jeudi 29 mai 2008
lundi 26 mai 2008
Une réforme des institutions en trompe l'oeil
Par Nicolas Dupont-Aignan,
Une bonne Constitution répond à deux objectifs principaux : la stabilité du pays, la vitalité de sa démocratie.
Les institutions de 1958, pour mettre un terme à l’instabilité chronique du régime d’assemblée des IIIème et IVème République, a confié de grands pouvoirs à l’exécutif. Ce renforcement s’est toutefois accompagné de l’élection du Président au suffrage universel direct en 1962, et d’une pratique référendaire, permettant aux moments cruciaux de trancher les grandes querelles. Pour le général de Gaulle, le bénéfice d’une grande autorité obligeait à asseoir celle-ci sur une légitimité suprême et incontestable, celle de la souveraineté populaire elle-même – qui, toujours d’après de Gaulle, « se confond avec la démocratie ». Bref, à grand pouvoir, grande responsabilité.
Malheureusement ses successeurs ont conservé les pouvoirs tout en s’affranchissant de la responsabilité : le quinquennat d’une part, la formation d’un parti quasi unique à droite de l’autre, ont encore accentué la concentration des pouvoirs, tandis que le dévoiement progressif de la pratique référendaire - jusqu’au déni du résultat du 29 mai 2005 – a gravement affaibli la fonction de contrôle de la démocratie directe.
Une réforme constitutionnelle pour rééquilibrer le système est donc souhaitable. Malheureusement, le projet débattu à l’Assemblée Nationale n’est qu’un trompe-l’œil. Le Président veut faire croire qu’il est un grand réformateur et un grand démocrate. Mais, en réalité, il ne touche en rien aux causes profondes de l’étouffement de notre démocratie.
Rien n’est prévu, par exemple, sur le mode d’élection des Députés. Or, le système majoritaire, dans le nouveau contexte de l’UMP et du quinquennat, est devenu un véritable étouffoir démocratique, reconstituant un régime des partis que le fondateur de la Vème République, on le sait, avait vigoureusement combattu. Ironie de l’histoire, l’oxygénation du système par l’introduction d’un peu de proportionnelle est devenue la seule solution pour empêcher la domination presque sans partage de deux partis larrons en foire, le PS et l’UMP, qui représentent de moins en moins d’électeurs. Je refuse bien sûr la proportionnelle intégrale, qui replongerait le pays dans l’instabilité, mais je crois nécessaire pour permettre une meilleure représentativité de l’Assemblée Nationale, l’instillation d’une dose de proportionnelle.
Sans cette rupture, les nouveaux pouvoirs donnés au Parlement ne représentent qu’un leurre, car il s’agit de donner des compétences nouvelles au parti dirigé depuis l’Elysée.
Rien non plus pour conforter l’usage du référendum. La suppression en suspens du référendum obligatoire sur l’adhésion de nouveaux pays à l’Union européenne, comme l’usine à gaz du référendum d’initiative populaire, n’augurent rien de bon. Le seuil de déclenchement de ce référendum d’initiative populaire est en réalité bien trop élevé pour que la réforme soit opératoire…
Rien ensuite sur la question centrale des médias. Pour garantir le pluralisme et sortir de la dérive bananière de notre République, il faut, comme dans la plupart des pays occidentaux, interdire aux groupes financiers dépendant des commandes de l’Etat de détenir de grands médias.
Surtout rien n’est envisagé sur la question clé du contrôle de l’Union européenne. Les directives négociées par les Ministres à Bruxelles le sont dans le dos du Parlement. Le grand problème est que la négociation européenne relève de la sphère diplomatique (et donc du pouvoir discrétionnaire de l’exécutif) alors qu’elle porte sur des sujets relevant éminemment du domaine de la loi, c'est-à-dire du Parlement. Les directives bruxelloises sont ainsi de nature législative mais les parlementaires sont la plupart du temps sommés de les retranscrire quelques années plus tard en droit interne, sans débat ni réel pouvoir d’amendement, par ordonnance.
Enfin, que dire de certains gadgets, comme l’inscription des langues minoritaires et régionales dans la Constitution, dont l’application pourrait cependant réserver de très désagréables surprises ?!
