français, toutes les enquêtes le montrent, broient à nouveau du noir. Pouvoir d’achat en berne, croissance désespérément « molle », déficit croissant du commerce extérieur, litanie des délocalisations, le pays malgré l’activisme tous azimuts du nouveau Président dont la popularité résiste pour le moment sur le front des sondages, s’engage inexorablement dans une douloureuse impasse économique et sociale.

La méthode Coué, consistant à nier l’inquiétude montante, ne résoudra rien. Pour trouver les voies et moyens de s’en sortir, il est important de comprendre les causes du marasme économique et social.

Trois fautes, l’une diplomatique, l’autre macroéconomique et la troisième psychologique, ont été commises par le Président grisé par sa victoire.

La première faute est diplomatique. La hausse continue de l’euro est l’une des causes importantes des difficultés économiques du pays. Il ne s’agit pas seulement ici de taux de change, mais aussi de la cherté de l’investissement, qui devient insupportable dans le contexte d’une économie ouverte à tous les vents d’une concurrence extérieure souvent déloyale. Nicolas Sarkozy l’avait d’ailleurs compris puisqu’il n’avait cessé durant sa campagne de mettre en cause la Banque Centrale européenne, de réclamer le rétablissement de la préférence communautaire et d’appeler à une autre gouvernance de la monnaie unique. Malheureusement alors qu’il avait au sommet de Bruxelles de juin toutes les cartes en mains, il a capitulé, refusant de faire du changement des statuts de la Banque Centrale européenne le préalable à tout accord européen. Il a ainsi tout cédé à l’Allemagne sur le plan institutionnel, sans rien obtenir sur le front de l’euro et du commerce international. Le résultat est là, alors que l’Union européenne demeure passive. L’euro flirte avec les 1,50 dollars (0,8 en 1999), condamnant nos industries exportatrices à la mort lente et notre tissu productif anémié à la stagnation.

La seconde faute est macroéconomique. Le Président et la majorité ont cru qu’il suffisait de défiscaliser les heures supplémentaires pour relancer l’activité. Ce qui pourrait être justifié dans une phase de rebond n’a pas de sens au moment où les commandes n’arrivent plus. De même, les mesures clientélistes votées à la va-vite en juillet n’apportent rien à la croissance. 15 milliards de recettes fiscales perdus (le coût des 35 heures), alors qu’il eût été si précieux d’utiliser cet argent pour renforcer la compétitivité des entreprises, notamment des PME !

La troisième faute est psychologique. En augmentant son salaire de 206%, au moment où beaucoup de Français réduisent leurs dépenses d’alimentation et ne savent plus comment finir le mois, le Président s’est-il rendu compte de ce qu’il faisait ? Comment appeler à l’effort collectif et s’en dispenser soi-même aussi ostensiblement ?

Que faire aujourd’hui ? La pire des choses serait d’ajouter à ces trois erreurs majeures une quatrième. La faute politique consistant à chercher un bouc émissaire, à dresser une majorité de Français contre une minorité. Si la réforme des régimes spéciaux de retraites est nécessaire, il est mensonger d’en faire l’alpha et l’oméga du redressement de la Nation.. Il faut aller au-delà et tout faire pour relancer la machine économique. La France a besoin de réformes. Mais ces réformes ne pourront réussir qu’avec l’adhésion des Français. De même elles n’auront d’effet que si l’on est capable de boucher les trous qui s’élargissent chaque jour davantage dans la coque du navire, notamment ceux du sous-investissement productif et du commerce extérieur !

Pour être constructif, je fais trois propositions simples :

1. la baisse des charges sur les heures supplémentaires n’étant pas utilisée, en raison de la complexité et de l’inadaptation de la mesure, serait transformée en une réduction des charges sociales notamment des PME de moins de 10 salariés. Cette mesure aurait le mérite de la simplicité. Pourrait s’ajouter une première expérimentation de la TVA sociale qui, loin de casser la croissance, a renforcé la compétitivité de l’Allemagne.

