mercredi 20 août 2008
Afghanistan : la France ne doit pas s’enliser dans un bourbier sanglant
COMMUNIQUE DE PRESSE
Afghanistan : changer de stratégie ou se retirer
La mort de dix de nos soldats en Afghanistan appelle le recueillement et le respect. Chaque Français ne peut que se sentir solidaire des familles endeuillées, à qui je souhaite adresser mes plus sincères condoléances.
Ce drame démontre que les mises en garde exprimées lors du débat de censure par les opposants à un engagement de troupes françaises supplémentaires dans ce pays, étaient hélas fondées.
La stratégie conduite par les Etats-Unis, dont nous ne sommes que les supplétifs, mène à un bourbier sans issue. La France doit obtenir le changement radical de cette stratégie, comme elle l’avait timidement demandé en marge du sommet de Bucarest, ou alors retirer ses troupes.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député non-inscrit de l’Essonne
Président de Debout la République
Retrouvez des interventions de NDA lors du débat sur la motion de censure, en avril dernier :
- http://www.ndatv.info/article-74-motion-de-censure-intervention-de-nda-sur-le-site-lemondefr.html
- http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/2008/03/28/210-escalade-militaire-en-afghanistan
mardi 19 août 2008
samedi 16 août 2008
Les relations russo-européennes déterminent aussi l’avenir de l’UE
Par Nicolas Dupont-Aignan,
S’il est trop tôt pour évaluer la part des responsabilités respectives dans le conflit, deux évidences s’imposent : l’armée russe a réagi à une agression géorgienne et Moscou, contrairement aux craintes manifestées par les Etats-Unis et certains pays de l’UE, semble faire preuve de la retenue nécessaire en s’abstenant d’envahir la totalité de la Géorgie et de chasser son président. Des gages ont manifestement été pris sur le terrain, mais il s’agit en tout état de cause pour les Russes de se donner les moyens de négocier en position de force.
Une fois obtenue la cessation des hostilités, si tant est qu’il en soit ainsi, reste à sceller une paix durable entre les deux pays, laquelle pèsera bien entendu sur les relations que la Fédération de Russie entretient avec l’ensemble de ses anciennes républiques et, au-delà, avec l’Europe et le reste du monde.
Concernant le sort des provinces séparatistes de Géorgie, on voit mal comment leurs sincères et légitimes aspirations à l’indépendance vis-à-vis de Tbilissi pourraient être plus longtemps ignorées. Et le précédent du Kosovo empêche désormais les Etats-Unis et l’UE de s’y opposer. Quant à la Géorgie elle-même, si son indépendance doit évidemment être défendue, il lui faudra très certainement changer d’attitude vis-à-vis de son puissant voisin : en effet, sa politique de défiance à l’égard de la Russie, attisée par la perspective de son adhésion à l’OTAN qu’encouragent les Etats-Unis, est un obstacle majeur à la paix dans la région.
Ce constat est bien entendu valable pour toutes les anciennes républiques soviétiques membres de la Communauté des Etats Indépendants (le Biélorussie, l’Ukraine, la Géorgie, l’Arménie, etc.), qui ont acquis leur indépendance au début des années 1990. Au lieu de les intégrer à l’OTAN, qui tend de plus en plus à devenir l’instrument militaire au service des projets d’hégémonie mondiale des Etats-Unis, il serait plus sage d’en faire des Etats tampons entre la Russie et l’UE, avec lesquels Bruxelles pourrait d’ailleurs signer des accords de partenariat privilégié. Cela signifie clairement la garantie de leur indépendance contre leur accession au statut de pays neutres. Cette solution, d’ailleurs réclamée par la Russie elle-même, stabiliserait et désamorcerait la situation dans la zone d’influence de l’ancienne URSS. Ce ne serait pas rien : songeons par exemple que la moitié de la population d’Ukraine est… russe et qu’un affrontement à la géorgienne entre ce pays et la Russie aurait des conséquences incalculables !