Démocratiser la Vème, bien sûr ! A deux conditions : tout d’abord s’attaquer aux vraies questions, ensuite maintenir la garantie de la stabilité.
En vérité, cette réforme s’apparente de plus en plus à un jeu politicien entre le Président et l’opposition. Une sorte de donnant-donnant qui consacrerait un accord minimal de deux partenaires à bout de souffle. Le régime des deux partis cherche à faire main basse sur des institutions qui peuvent pourtant faire merveille si celui qui préside a une vision, une politique, un appui du peuple.
samedi 24 mai 2008
Nous sommes tous des pêcheurs !
COMMUNIQUE DE PRESSE
Les actions des pêcheurs en colère révèlent le désespoir légitime d’une profession sacrifiée sur l’autel d’une Europe inefficace, vexatoire et malthusienne.
La totale impuissance du gouvernement et du président de la République, obligés de quémander à Bruxelles des autorisations de subventions temporaires et partielles, tranche cruellement avec les promesses et les déclarations martiales de ces derniers mois.
La crise de la pêche française illustre le sentiment général des Français qui découvrent avec effarement que leurs dirigeants ont perdu le pouvoir. Nous sommes tous des pêcheurs !
Quant à la gestion de la pêche en Europe, il est inadmissible de ne proposer que l’accompagnement de la mort lente et programmée de cette profession, pourtant essentielle à notre aménagement du territoire. Les pêcheurs veulent vivre de leur propre travail et non de l’assistanat.
On ne fera pas l’économie de la révision radicale d’une politique européenne de la pêche qui, seule entre toutes, pratique une autolimitation drastique des captures et importe massivement des poissons de qualité médiocre, tout en laissant les flottes extra-européennes piller allègrement la ressource halieutique.
En même temps qu’il faudra réviser cette politique malthusienne suicidaire, on devra rétablir en Europe une politique multilatérale de gestion de la ressource où seuls les pays maritimes (Espagne, France, Italie, Belgique,…) auront leur mot à dire et pourront ainsi négocier efficacement avec les autres grands pays de pêche (Russie, Norvège, Japon,…) un partage équitable de la ressource.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République
jeudi 22 mai 2008
Debout l’Irlande !
22/05/2008 17h12 GMT - PARTIS-DLR-UE-IRLANDE-RÉFÉRENDUM - Nouvelles de France - AFP
PARIS, 22 mai 2008 (AFP) - Le député non-inscrit Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) célébrera à Dublin l’anniversaire du rejet de la Constitution européenne par les Français, en soutenant le « non » au référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, a-t-il annoncé jeudi.
M. Dupont-Aignan se rendra à Dublin le 29 mai, trois ans pile après le « non » français à la Constitution, à l’invitation de la branche irlandaise de EUDemocrats.
Ce parti européen regroupe des courants hostiles au traité de Lisbonne. Debout la République, devenu parti politique après la rupture de M. Dupont-Aignan avec l’UMP, en est la composante française.
Le député tiendra également la veille une conférence de presse à Paris sur les futures élections européennes.
Il évoquera notamment le lancement d’une « souscription nationale » pour financer des listes « indépendantes des partis ayant voté la ratification parlementaire du traité (de Lisbonne) et de leurs alliés ».
Le Mouvement pour la France, le parti de Philippe de Villiers, a de son côté indiqué qu’il commémorerait le rejet de la Constitution européenne par une conférence de presse le 28 mai à Paris autour de deux députés européens, Patrick Louis (MPF) et Paul-Marie Coûteaux.
Un pique-nique de soutien aux « nonistes » irlandais doit avoir lieu le 28 mai au soir à Paris devant l’ambassade d’Irlande, à l’appel de proches du MPF.