2. la France refuserait de soumettre à ratification le nouveau traité européen tant que les pays de la zone euro ne se mettraient pas d’accord sur une nouvelle politique monétaire (baisse des taux d’intérêt de la Banque Centrale européenne) et une nouvelle politique commerciale à l’OMC (mise en place de la taxe carbone)

3. enfin, pour réduire le fossé croissant entre l’augmentation des profits et la stagnation des salaires, la « participation » serait largement incitée fiscalement et les stocks option réellement encadrés et taxés. Pourquoi aussi les élus de la République, les Ministres ne montreraient-ils pas franchement l’exemple en réduisant de 10 ou 20% leur indemnité de fonction ?

Ainsi le peuple français pourrait constater que c’est l’ensemble de la Nation qui fournit un effort pour relever les défis collectifs. L’effort partagé, un cap retrouvé, l’espoir d’un avenir meilleur pour tous en vue, il serait alors davantage prêt à consentir sa part de sacrifice.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député Debout la République de l’Essonne Président de DLR

dimanche 18 novembre 2007

jeudi 15 novembre 2007

Appel de Nicolas Dupont Aignan en faveur de d'un référendum sur le traité de Lisbonne.

La politique de la posture, toujours et encore...

La grève des transports symbolise vraiment l’incapacité de notre pays à résoudre intelligemment les problèmes auxquels il est confronté. A l’exception des usagers, la dureté du conflit semble arranger tous les acteurs.

Du côté des syndicats, c’est le moyen d’éviter de perdre leur base ulcérée d’être pointée du doigt comme des privilégiés. Du côté du gouvernement, il y a une certaine satisfaction à afficher le visage d’une fermeté au service de la justice, alors même que sa politique économique et sociale est incompréhensible et dangereuse. On sent bien l’ambition du président de la République de réussir là où d’autres, avant lui, ont échoué…

Bien évidemment la réforme des régimes spéciaux est incontournable. Les propositions des directions d’entreprises sont d’ailleurs beaucoup plus souples qu’on ne veut le faire croire et il n’y a pas d’alignement complet sur le secteur privé.

Il reste qu’il faut aussi prendre en compte la pénibilité des métiers (horaires de nuit, travail du week-end). Mais surtout cette réforme ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des défis de l’économie française.

On peut sans cesse allonger la durée de cotisation et repousser l’âge du départ en retraite, mais cela n’aboutira à rien si la France continue de battre le record des départs en préretraites à 50 ou 55 ans, pour cause d’insuffisance de compétitivité ! C’est une génération entière qui risque de s’enfoncer dans la misère au moment de la retraite, faute du nombre requis d’années de cotisation.

Seul un regain de croissance économique, résultant d’une augmentation de la productivité et de la compétitivité de nos entreprises, peut permettre à la nation de payer l’effort à la fois pour les retraites et pour la santé. Ne nous y trompons pas, il faudra dégager une part plus importante de notre richesse collective pour accompagner dignement le développement du grand âge, c'est-à-dire du risque dépendance. Est-ce d’ailleurs si choquant ?

Depuis 1950 la France a augmenté sa part de PIB consacrée à la santé et aux retraites dans des proportions déjà considérables. C’est aussi le signe d’un pays à la fois plus prospère et plus juste, bref d’un pays civilisé. Toute la question est de savoir comment on dégage cette part nécessaire et comment on répartit l’effort.

C’est pourquoi, plutôt que de consacrer 20 minutes du journal télévisé au fonctionnement des trains comme si nous étions en guerre, il serait peut-être utile de comprendre comment on peut éviter les délocalisations ; pourquoi l’euro cher asphyxie nos entreprises ; pourquoi le travail des enfants ou le saccage environnemental en Chine nourrit des échanges déloyaux en faisant la fortune de quelques centaines de nababs. Utile aussi de parler des politiques natalistes qui permettraient de revenir à un taux de fécondité de 2,1 (nous n’en sommes pas loin) et de régler une partie du problème à échéance de 20 ans !

Utilité enfin d’aborder la question du fonds de réserve des retraites qui aurait dû être abondé des recettes des privatisations. La Norvège a su, par une politique prudente, se doter d’un tel fond exceptionnel. En un mot, seul le renforcement de nos entreprises, notre capacité à défendre nos intérêts, en même temps qu’une nouvelle organisation du système de protection sociale qui devra s’opérer dans le souci d’une vraie justice, servira nos retraites.

La tragicomédie des régimes spéciaux trahit en vérité la complaisance générale pour les postures politiciennes, au détriment de la recherche de l’intérêt général. Au risque de laisser pourrir les vrais problèmes…