A ceux qui agitent l’épouvantail du retour d’un ogre néo-soviétique, il ne sera guère difficile de rappeler quelques vérités : c’est pacifiquement, à la fin des années 1980, que la Russie a renoncé à ses anciens satellites d’Europe centrale et orientale, allant même jusqu’à admettre dans la foulée l’indépendance de républiques soviétiques qui font pourtant partie depuis presque toujours de son aire historique. Ensuite, malgré ses spécificités, la Russie n’a rien à voir avec la dictature oppressive que se plait à décrire une certaine intelligentsia occidentaliste avec la bénédiction du Département d’Etat américain : si les libertés publiques doivent bien entendu faire des progrès en Russie, son peuple - que ça plaise ou non - n’en soutient pas moins ses dirigeants qui lui ont rendu dignité et perspectives de développement économique. Enfin les Russes n’ont pas oublié les drames du XXème siècle et ne semblent pas plus que les autres nations européennes tentés par un impérialisme conquérant.
Les Européens auraient tout intérêt à favoriser la neutralisation stratégique des pays comme la Géorgie, ce qui acterait leur acceptation du retour de la Russie sur la scène internationale, offrirait les conditions d’une paix durable en Europe et ouvrirait la voie à un renforcement des échanges, très riches de perspectives, entre eux-mêmes et les Russes. Pourrait alors émerger cette Europe « de l’Atlantique à l’Oural » qu’avait appelé de ses vœux Charles de Gaulle et dont la seule existence arrêterait l’inquiétante dérive « occidentaliste » de l’UE, principal levier des projets fous de suprématie américaine dans le monde.
Cette voie sera-t-elle choisie par Nicolas Sarkozy ? On doit hélas en douter, la réintégration complète de la France dans l’OTAN, ou la présence de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay, étant plutôt le signe d’un alignement inconditionnel sur les Etats-Unis.
Mais le temps d’une Russie durablement affaiblie par l’implosion soviétique est bel et bien révolu et il faudra désormais compter davantage avec elle. L’Europe aurait tort de lui tourner le dos.
jeudi 14 août 2008
Dérapage des tarifs autoroutiers : NDA demande un gel et une enquête parlementaire
Autoroutes, assez du racket !
La privatisation malencontreuse des sociétés d’exploitation d’autoroutes, en 2006, pour des montants relativement modestes, avait rencontré l’opposition de 7 Français sur 10 et suscité nombre d’oppositions au Parlement, dont la mienne.
Outre le risque de graves sous-investissements dans les infrastructures existantes et à créer, le principal danger était bien entendu le dérapage des tarifs au détriment des usagers et au profit des seuls actionnaires.
Ce qui devait arriver est arrivé, ainsi que l’a sévèrement pointé la Cour des comptes il y a quelques mois, dans un rapport sans ambiguïté aucune : « L’Etat a mal assuré la protection des consommateurs face aux nouvelles sociétés privées concessionnaires. […] Les défauts et l’opacité de mécanismes d’une grande complexité ont permis des niveaux de recettes supérieurs aux tarifs moyens affichés et des augmentations dépassant les hausses autorisées. »
Les automobilistes français, qui ont pour la première fois limité cette année leurs déplacements sur autoroutes, sont tout à fait conscients de cette sorte de racket qui les révolte bien légitimement.
C’est pourquoi je demande au gouvernement qu’il décrète le gel d’un an des tarifs des péages autoroutiers, le temps qu’une Commission d’enquête parlementaire, dont je sollicite auprès du président de l’Assemblée nationale la création dans un courrier ci-joint, puisse faire toute la lumière sur ces scandaleux dérapages
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République
mardi 12 août 2008
Ossétie : pour un plan de paix juste et équilibré
Ossétie : il faut d’urgence un plan de paix vraiment équilibré
Plutôt que de s’employer à trouver un consensus très improbable à 27 sur la situation dans le Caucase du sud, le président de la République pourrait prendre l’initiative d’un plan de paix équilibré en y associant l’Allemagne et l’Italie, deux pays qui comme la France ont une vision raisonnable de la place de la Russie en Europe.
Ce plan équilibré comprendrait les points suivants :
l’évacuation complète des troupes géorgiennes des provinces séparatistes ;
la cessation immédiate des hostilités de la part de la Russie ;
l’engagement que la Géorgie n’adhérera pas à l’OTAN ni à l’UE ;
à moyen terme, la neutralisation des pays riverains de la Fédération de Russie (Ukraine, Biélorussie, Géorgie, pays d’Asie centrale), seule politique à même d’apaiser durablement les craintes légitimes de la Russie vis-à-vis de stratégies d’influence extérieures dans son aire historique.