Philippe de Villiers a annoncé son intention de se rendre en Irlande avant le référendum, qui aura lieu le 12 juin. Mais la date de son déplacement n’est pas encore fixée, selon le MPF.
mercredi 21 mai 2008
Turquie : la présidence française de l’UE ne fera rien contre les négociations d’adhésion
Le secrétaire d’Etat aux affaires européenne Jean-Pierre Jouyet a annoncé que la France n’entraverait pas le processus d’adhésion de la Turquie durant sa présidence de l’Union durant le deuxième semestre 2008. M. Jouyet affirme que la France « n’a pas l’intention de briser le processus de négociation actuellement en cours ». En réponse aux inquiétudes du ministre des Affaires étrangères Turc Ali Babacan – qui espère que la présidence de la France ne sera pas synonyme d’un ralentissement du processus d’adhésion de son pays – M. Jouyet souligne que la présidence française se voudra « objective, impartiale et réfléchie ». Les négociations pour l’adhésion de la Turquie à l’UE ont débuté en 2005 et six des trente-cinq chapitres ont été ouverts et reçu l’approbation de Bruxelles. Pour sa part, le commissaire à l’élargissement de l’UE, Olli Rehn, a insisté sur le fait que « les négociations sont lentes mais continuent, même si elles pourraient être plus rapides. Les négociations dépendent de l’avancement des réformes légales et démocratiques mises en place dans le but de créer une société plus ouverte ». Cet « intérêt des 27 », distinct de celui du Président, consisterait selon Jouyet, à laisser ouvertes deux « voies pour la Turquie » : l’adhésion ou un partenariat privilégié, option toutefois totalement exclue par Ankara et Bruxelles. La difficulté pour Nicolas Sarkozy, est de ne pas décevoir l’électorat turco-sceptique, majoritaire en France, et qui a contribué à le faire élire, tout en ne désavouant pas la position pro-turque de ses ministres de gauche M.M Kouchner et Jouyet, qui plaident pour l’adhésion. Le président aurait donc accepté l’amendement de deux de ses fidèles, Frédéric Lefèvre proposant de rendre obligatoire un référendum pour les pays n’étant pas « géographiquement » en Europe, et Patrick Devedjian (secrétaire général de l’UMP) qui veut maintenir le référendum obligatoire pour toute adhésion de pays « non européens ». L’Assemblée commence cette semaine l’examen du projet de révision constitutionnelle.
Lundi 19 Mai 2008
Source : observatoire de l’Europe
« Je suis fier d’avoir voté contre ce texte »
OGM : leur mauvaise conscience rattrapera les députés qui ont voté le texte
Le scrutin très serré de ce soir montre, s’il en était besoin, combien la majorité à voté de projet de loi OGM en traînant les pieds.
Pour ma part, je suis fier d’avoir voté contre ce texte car je suis convaincu que, tôt ou tard, nos enfants nous reprocheront d’avoir négligé le principe de précaution pourtant inscrit dans la constitution.
Les députés ayant voté ce texte regretteront alors amèrement leur geste et ils seront rattrapés par leur mauvaise conscience.
Debout la République continuera à combattre la dissémination inconsidérée des OGM dans nos campagnes, que vient d’imposer la Commission de Bruxelles à une classe politique inconséquente.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République
lundi 19 mai 2008
Fin de la relation spéciale entre la France et le Québec : les réactions se multiplient
CHRISTIAN RIOUX Édition du samedi 17 et du dimanche 18 mai 2008
L’amitié de Sarkozy pour le Canada suscite la controverse en France Paris — En arrivant hier à Bordeaux pour une visite de quatre jours en France, Jean Charest ne se doutait pas qu’il débarquait en pleine controverse. Le premier ministre du Québec a aussitôt annoncé qu’il sera reçu lundi par le président Nicolas Sarkozy après avoir passé deux jours à Bordeaux pour célébrer les fêtes du 400e. La rencontre, qui ne figurait pas au programme, n’aurait été confirmée qu’en fin d’après-midi hier. Une semaine seulement après la polémique autour de la présence de la gouverneure générale Michaëlle Jean au lancement des fêtes du 400e à La Rochelle, Jean Charest dit voir dans cette nouvelle rencontre le témoignage que la relation « directe et privilégiée » entre la France et le Québec atteindra cette année de « nouveaux sommets ». Accusé par le PQ et l’ADQ d’avoir été absent à La Rochelle, Jean Charest arrive pourtant en France au moment même où la nouvelle position du président français envers le Québec commence à susciter la controverse dans ses propres rangs. L’abandon présumé de la politique traditionnelle dite de « non-ingérence et non-indifférence » à l’égard du Québec est en effet loin de faire l’unanimité.
Le Devoir a appris que la nouvelle politique de Nicolas Sarkozy plaçant les relations avec Québec et Ottawa sur un pied d’égalité a profondément irrité plusieurs personnalités depuis longtemps attachées au Québec, notamment l’actuel président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, et même l’ancien premier ministre Alain Juppé, qui recevait hier le premier ministre Jean Charest à Bordeaux.
Tout en prétendant ne pas « se mêler de ce débat », M. Juppé a d’ailleurs ouvertement contredit hier le président Sarkozy en affirmant que si « le Canada est un pays ami avec lequel nous avons intérêt à avoir des liens extrêmement étroits », les Québécois sont « un peu plus que des amis, ce sont des frères ». Le 8 mai dernier, Nicolas Sarkozy avait au contraire bien pris soin de mettre le Canada et le Québec sur un strict pied d’égalité : « On aime le Québec. Mais on aime le Canada. On aime les deux », avait-il déclaré.
Depuis quelques semaines, plusieurs élus ont confié leur désaccord à l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui avait été le premier à ébruiter publiquement les intentions du président. Alain Juppé n’est en effet pas le seul à égratigner la nouvelle position de Nicolas Sarkozy. De nombreux élus, à droite comme à gauche, s’expliquent mal ce reniement de la tradition gaulliste.
« Les Français sont profondément attachés au Québec et je crois qu’ils sont aussi malheureux que les Québécois de cette dérive », a dit le député de droite Nicolas Dupont-Aignan. Selon lui, en abandonnant la politique traditionnelle formulée par le général de Gaulle et reprise par tous les gouvernements français depuis, Nicolas Sarkozy exprime une opinion minoritaire. « Rien n’est joué », affirme d’ailleurs le député de l’Essonne, qui estime que le débat sur cette question n’a pas vraiment eu lieu en France.
« Ne croyez pas que les Français ont changé ! C’est malheureusement leur président qui dénature le message français. Je peux vous assurer que les élus et le peuple français ne sont pas de son avis. Je crains que le lobby anglo-saxon qui influence le président de la République n’abîme les relations franco-québécoises. »
Dissident depuis peu du parti de Nicolas Sarkozy (UMP), Nicolas Dupont-Aignan appartient à la frange dite souverainiste de la droite française. Il attribue ce changement de politique au rapprochement de la France avec les États-Unis et le Canada. Selon lui, le Québec ferait « les frais » de la nouvelle implication de la France en Afghanistan, où celle-ci est allée prêter main-forte au Canada. M. Dupont-Aignan souligne aussi le peu d’intérêt manifesté jusqu’à présent par Nicolas Sarkozy pour la défense de la langue française.
« Sarkozy a abandonné la langue française en faisant ratifier le protocole de Londres sur les brevets favorisant l’usage de l’anglais, dit-il. Et, pour la première fois cette année, un chanteur français chantera en anglais à l’Eurovision, ce qui suscite l’indignation en France. » La rupture avec la tradition gaulliste en politique étrangère compte pour beaucoup dans la chute de popularité du président, dit-il. « Jamais un président n’a été aussi impopulaire aussi rapidement depuis le début de la Ve République. »
Même si la plupart des élus hésitent à exprimer aussi clairement leurs divergences pour l’instant, à droite comme à gauche, plusieurs partagent la préoccupation de Nicolas Dupont-Aignan. « Le débat est loin d’être clos », nous ont confié plusieurs proches du Québec en France, issus de toutes les familles politiques et qui gardent espoir de pouvoir infléchir l’opinion du président d’ici sa visite officielle au Québec, en octobre prochain.
Joint alors qu’il partait pour le Québec, le représentant personnel du président de la République auprès de la Francophonie, Christian Philip, tentait de minimiser ce changement d’attitude. « Ce qui compte, ce sont les actes, a-t-il dit. Je ne vois pas d’inflexion de la politique française. » Selon lui, « le Québec et la France représentent toujours le premier pôle de la Francophonie ». Il s’agit d’un vocabulaire jamais utilisé à ce jour par Nicolas Sarkozy pour parler du Québec.