Ainsi, il n’est que temps pour l’Europe de se désolidariser de la politique de grignotage que mène méthodiquement Washington depuis la chute de l’URSS, en vue d’encercler et d’affaiblir la Russie, puissance nécessaire à la prospérité de l’Europe et à l’équilibre international.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député gaulliste de l’Essonne
Président de Debout la République
jeudi 7 août 2008
Soljenitsyne, conscience du XXème siècle, oracle du XXIème ?
Avec la disparition de Soljenitsyne, c’est toute une époque du XXème siècle qui s’achève. Une époque à la fois lointaine pour les jeunes générations qui ne connaissent la Guerre froide que dans les livres, et proches pour celles, auxquelles j’appartiens, qui ont été contemporaines des bouleversements de la fin des années 1980.
Je n’oublierai pas de sitôt la lecture du « Premier cercle », le livre de Soljenitsyne qui m’a le plus marqué. Je n’oublierai pas non plus le courage héroïque de tous ces dissidents qui, en Russie, Pologne, Tchécoslovaquie, etc. défiaient pour ainsi dire à mains nues, avec leurs seuls mots et leur intransigeance, un système de fer communiste capable, en un clin, d’œil de les exiler, les emprisonner ou pire encore.
Quelle plus belle illustration que les combats justes, même portés par des individus isolés, peuvent parfois l’emporter à force de ténacité ? Soljenitsyne était convaincu que l’URSS s’effondrerait de son vivant. Ainsi que de Gaulle, il en pressentait la chute car comme lui, il voyait loin et haut, comme lui, il ne négligeait pas les forces profondes de l’histoire si souvent ignorées de nos jours. « Le communisme passera, la France ne passera pas » affirmait le Général dans les années 60, sous les sarcasmes des « sachant » de l’époque et autres soviétologues patentés…
Soljenitsyne a puisé les ressorts de son œuvre et de son combat contre l’oppression dans un attachement quasi charnel à son pays, la Russie, dont il connaissait l’histoire sur le bout des doigts, au point d’en incarner l’âme. Il avait compris, mieux que quiconque, que la force spirituelle de ce grand pays lui permettrait de surmonter un communisme barbare, nouvelle épreuve après tant d’autres, depuis les invasions tatares jusqu’à la sauvage agression hitlérienne.
Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur les dernières années de sa vie, sur certaines de ses prises de positions (parfois discutables), et plus encore sur ses bonnes relations avec les nouveaux maîtres du Kremlin, malgré leur passé de hiérarques soviétiques. Sur le dernier point, le paradoxe n’est qu’apparent car, justement, des hommes comme Vladimir Poutine (à l’inverse de Boris Eltsine) incarnent cette continuité de la Russie et de son Etat fort, ce souci de l’indépendance et de la dignité nationales.
A cet égard, la disparition de Soljenitsyne est l’occasion de se pencher sur les malentendus entre l’Europe - et plus particulièrement entre la France - et la Russie : il est triste de voir combien la France d’aujourd’hui néglige sa relation bilatérale avec Moscou, qui aurait pourtant vocation à devenir une alliance géostratégique. La Russie n’est plus un ennemi, elle est redevenue la salutaire puissance d’équilibre qui, avec quelques autres pays, empêchent l’émergence d’un monde dominé par une seule superpuissance.
Inventer cette relation nouvelle et riche de très nombreuses promesses, obligerait en réalité la France à repenser son rôle international qui ne devrait plus être uniquement communautaire. La normalisation euro-atlantique de notre pays par le truchement d’une Union européenne fédéraliste, post-nationale et otanienne, d’une Europe qui bouche notre horizon mondial, participe grandement à l’affadissement - pour ne pas dire au déclin - du génie national. Mais n’était-ce pas là, d’ailleurs, l’une des manifestations de la critique adressée par Soljenitsyne à un Occident affaissé dans un matérialisme sans foi ni âme ?
lundi 4 août 2008
Premières vacances depuis bien longtemps
Il est vrai que les hôtels sont à moitié vides et que l’économie Italienne n’a jamais autant souffert de la surévaluation de l’Euro. Si notre toujours plus cher Monsieur Trichet, président de la Banque centrale européenne, sortait de ses palaces dorés, ne serait-ce qu’une journée, pour rencontrer les Français, les Italiens, les Espagnols… il comprendrait peut-être mieux à quel point son Euro cher ressemble aux saignées du bon Docteur Diafoirus de Molière. Le mal qui touche les Européens, quant à lui, est bien loin d’être imaginaire… Bonnes vacances à tous et à très bientôt.