Même ton réservé chez l’ancien ambassadeur Bernard Dorin, vieil ami du Québec de tradition gaulliste et militant de la francophonie. « Apparemment, le discours de Nicolas Sarkozy semble mettre le Québec et le Canada sur un pied d’égalité, a-t-il dit. En apparence, la France a l’air de jouer sur les deux tableaux. Mais je crois qu’il ne faut pas s’emballer simplement sur des mots. Il faudra voir la politique qu’il y aura derrière. Je ne crois pas que la politique de la France à l’égard du Québec ait changé pour l’essentiel. J’ai toujours trouvé la formule de la « non-ingérence et non-indifférence » un peu négative. Mais je ne crois pas qu’on en ait trouvé une nouvelle. »
Compte tenu du faible de Nicolas Sarkozy pour les formules-chocs, plusieurs familiers des relations France-Québec s’inquiètent de ce qu’il pourrait dire lors de sa visite officielle, à l’automne. « L’homme est imprévisible », a dit le spécialiste québécois des relations internationales André Patry. Selon cet ancien conseiller politique, « le Canada a gagné du poids sur la scène internationale. Quant au Québec, il joue un rôle moins important. Nous ne pouvons pas demander à la France de faire ce que nous ne faisons pas ».
Nicolas Dupont-Aignan affirme que son inquiétude est partagée aussi bien par des députés de droite que de gauche. « Tout l’enjeu maintenant pour beaucoup d’amoureux du Québec en France, et ils sont nombreux, c’est de contrecarrer cette tendance et d’alerter l’opinion française pour que cela ne se fasse pas dans la discrétion. Rien n’est joué, et nous pouvons susciter, à l’occasion de ce 400e anniversaire de Québec, un bel élan mutuel. »
mercredi 14 mai 2008
OGM : du principe de précaution au principe de cohérence
Hier après-midi, je m’apprêtais à aller à l’Assemblée Nationale pour voter dans la nuit contre le projet de loi sur les OGM quand j’ai appris par la radio que les Députés présents dès le début de la séance avaient, par un vote historique, adopté la question préalable repoussant le débat prévu.
Quelle joie de voir peu à peu notre combat contre les intérêts de certaines multinationales soutenu par des Députés de la majorité comme de l’opposition ! Mais ne soyons pas dupes pour autant : il ne faut pas oublier, en effet, que ce sont les mêmes éternels partis politiques dominants, UMP, PS et centristes, collectivement responsables d’avoir laissé passé à Bruxelles la directive OGM en 2001, qui s’écharpent aujourd’hui devant les Français, trop souvent pour donner le change…
Quant à mon opposition à ce texte, il ne s’agit pas d’un refus de ma part des progrès de la science mais tout simplement d’une exigence minimum de prudence : le fameux principe de précaution.
Le gouvernement ferait bien d’entendre ce vote et de retravailler son dossier. L’enjeu est colossal.
Un enjeu scientifique car il faut poursuivre les recherches sur les OGM mais justement sans laisser cultiver en plein champs n’importe quoi.
Un enjeu de civilisation aussi. Quelle agriculture, quelle alimentation voulons-nous pour nos enfants ? Comment d’un côté prôner 20% de bio dans nos cantines et autoriser la culture en plein champs d’OGM pouvant présenter des résistances insoupçonnées aux antibiotiques ?
Un enjeu de pouvoir aussi. Qui décide quoi ? Allons-nous obéir à Bruxelles qui a pris la mauvaise habitude de se coucher devant semenciers américains allons-nous exercer notre libre arbitre dans la définition de notre politique de santé publique ?
La question des OGM est un test majeur de la sincérité gouvernementale sur le dossier du Grenelle de l’environnement : soit la majorité passe en force et s’en sera fini de l’espoir placé par des millions de Français dans ce Grenelle, soit le Président de la République et le Premier Ministre se rendent enfin à la raison, comprennent qu’il se passe quelque chose dans le pays, et prennent enfin leurs responsabilités.
Une fois encore, au-delà des grandes déclarations symboliques et des trémolos, le principe de cohérence sera le juge ultime de la politique gouvernementale.
mardi 6 mai 2008
lundi 5 mai 2008
Un an de gâchis… et maintenant ?