Debout la Belgique française !
Le Figaro
Les quatre devoirs de la Belgique française
01/08/2008 Par Daniel Ducarme, ministre d’État belge, député de Bruxelles.
Près de la moitié des Wallons 49 % sont favorables à une association avec la France. 60 % de Français sont ouverts au rattachement francophone belge. Ces chiffres d’un sondage Ipsos claquent comme un coup de tonnerre estival. C’est une tendance lourde dans l’opinion. Elle oblige à la réponse politique. Personne se sait exactement de quoi demain sera fait. Mais une certitude s’impose : rien ne sera plus comme avant. L’opinion francophone vient en boomerang aux excès flamands. Une année s’est écoulée depuis les dernières élections fédérales belges. Au Parlement, la Flandre a usé de la loi du nombre contre les francophones. Refusant la nomination de maires démocratiquement élus, elle bafoue les règles du droit électoral. Les exigences linguistiques en périphérie bruxelloise sont des intransigeances sectaires. Dans tous les dossiers, la Flandre jette aux orties la « loyauté fédérale ». Les francophones prennent acte du rejet flamand. Ils refusent de se laisser gifler plus encore. Avec sérénité, ils décident de dépasser les interdits, les a priori, les tabous. Décomplexés, ils relèvent le gant pour prendre leur destin à bras le cœur. Une page est tournée. La feuille blanche est à écrire. Quatre devoirs attendent les francophones de Belgique : la clarté, la solidarité, l’effort, l’anticipation. La clarté est un impératif pour affirmer notre identité, en utilisant les mots justes. Prénom : Belgique. Nous sommes de Belgique comme d’autres sont de Normandie, d’Avignon, de Picardie, de Provence, de Bretagne ou de Polynésie. Nom : française. Mieux que d’expression francophone, nous sommes de culture française, avec nos valeurs, la primauté du droit des personnes, une certaine idée du rôle et des missions de l’État. Nous sommes la Belgique française, que ce soit dans une confédération « à la belge », en entité institutionnelle indépendante ou en association avec la France. La solidarité est un devoir pour tous les francophones de Belgique. Elle concerne les Wallons et les Bruxellois, a fortiori les francophones de la périphérie bruxelloise. L’identité de Belgique française vaut pour tous les francophones. Peu importe les oukases flamands, l’absolue fermeté est nécessaire. C’est un choix éthique, avec le grand Bruxelles en métropole. Avec dynamisme collectif et responsabilité individuelle, l’effort s’impose pour assumer les politiques à mettre en œuvre ; tant pour l’économie, la solidarité sociale, l’enseignement et la culture que les dépenses publiques, la justice ou l’ordre public. La liberté vient toujours en lettres d’efforts. L’émancipation a ses parts de joies et de contraintes, de plaisirs et de douleurs. Une loi organique instituant la Belgique française ne suffira pas. Des réformes radicales sont incontournables pour conduire une politique réformatrice. Le devoir d’anticipation est le plus délicat. L’accueil des Français est de plus en plus ouvert. Il accrédite le partage d’une citoyenneté commune dans l’espace de francophonie internationale. Il vient en prolongement d’une vie quotidienne déjà bien semblable, avec un même organisme bancaire pour les villes et les communes, un même outil industriel de politique énergétique, un même espace audiovisuel, des enseignes commerciales aux mêmes couleurs… Nous savons que la construction européenne se poursuivra avec un rôle renouvelé et renforcé des grandes nations. Les grands pays fixeront la place de l’Europe dans la mondialisation. J’ai la conviction que la Belgique française doit anticiper son avenir, celui de ses jeunes générations, en association avec la France. Je souhaite ardemment que la Belgique française aille au bout de sa logique. Il serait bien que la France nous reste attentive et que la Belgique française prenne la voie la plus directe en évitant les chemins sans issue. Et à l’intelligence populaire de faire les choix. Par voie référendaire.