Le Président n’a pas respecté ses promesses (lutte contre l’euro cher, nouveau traité européen substantiellement différent de la Constitution, politique industrielle audacieuse, relance du pouvoir d’achat) et pire, s’est engagé parfois dans des politiques à contrecourant de ses discours de campagne (renforts en Afghanistan, retour dans l’OTAN, critique de la laïcité, ouverture à la gauche caviar, etc.). Quant au style, il a davantage donné l’impression de jouer avec la fonction que de l’incarner avec la sobriété et la hauteur de vue qui conviennent.
Personne ne peut se réjouir de ce fiasco car c’est de la France qu’il s’agit.
Désormais l’enjeu est double. Eviter le pire jusqu’en 2012 et préparer l’après-Sarkozy. Dans les deux cas, il faut inlassablement présenter une offre politique alternative qui s’emploie à traiter à la racine les problèmes du pays.
* une autre politique économique pour renforcer la compétitivité de nos entreprises, seul moyen d’éviter les délocalisations et de mieux partager les fruits de la croissance, (TVA sociale, baisse des charges sur les PME, investissement massif dans les nouvelles technologies, renforcement du pouvoir des consommateurs, développement de la participation)
* une autre politique européenne pour desserrer le carcan qui asphyxie notre Nation (réforme de la Banque centrale européenne, nouveau libre échange plus loyal, refus clair de l’adhésion de la Turquie, multiplication des coopérations à la carte)
* une autre politique étrangère pour restaurer l’indépendance de la France (retrait progressif d’Afghanistan, maintien de notre autonomie au sein de l’OTAN, relance d’une vraie politique de la francophonie,…)
Mais au-delà, les Français ont autant besoin d’être respectés. C’est pourquoi seul l’usage du référendum sur les sujets clés pourrait permettre de les réconcilier avec des élites qui, aujourd’hui, veulent imposer de force un modèle de société qui n’est pas le nôtre.
En cette période de doute, plus que jamais, nous devons forger un rassemblement des républicains de bonne volonté, attaché à la Nation comme à l’Etat fort et impartial qui l’incarne, conscient de la réalité de la guerre économique mondiale et résolu à réconcilier l’efficacité du marché avec la justice sociale, porteur enfin d’une autre vision de l’Europe et du Monde.
Ce rassemblement républicain doit, dès les prochaines élections européennes de juin 2009, convaincre les Français qu’une autre politique est possible.
dimanche 4 mai 2008
jeudi 1 mai 2008
Réponse amicale d'un gaulliste à un autre
A la suite d’un article qui m’était consacré sur le site de Marianne, un internaute a publié une longue réaction en forme d’adresse à laquelle j’ai souhaité répondre sur ce blog.
Cher Emmanuel,
C’est à la fois en tant que destinataire de votre message, Mariannaute à mes heures et gaulliste de chaque instant, que je souhaite vous faire cette amicale réponse.
Tout d’abord, merci de cette tribune libre sur le sens de l’engagement gaulliste en ce début de XXIème siècle : il est en effet important de questionner nos convictions, de les passer en permanence sur le grill de la réalité mouvante du monde, de se garder surtout de les claquemurer dans des armoires-fortes pleines de naphtaline.
Vous posez en somme la lancinante question de toutes celles et tous ceux que l’épopée du général continuent de séduire et qui s’interrogent sur la substantique moelle du gaullisme. C’est une question que je me pose également, vous vous en doutez. Une question à laquelle je ne prétends pas apporter de réponse définitive ni « officielle », mais pour laquelle je me suis forgé quelques convictions au fil du temps
Au risque de vous décevoir, bien que je partage nombre de vos constats, je vous dirai que je ne suis pas d’accord avec vous quant à la définition de ce que devrait être une « ligne européenne gaulliste ».
Tout d’abord, je voudrais lever un malentendu : j’ai en effet le sentiment que vous n’avez pas eu connaissance de mes propositions pour une autre Europe, développées dans plusieurs livres consacrés à cette question - notamment « Le coup d’état simplifié ». Ainsi, contrairement à ce que veulent faire croire certains, je ne suis pas contre l’Europe mais contre la manière dont on la construit actuellement. A force de vouloir uniformiser par la contrainte les pays d’Europe, on détourne les peuples de cette belle et nécessaire idée. Car bien sûr, dans le monde multipolaire qui se construit sous nos yeux, l’Europe peut être un plus qu’il faut systématiquement favoriser lorsque c’est possible. Ainsi, dans beaucoup de domaines (industrie, défense, recherche, culture,…), une intense coopération européenne pourrait constituer un formidable levier pour accroître la force et le rayonnement de la France, comme des autres pays d’Europe.
Mais l’observation de la réalité des choses m’oblige à constater que la construction européenne, hélas souvent par la faute de nos propres gouvernants, ne prend pas ce chemin : l’Europe devrait nous rendre plus forts, elle a tendance à nous affaiblir en nous niant. En effet, la France a moins pêché ces 15 dernières années par son inflexibilité dans le grand marchandage des concessions européennes, que par la mauvaise habitude de ses élites - peut-être animées par un sentiment de culpabilité vis-à-vis de la sempiternelle accusation de « l’arrogance française » - de renoncer plus que les autres pays à la défense des intérêts nationaux. Tout cela au nom d’un « intérêt supérieur européen » tellement indéfini, tellement évanescent, que son invocation à tout bout de champ finit par ressembler à un slogan incantatoire vide de sens, à une sorte de spleen politique un brin masochiste.
Tout cela pour quels résultats ? La France est-elle plus forte et mieux écoutée parce qu’elle sacrifie davantage que les autres ses intérêts propres, parce qu’elle « montre l’exemple » en matière de concessions européennes ? Bien sûr que non ! Dernier exemple en date : en acceptant en bloc, sous le faux-nez d’un traité prétendument « simplifié », la Constitution européenne voulue par l’Allemagne d’Angela Merkel au nom de ses intérêts nationaux bien compris, Nicolas Sarkozy n’a strictement rien obtenu - par exemple - sur le terrain de la réforme de la Banque centrale européenne pour un euro au service de la croissance ou sur celui du libre échange déséquilibré avec les puissances émergentes. Pire, il a accepté la fin de la parité entre la France et l’Allemagne au Conseil européen, remettant en cause le socle de la réconciliation historique entre les deux pays et un facteur essentiel, qu’on le veuille ou non, de l’équilibre européen. Moralité : ce n’est pas en s’abaissant que l’on se fait respecter et entendre d’autrui ! Il faut admettre que ce propos de simple bon sens lorsqu’il s’applique aux relations entre individus, a parfois une part de vérité, toutes proportions gardées, dans le champ des relations internationales…
D’ailleurs, la digne résistance de notre pays à l’intervention américaine en Irak en 2003, parfaitement comprise par nos concitoyens et de nombreux pays, n’a pu avoir lieu qu’au prix d’une division de l’Europe - ce que beaucoup nous reprochent encore aujourd’hui. Mais comment ignorer que le discours de l’unité nécessaire, de cette « union faisant la force », était alors au service d’une guerre d’agression injuste et absurde ? Ainsi, refuser l’otanisation de la défense française et européenne n’est pas pour moi un « repli frileux » sur une exception nationale éculée, ce n’est pas une lubie gaulliste.
La conclusion que je souhaite tirer de cet échange est double : d’une part, c’est en défendant ses intérêts et non en les bradant que la France fera in fine avancer sa propre vision de l’Europe, indépendante, humaniste et écologique. D’autre part, il est certes souhaitable de rechercher des coopérations européennes, mais pas au prix de notre abaissement - ce que nous sommes précisément censés vouloir prévenir grâce à l’Europe ! Vous le savez autant que moi, il est des crises salutaires. D’ailleurs, la principale politique communautaire qui a fait ces preuves ces dernières décennies, la PAC, a vu le jour grâce à l’intransigeance du général de Gaulle et à sa politique de la chaise vide.
Au fond de tout, je souhaiterais inviter dans notre conversation un tiers gaulliste qui, s’exprimant précisément à propos de l’Allemagne, avait déclaré : « Une fois de plus, il nous faut considérer le monde tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit. » Il s’agit de Philippe Séguin, lors de son Discours pour la France de mai 1992. Le gaullisme, n’est-ce pas cela en effet : l’acceptation de la réalité comme elle est, afin de tenter de l’infléchir ? Alors oui, nous avons besoin de l’Europe comme d’un multiplicateur de puissance, mais pas de n’importe quelle Europe…